Dans la rubrique « Diasporama » de l’émission « Actu Matin », Didier Houngbo, gestionnaire immobilier établi à Ottawa au Canada, s’est entretenu sur les e-services. Entre les avancées notables de la dématérialisation des services publics au Bénin et les réalités de son intégration en terre nord-américaine, il a partagé son parcours et son attachement indéfectible à sa patrie.
Sur la modernisation de l’administration publique et la simplification des démarches en ligne (telles que l’obtention du casier judiciaire ou des actes administratifs), Didier Houngbo a salué les efforts louables consentis par le gouvernement. Fini le temps où il fallait solliciter des proches sur place ou faire de longues files d’attente à Cotonou. Cependant, l’éloignement géographique expose encore les membres de la diaspora à des tracasseries pratiques qu’il conviendrait d’optimiser. Les difficultés de réception des codes de validation sur les numéros béninois en situation de roaming. Les options de paiement : Les contraintes liées aux solutions de paiement mobile (Mobile Money, Fedapay) qui nécessitent des lignes locales pleinement opérationnelles depuis l’étranger. La livraison des documents : Le manque d’une option officielle d’expédition internationale sécurisée pour récupérer les originaux sans avoir à solliciter un tiers sur place.
Passé par le Ghana avant de s’installer au Canada, le gestionnaire immobilier est revenu sans détour sur les défis de son adaptation à Ottawa. Il a ainsi évoqué le choc climatique ayant initialement sous-estimé la rigueur des températures hivernales ainsi que le choc social marqué par un individualisme culturel propre aux sociétés occidentales, bien loin de la chaleur relationnelle et du civisme de voisinage observés en Afrique. Avec le temps, il a appris à apprivoiser cette culture qui fait primer le respect de l’espace privé.
Malgré les milliers de kilomètres qui le séparent du Bénin, Didier Rumbo cultive un lien permanent avec ses racines à travers trois piliers essentiels : maintenir les habitudes culinaires béninoises à la maison (comme la préparation de la pâte et du « gaba »); conserver un contact régulier en langues locales avec sa famille au pays via des appels vidéo répétés et participer activement aux rassemblements de la communauté béninoise et africaine à Ottawa pour célébrer les fêtes nationales et les moments clés de la vie en famille.
Donatien Fernando SOWANOU








