Traduction directe des aspirations exprimées par les populations lors de la tournée d’écoute d’octobre dernier, le premier budget de la nouvelle mandature municipale de Cotonou a été voté à l’unanimité par le Conseil communal. Porté par le maire Luc Gnacadja, ce budget primitif 2027 s’élève à 72,4 milliards de FCFA et marque le top de départ opérationnel du plan quinquennal « Cotonou 2026-2033 : Changer d’échelle ».
Du 5 au 9 octobre 2026, l’exécutif municipal a parcouru l’ensemble des treize arrondissements de la capitale économique pour recenser les attentes urgentes des Cotonois. De cette concertation citoyenne ont émergé 38 priorités territoriales (à raison de trois par arrondissement), désormais assorties d’une obligation de résultats et confiées chacune à un responsable de l’administration municipale. L’arbitrage budgétaire priorise la réponse aux tracas quotidiens des riverains. Une enveloppe d’1 milliard de FCFA est allouée à l’extension de l’éclairage solaire, couplée à plus d’1,2 milliard de FCFA dédiés aux travaux de réhabilitation de la voirie urbaine.
La rénovation du cadre scolaire demandée unanimement dans les 13 arrondissements verra la construction de nouvelles salles de classe, la finalisation des chantiers abandonnés, ainsi que la sécurisation des écoles par des clôtures et des blocs sanitaires adéquats. Le budget 2027 finance les études techniques préparatoires aux grands travaux structurants programmés pour 2028 et 2029 (réseau de collecteurs d’eaux pluviales, pavage de voies, passerelles de Hindé, modernisation du marché Saint-Michel, école d’Agbodjèdo et centres de santé de proximité). 74 % du budget dédié aux investissements
Au-delà de la répartition géographique des crédits, la gestion Luc Gnacadja marque une rupture méthodologique dans la gouvernance financière de la Mairie de Cotonou. Les dépenses d’investissement enregistrent une hausse de 47,54 %, représentant désormais plus de 74 % du budget global, tandis que les charges de fonctionnement connaissent une contraction de 6,44 %. « Nous empruntons pour bâtir, jamais pour payer notre fonctionnement », a martelé l’autorité municipale, affirmant son engagement à ne financer que des projets rigoureusement chiffrés et foncièrement sécurisés. Dans cette même dynamique d’orthodoxie financière, la Mairie s’engage à mettre en œuvre l’intégralité des 48 recommandations formulées par l’Inspection Générale des Finances (IGF) à la suite de l’audit des recettes non fiscales, afin d’optimiser le recouvrement local et de garantir la transparence des comptes publics.
Assurant un discours de vérité aux Cotonois, le premier édile de la ville a rappelé que si certains volets d’équipements relèvent de la compétence exclusive de l’État central (notamment la construction de commissariats ou de centres de santé spécialisés), la municipalité se chargera d’en assurer le plaidoyer auprès du gouvernement.
Afin de garantir un suivi rigoureux des engagements pris, un mécanisme de redevabilité trimestrielle sera instauré, arrondissement par arrondissement, pour faire le point sur la concrétisation des chantiers engagés.
Donatien Fernando SOWANOU









