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France : la mobilisation des lycéens interpelle le Bénin

Invité de Canal 3 Bénin dans Actu Matin, l’étudiant béninois résidant en France , Ulrich Naguézé Zinsou estime que les revendications des lycéens français méritent d’être entendues. Il y voit une leçon de dialogue démocratique, tout en condamnant les actes de vandalisme qui accompagnent certaines manifestations.

Les revendications des lycéens français dépassent, aux yeux d’Ulrich Naguézé Zinsou, la seule question des conditions d’études. Elles posent aussi celle de la place accordée à la jeunesse dans les décisions publiques. Étudiant béninois en France, il a partagé son analyse au cours d’un entretien avec le Dr Thanguy Agoï dans l’émission Actu Matin de Canal 3 Bénin.

Pour lui, la mobilisation traduit la volonté des jeunes de faire entendre leurs difficultés et d’obtenir des réponses des autorités. « Les lycéens ont décidé de se mobiliser, les lycéens ont décidé de se faire entendre et cela a pu quand même avoir un impact », affirme-t-il. Son appréciation repose notamment sur les discussions engagées avec les responsables politiques et les annonces qu’il évoque au sujet des conditions d’apprentissage.

Derrière cette mobilisation, une question centrale se dessine : comment un État peut-il répondre aux revendications de sa jeunesse sans laisser les tensions dégénérer ?

Des difficultés qui dépassent les salles de classe

Selon Ulrich Naguézé Zinsou, les préoccupations exprimées concernent notamment les classes surchargées, le manque d’enseignants, la charge scolaire et les besoins d’accompagnement psychologique. Les infrastructures universitaires et l’accès aux outils pédagogiques figurent également parmi les sujets évoqués.

Son regard de ressortissant béninois installé en France lui permet de mesurer les différences de contexte. Il reconnaît l’existence de ressources pédagogiques et numériques auxquelles les étudiants peuvent accéder, mais estime que ces moyens ne suffisent pas à répondre à toutes les attentes.

Il souligne notamment que les jeunes aspirent à étudier dans de meilleures conditions, quel que soit le niveau de développement de leur pays. Cette exigence lui paraît légitime. Elle rappelle que la qualité de l’éducation ne dépend pas uniquement de l’existence de bâtiments ou de plateformes numériques, mais aussi de l’encadrement, des effectifs et de la capacité des institutions à écouter les élèves.

Le dialogue, une leçon pour les gouvernants africains

L’étudiant béninois considère que cette mobilisation peut inspirer les responsables politiques africains. Il regrette que, dans certains contextes, les manifestations de jeunes soient d’abord perçues comme une menace à contenir plutôt que comme l’expression de revendications à examiner.

« On ne doit pas, au-delà de tout, empêcher tout le monde de parler. Il faut écouter les lycéens, il faut écouter les élèves, il faut écouter les étudiants », soutient-il.

Son propos met en avant un principe essentiel : le dialogue ne signifie pas que toutes les revendications doivent être acceptées sans discussion. Il implique plutôt que les autorités prennent le temps de les examiner, d’expliquer leurs décisions et de proposer des réponses crédibles. Les consultations, les échanges avec les représentants des élèves et le suivi des engagements peuvent contribuer à désamorcer les tensions.

Pour le Bénin, cette réflexion renvoie à la place du dialogue entre les pouvoirs publics, les organisations estudiantines et les syndicats. La comparaison entre les deux pays doit toutefois tenir compte de leurs contextes politiques, sociaux et éducatifs respectifs.

Condamner les violences sans étouffer les revendications

Ulrich Naguézé Zinsou ne cautionne pas les dégradations commises lors des manifestations. Il déplore les actes de pillage et les dommages causés à des infrastructures scolaires et universitaires. Pour lui, la défense d’une cause ne justifie pas la destruction des biens collectifs.

Il estime néanmoins que les débordements ne doivent pas faire oublier les motifs initiaux de la mobilisation. Les revendications pacifiques méritent d’être distinguées des actes de violence.

Au fond, son message s’adresse autant aux jeunes qu’aux gouvernants : la contestation doit rester responsable, tandis que l’autorité publique doit privilégier l’écoute et la recherche de solutions. Car, rappelle implicitement cette réflexion, améliorer l’éducation revient à investir dans l’avenir de toute la société.

Firmin DANNON

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