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CEG 3 de Lokossa : le directeur dément, mais alerte sur des conditions d’apprentissage difficiles

Mis en cause à la suite de la circulation de vidéos présentées sur les réseaux sociaux comme impliquant des élèves de son établissement, le directeur du CEG 3 de Lokossa, Segbegnon Kougblenou, rejette catégoriquement ces accusations. Il affirme qu’aucune des personnes visibles dans les séquences ne correspond à un apprenant de son collège. Au-delà de cette polémique, le responsable scolaire attire l’attention sur une autre réalité : la forte pression démographique et le manque d’infrastructures auxquels fait face son établissement.

La polémique enfle sur les réseaux sociaux, mais le directeur du CEG 3 de Lokossa tient à rétablir les faits. Intervenant dans l’émission Actu Matin au micro du Dr Thanguy Agoï, Segbegnon Kougblenou a formellement rejeté les informations associant son établissement à des vidéos montrant des jeunes dans des situations jugées contraires aux bonnes mœurs. Pour lui, ces accusations ne reposent sur aucun élément permettant d’établir un lien avec le collège.

« Le nom de la jeune fille ne figure sur aucun registre du CEG 3 de Lokossa, ni cette année ni au cours des deux années précédentes. Les visages des personnes montrées dans les vidéos sont également inconnus de notre établissement », a-t-il déclaré.

Pour étayer son démenti, le responsable affirme que les listes officielles des apprenants peuvent être consultées par tout enquêteur, notamment à travers la plateforme ÉducMaster.

Des vérifications qui ne permettent pas d’établir un lien avec le collège

Le directeur indique que des recherches ont également été effectuées par les autorités départementales de l’enseignement secondaire du Mono. Celles-ci auraient permis de relever l’existence de noms similaires dans différents établissements du pays, sans toutefois identifier les personnes montrées dans les vidéos comme des élèves du CEG 3 de Lokossa.

« Les recherches effectuées sur ÉducMaster par nos autorités départementales ont révélé des noms similaires dans plusieurs localités du Bénin. Mais aucun de ces noms ne figure dans les registres du CEG 3 de Lokossa. De plus, les personnes identifiées ne correspondent pas aux visages visibles dans les vidéos », a précisé Segbegnon Kougblenou.

Une précision importante dans un contexte où les réseaux sociaux peuvent rapidement transformer une rumeur en accusation publique. La diffusion d’images accompagnées d’informations non vérifiées peut porter atteinte à la réputation d’un établissement et de ses acteurs. Elle rappelle surtout la nécessité de distinguer les faits établis des affirmations relayées en ligne. À ce stade, selon les explications du directeur, aucun élément ne permet d’attribuer ces vidéos à son collège.

Discipline et surveillance pour prévenir les dérives

Face aux risques liés aux comportements inappropriés en milieu scolaire, Segbegnon Kougblenou assure que son établissement mise sur la discipline et l’encadrement des apprenants. « Discipline, travail, excellence » : telle est la devise qu’il entend faire vivre au quotidien au CEG 3 de Lokossa.

« Nous avons quatre surveillants présents chaque jour pour assurer le suivi des apprenants, avec le concours du censeur et de moi-même. Nous veillons rigoureusement au contrôle des présences », a-t-il expliqué.

Le dispositif repose également sur la collaboration des parents d’élèves et la vigilance du personnel enseignant. Le directeur souligne notamment le rôle de l’association des parents d’élèves, qui accompagne quotidiennement l’administration.

« Nous avons un bureau de l’Association des parents d’élèves disponible et présent à nos côtés. Les autres parents sont également à notre écoute et répondent à nos sollicitations chaque fois que nous avons besoin d’eux. Les enseignants, quant à eux, sont présents dans les classes et nous signalent toute dérive que nous gérons avec l’appui des parents », a-t-il ajouté.

Cette organisation traduit une conviction essentielle : la prévention des dérives en milieu scolaire ne peut reposer uniquement sur les sanctions. Elle exige une présence régulière des encadreurs, une communication permanente avec les familles et une responsabilisation progressive des apprenants. L’école et les parents doivent ainsi agir de concert pour garantir un environnement éducatif sain.

Téléphones portables : le directeur soutient l’interdiction

Autre sujet abordé au cours de l’entretien : l’utilisation des téléphones portables dans les établissements scolaires. Alors que les outils numériques occupent une place grandissante dans l’apprentissage, le directeur du CEG 3 de Lokossa estime que les élèves ne disposent pas encore tous de la maturité nécessaire pour en faire un usage responsable. Il soutient donc fermement l’interdiction du port du téléphone portable par les apprenants dans les collèges.

