Le Conseil supérieur de la communication (Csc) du Burkina-Faso a frappé un grand coup ce mardi 5 mai 2026. La chaîne internationale TV5 Monde est interdite de diffusion sur l’ensemble du territoire national. En cause: un traitement médiatique jugé tendancieux d’une attaque terroriste, que les autorités de transition qualifient de « désinformation » et de « propagande ».
Le régulateur burkinabè, le Conseil supérieur de la communication, a ordonné la suspension immédiate des programmes de TV5 Monde. Cette décision radicale fait suite à la diffusion d’un contenu portant sur l’actualité sécuritaire du pays, secteur particulièrement sensible sous le régime du Capitaine Ibrahim Traoré.
Selon le communiqué officiel du régulateur, il est reproché à la chaîne française des manquements graves à l’éthique journalistique. Le Csc évoque des propos qui tendent à faire l’apologie du terrorisme et à jeter le discrédit sur les forces de défense et de sécurité (Fds). Les autorités burkinabè fustigent une narration qui, selon elles, occulte les efforts de reconquête du territoire pour se focaliser sur des récits de nature à démoraliser les troupes et la population. Pour le Csc, cette suspension vise à « protéger l’espace médiatique national » contre ce qu’il décrit comme une campagne de désinformation orchestrée depuis l’étranger.
Cette interdiction n’est pas un cas isolé. Elle s’inscrit dans une série de mesures restrictives visant plusieurs médias internationaux (RFI, France 24, Le Monde, entre autres) depuis l’avènement de la transition. Ouagadougou justifie ces décisions par la nécessité de préserver la cohésion nationale en temps de guerre.
Alors que les organisations de défense de la liberté de la presse s’inquiètent d’un rétrécissement de l’espace démocratique, le pouvoir burkinabè reste ferme. La lutte contre le terrorisme prime sur la liberté de diffusion, surtout lorsque celle-ci est accusée de servir des intérêts contraires à ceux de la nation.
Donatien Fernando SOWANOU









