L’ancien capitaine des Black Stars appelle à une véritable stratégie de développement, axée sur les infrastructures, la planification et une meilleure collaboration entre le gouvernement et les responsables du football.
Le football ghanéen doit changer de dimension. Pour André Ayew, le redressement de cette discipline passe avant tout par des investissements bien orientés, des infrastructures adaptées et une vision claire sur le long terme. Dans un entretien accordé au podcast Obi One, animé par l’ancien international nigérian John Obi Mikel, l’ex-joueur de l’Olympique de Marseille a invité les autorités ghanéennes à prendre pleinement leurs responsabilités pour redonner au football national son éclat.
Les infrastructures, un chantier prioritaire
Pour André Ayew, les difficultés du football ghanéen ne peuvent être résolues uniquement par des annonces financières. L’ancien capitaine des Black Stars estime que les infrastructures doivent occuper une place centrale dans toute politique de développement. Terrains de qualité, installations adaptées et équipements modernes constituent, selon cette logique, des conditions indispensables pour permettre aux joueurs de progresser et aux clubs de travailler dans de meilleures conditions.
« Le principal problème, ce sont les infrastructures. Si nous n’avons pas les infrastructures nécessaires, cela signifie que la planification n’est pas bonne », a-t-il déclaré.
Cette prise de position met en lumière un enjeu fondamental : sans installations adéquates, les ambitions sportives risquent de rester de simples déclarations. Le développement des jeunes talents, l’amélioration des performances des clubs et la compétitivité du championnat nécessitent des investissements durables, accompagnés d’une politique cohérente de formation et d’entretien des équipements.
Un million de cedis par club, mais pour quels résultats ?
Le gouvernement ghanéen a décidé d’octroyer un million de cedis ghanéens à chaque club de Premier League. Pour André Ayew, cette mesure traduit une volonté politique de soutenir le football national. Toutefois, l’ancien international insiste sur la nécessité d’inscrire cette aide dans une démarche plus globale.
Au-delà du montant annoncé, la question essentielle reste celle de l’utilisation des ressources et de leur impact réel sur les clubs. Un soutien financier peut contribuer à améliorer les conditions de fonctionnement des équipes, mais il ne suffit pas, à lui seul, à garantir une progression durable du championnat. La transparence dans la gestion, le suivi des investissements et la définition d’objectifs précis apparaissent donc essentiels pour transformer les moyens disponibles en résultats concrets.
La GFA et le gouvernement appelés à agir ensemble
L’ancien joueur de l’OM s’est également interrogé sur l’utilisation des financements disponibles, notamment ceux liés au programme FIFA Forward, destiné à soutenir le développement du football. Sans présenter ses interrogations comme la preuve d’une mauvaise gestion, il a surtout insisté sur l’importance d’une stratégie nationale clairement définie.
« Ce que je pense, c’est qu’avec ou sans cet argent, notre pays, ou notre fédération, doit élaborer un plan avec le gouvernement et les responsables concernés. Sans le gouvernement, ce n’est pas possible », a-t-il expliqué.
Ce message souligne la nécessité d’une coopération entre la Fédération ghanéenne de football (GFA), les pouvoirs publics et les autres acteurs du secteur. Une telle collaboration pourrait permettre de mieux identifier les besoins, de hiérarchiser les priorités et de coordonner les investissements. Elle devrait également s’appuyer sur des objectifs mesurables, afin que les ressources mobilisées profitent réellement aux clubs, aux centres de formation et aux jeunes joueurs.
« Il faut commencer maintenant »
Alors que des interrogations émergent autour de la présidence de la GFA, André Ayew préfère mettre l’accent sur les actions à entreprendre plutôt que sur les personnes appelées à diriger l’instance.
« Nous devons commencer maintenant, pas demain. Mon objectif est de voir comment améliorer le football ghanéen. Les questions sur celui qui prendra la relève pourront venir plus tard », a-t-il affirmé.
Cette déclaration traduit une volonté de placer les réformes au-dessus des débats de succession. Pour l’ancien capitaine, le véritable enjeu est de lancer sans attendre les changements nécessaires. La question du leadership demeure importante, mais elle ne doit pas retarder la recherche de solutions aux difficultés structurelles du football ghanéen.
Le message d’André Ayew est donc clair : le Ghana dispose de leviers pour relancer son football, mais leur efficacité dépendra de la capacité des responsables à travailler ensemble et à inscrire leurs décisions dans la durée. Les aides financières constituent un point de départ. La planification, les infrastructures et la bonne utilisation des ressources seront déterminantes pour transformer cette ambition en progrès visibles sur le terrain.
Firmin DANNON