« Même si nous sommes à l’ère du numérique, nos apprenants ne sont pas encore suffisamment mûrs et consciencieux pour utiliser le téléphone portable à volonté. Les recherches peuvent être effectuées à la maison, mais sous un suivi rigoureux des parents », a-t-il défendu. Au CEG 3 de Lokossa, des dispositions seraient d’ailleurs prises pour faire respecter cette interdiction.

Cette position remet au centre du débat la question de l’équilibre entre innovation pédagogique et protection des élèves. Le numérique constitue une ressource éducative importante, mais son utilisation en milieu scolaire suppose des règles claires, un accompagnement adapté et une véritable éducation aux usages responsables.

Près de 2 000 élèves pour des infrastructures insuffisantes

Derrière cette actualité, le directeur a également évoqué une difficulté structurelle qui pèse lourdement sur le fonctionnement de son établissement : le manque d’infrastructures. Situé dans le quartier d’Ibèdi, présenté comme l’un des secteurs les plus peuplés de Lokossa, le CEG 3 connaît une augmentation constante de ses effectifs, portée notamment par le développement résidentiel de la zone.

Fondé il y a une quinzaine d’années, le collège accueille désormais 1 931 élèves, répartis dans 137 groupes pédagogiques. Un effectif qui dépasse les capacités d’accueil des infrastructures disponibles. Faute de salles supplémentaires, plusieurs classes comptent plus de 60 apprenants, tandis que le mobilier scolaire reste également insuffisant. Le directeur explique cette situation par la croissance démographique du quartier d’Ibèdi.

« Ibèdi est aujourd’hui l’un des quartiers les plus peuplés de Lokossa. Les constructions y augmentent chaque année, voire chaque jour, ce qui entraîne une hausse constante du nombre d’apprenants dans notre établissement. Les infrastructures prévues au départ ne suffisent plus à contenir cet effectif », a-t-il indiqué.

Il précise que le collège compte actuellement 1 931 élèves répartis dans 137 groupes pédagogiques. Une situation qui oblige l’administration à composer avec des classes surchargées.

« Faute d’infrastructures, nous avons été contraints d’accepter des effectifs pléthoriques dans les salles. Dans beaucoup de classes, nous dépassons les 60 élèves. Nous manquons également de mobilier. Nos apprenants travaillent donc dans des conditions difficiles, qui ne leur permettent pas toujours d’étudier convenablement », a reconnu Segbegnon Kougblenou.

La situation pose un véritable problème de qualité de l’enseignement. Dans des salles surchargées, les enseignants disposent de moins d’espace pour accompagner individuellement les élèves, suivre leurs difficultés et favoriser leur participation. Les conditions de concentration et de travail s’en trouvent également affectées.

Le directeur ne cache d’ailleurs pas les difficultés auxquelles sont confrontés les apprenants et les enseignants. Il salue néanmoins le dévouement de son équipe pédagogique, qui continue de travailler pour maintenir de bons résultats malgré les contraintes matérielles.

Un appel à renforcer les capacités d’accueil

Pour Segbegnon Kougblenou, l’amélioration des conditions d’apprentissage passe nécessairement par la construction de nouvelles salles de classe et la mise à disposition de moyens supplémentaires.

« Nos enseignants sont dévoués et consciencieux. Malgré les conditions difficiles, ils continuent de travailler avec les apprenants pour obtenir d’excellents résultats. Mais nous pensons que si les conditions s’améliorent, si nous disposons de davantage de moyens et de salles de classe, nous pourrons faire encore mieux », a-t-il plaidé.

La croissance des effectifs, qui accompagne l’expansion du quartier d’Ibèdi, impose désormais une réponse infrastructurelle à la hauteur des besoins.

Au-delà du démenti apporté aux accusations circulant sur les réseaux sociaux, son intervention met ainsi en évidence deux exigences complémentaires : préserver l’intégrité de l’environnement scolaire et offrir aux apprenants des conditions dignes pour étudier.

Car si la discipline et l’engagement des enseignants restent indispensables, ils ne sauraient durablement compenser le manque de salles de classe, de mobilier et d’équipements. Au CEG 3 de Lokossa, l’urgence est donc aussi pédagogique et infrastructurelle.

Firmin DANNON

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