À l’occasion de la Journée internationale des chefs de cuisine ce 20 octobre, le cuisinier béninois DOVONOU Fiacre Herman Marius met en lumière les difficultés du métier, le manque de valorisation des compétences et l’urgence de promouvoir les spécialités culinaires africaines. Pour lui, la cuisine ne se limite pas à préparer des repas : elle exige des connaissances, de la créativité et une véritable maîtrise technique.
La cuisine est un métier de passion, mais aussi de savoir-faire et de rigueur. Derrière chaque plat se cachent des connaissances, des techniques et une capacité à innover. Pourtant, au Bénin, les professionnels du secteur font encore face à plusieurs difficultés. À l’occasion de la Journée internationale des chefs de cuisine, DOVONOU Fiacre Herman Marius, cuisinier, attire l’attention sur les défis auxquels sont confrontés les acteurs de cette profession.
La connaissance, première exigence du métier

Pour DOVONOU Fiacre Herman Marius, la maîtrise des connaissances culinaires constitue la première étape pour réussir dans ce domaine. Avant même d’accumuler de l’expérience, un jeune qui souhaite devenir cuisinier doit acquérir les bases nécessaires à l’exercice du métier.
L’expérience vient avec le temps et la pratique. Cependant, elle ne saurait remplacer les connaissances indispensables à la préparation des plats, à la maîtrise des techniques et au respect des exigences professionnelles. Cette distinction est essentielle pour les jeunes qui envisagent une carrière dans la restauration. La passion constitue un point de départ, mais elle doit s’accompagner d’un apprentissage sérieux et d’une volonté permanente de progresser.
Dans un secteur où les attentes des clients évoluent, la formation et la maîtrise des techniques représentent des atouts majeurs. Elles permettent aux cuisiniers de gagner en assurance, de mieux répondre aux exigences de leur clientèle et de proposer des préparations de qualité.
Miser sur les mets africains pour innover

Au-delà de la formation, le cuisinier insiste sur la nécessité de mieux valoriser les spécialités culinaires africaines. Pour lui, les professionnels béninois doivent davantage s’appuyer sur les produits locaux et les recettes du terroir afin de créer des plats originaux, capables de séduire aussi bien les consommateurs locaux que les visiteurs étrangers.
Cette démarche ne signifie pas qu’il faut rejeter les cuisines étrangères. Elle invite plutôt les chefs à partir de leur propre patrimoine gastronomique pour explorer de nouvelles possibilités. Les pâtes traditionnelles, les ingrédients locaux et les préparations emblématiques du Bénin peuvent ainsi servir de base à des créations modernes.
« La cuisine est un art », rappelle-t-il en substance. Cette vision met en avant une dimension souvent sous-estimée du métier : la capacité à transformer des ingrédients simples en propositions culinaires originales. Un plat traditionnel peut être revisité dans sa présentation, ses associations de saveurs ou ses techniques de préparation, sans perdre son identité.
Cette créativité peut également contribuer à faire connaître la gastronomie béninoise au-delà des frontières. À mesure que les visiteurs découvrent de nouvelles destinations, la cuisine devient un moyen de raconter une histoire, de transmettre une culture et de susciter l’intérêt pour un pays. La valorisation des mets locaux peut donc représenter une opportunité pour la restauration, le tourisme et les producteurs agricoles.
Des salaires et des conditions de travail à améliorer
Malgré les exigences du métier, la reconnaissance professionnelle et financière demeure, selon DOVONOU Fiacre Herman Marius, un véritable défi au Bénin. Il estime que la cuisine commence seulement à bénéficier d’une meilleure considération, alors que les rémunérations des chefs restent insuffisantes dans certains établissements.
À cette difficulté s’ajoutent les conditions de travail. Le cuisinier déplore notamment le non-respect des horaires et souligne que la durée normale de travail de huit heures n’est pas toujours respectée. Ces contraintes posent la question de l’organisation du travail dans les établissements de restauration et de la place accordée au bien-être des professionnels.
Or, la qualité d’un service de restauration dépend aussi des conditions dans lesquelles travaillent ceux qui le rendent possible. Des horaires maîtrisés, une rémunération adaptée aux compétences et un cadre professionnel respectueux peuvent favoriser la motivation, la stabilité des équipes et la qualité des prestations.
La passion ne devrait donc pas servir de justification à des conditions de travail difficiles. Si le secteur veut attirer davantage de jeunes et conserver ses talents, il doit aussi offrir des perspectives professionnelles plus solides. La reconnaissance du métier passe autant par l’image qu’on lui donne que par la manière dont les cuisiniers sont rémunérés et traités au quotidien.
Faire de la cuisine un métier d’avenir
La Journée internationale des chefs de cuisine est ainsi l’occasion de rappeler que la gastronomie ne repose pas uniquement sur le talent individuel. Elle nécessite une formation adaptée, des possibilités d’évolution, une rémunération équitable et un environnement de travail qui respecte les professionnels.
Au Bénin, la valorisation des produits locaux et la modernisation des recettes traditionnelles constituent également des pistes à explorer. En associant connaissances techniques, créativité et identité culturelle, les chefs peuvent contribuer à renforcer la place de la gastronomie béninoise dans la restauration et le tourisme.
Le défi est donc double : mieux reconnaître ceux qui exercent ce métier et leur donner les moyens de faire rayonner les richesses culinaires nationales. Car un plat bien préparé nourrit le corps, mais une cuisine qui raconte un territoire transmet aussi une culture et participe à son rayonnement.
Firmin DANNON









