Ce dimanche 24 mai 2026, l’appareil parlementaire a été secoué d’un bouleversement majeur en trois actes successifs qui redessine l’équilibre des pouvoirs au sommet de l’État. Réuni en urgence, le Bureau de l’Assemblée nationale a validé la demande de réintégration d’Ousmane Sonko. Le président de l’institution parlementaire, El Malick Ndiaye, a déposé sa démission. Face à cette vacance imprévue, la Conférence des présidents a fixé l’élection du nouveau chef du Parlement au mardi 26 mai prochain.
La réintégration de l’ex-chef du gouvernement sur les bancs de l’hémicycle consacre une mutation stratégique d’envergure pour la majorité législative. Libéré de ses charges ministérielles, Ousmane Sonko reprend sa place de choix au sein de la représentation nationale pour conduire l’action politique à la base. Ce basculement repositionne l’emblématique leader du parti Pastef au cœur des débats législatifs, à un moment de haute tension avec la présidence. L’ancien Premier ministre choisit ainsi de faire du Parlement son nouveau piédestal pour la suite des événements politiques.
Pour expliquer son retrait inattendu du perchoir, l’ancien président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, s’est fendu d’une adresse solennelle à la Nation. L’autorité sortante affirme avoir mûri sa décision dans le silence, la responsabilité et le sens élevé de l’État. Il précise que ce choix personnel est entièrement guidé par sa propre conception des institutions publiques et la défense exclusive de l’intérêt supérieur du pays. Malgré l’abandon du perchoir, le responsable politique conserve l’intégralité de son mandat de député pour continuer à servir la démocratie sénégalaise.
L’instance décisionnelle du Pastef a pris acte de la démission d’El Malick Ndiaye et a salué le sens du devoir républicain dont il a fait preuve durant son magistère. Le parti a officiellement désigné et investi le député Ousmane Sonko comme son candidat unique pour l’élection du prochain président de l’Assemblée nationale. Cette investiture directe vise à faire bloc derrière le président du parti pour assurer le contrôle absolu du pouvoir législatif.
Cette centralisation du combat politique autour de l’hémicycle installe un face-à-face inédit et lourd de conséquences entre l’exécutif et le législatif. L’élection programmée pour le mardi 26 mai s’annonce comme un test de fidélité capital pour les différents courants de la majorité parlementaire. Les observateurs de la vie publique nationale y voient une stratégie de clarification des lignes de fracture nées de la rupture du week-end.
L’appareil d’État sénégalais entre ainsi dans une zone de fortes turbulences où la stabilité institutionnelle dépendra de l’issue du vote de mardi. La préservation de la paix civile et du dialogue républicain demeure le principal défi des acteurs engagés dans cette course au perchoir.
Donatien Fernando SOWANOU








