Accueil / Veille Internationale / Diomaye Faye soutient Macky Sall pour l’ONU : un choix qui divise le Sénégal

Diomaye Faye soutient Macky Sall pour l’ONU : un choix qui divise le Sénégal

La Présidence sénégalaise apporte son soutien officiel à la candidature de Macky Sall au poste de secrétaire général des Nations Unies. Une décision qui relance le débat sur l’intérêt national, la justice et les équilibres politiques à l’approche des prochaines échéances électorales.

Un soutien officiel qui relance le débat

Le Sénégal soutient officiellement la candidature de Macky Sall au poste de secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies (ONU). L’annonce, portée par la Présidence de la République, intervient quelques jours après la rencontre entre l’ancien chef de l’État et son successeur, Bassirou Diomaye Faye, vendredi dernier à Dakar.Ce soutien ouvre un débat national. Pour certains, il s’agit d’un geste républicain en faveur d’un ancien président sénégalais. Pour d’autres, la décision soulève des questions politiques et judiciaires.

Pour les partisans : défendre un ancien président sénégalais

Parmi les voix favorables, Issa Malang, étudiant à l’université de Dakar, estime que l’État sénégalais doit soutenir tout citoyen qui aspire à diriger une institution internationale majeure.« Macky Sall est un ancien président. Au-delà, c’est un fils du pays. Lorsqu’un fils du pays a l’ambition de diriger une institution comme l’ONU, il est normal que l’État du Sénégal lui apporte son soutien. » Cette position met en avant l’image du Sénégal sur la scène internationale. Les défenseurs du soutien considèrent qu’une candidature sénégalaise à la tête de l’ONU mérite l’appui de l’État, indépendamment des clivages politiques internes.

Les opposants dénoncent un calcul politique

D’autres voix contestent cependant cette décision. Ibrahima, étudiant à l’Université Cheikh Anta Diop, y voit une stratégie politique en vue des élections de 2027 et 2029.« Diomaye Faye ne soutient pas Macky Sall pour l’intérêt supérieur de la Nation. Il le soutient pour en faire un allié politique. » Selon lui, les responsabilités de l’ancien président dans les événements survenus entre 2021 et 2024 devraient être clarifiées avant tout soutien officiel à une candidature internationale.

La question de la responsabilité judiciaire

Le débat se concentre aussi sur les événements politiques et sociaux qui ont marqué le Sénégal avant l’élection présidentielle de 2024.Moctar Sourang, ancien coordonnateur du Front pour la Résistance Nationale (FRN), appelle à la prudence. Il estime que Macky Sall ne peut être considéré comme responsable tant qu’aucune condamnation judiciaire n’a été prononcée.« Tant que Macky Sall n’est pas condamné, l’État du Sénégal doit le soutenir. On ne peut pas tenir automatiquement un président responsable des morts ou des blessés lors d’incidents. » Cette lecture insiste sur le respect de la présomption d’innocence et sur la distinction entre responsabilité politique et responsabilité pénale.

Une leçon de démocratie pour certains

Du côté de la société civile, Moundiaye Cissé, directeur exécutif de l’ONG 3D, voit dans ce soutien un signal positif pour la démocratie sénégalaise.« Il faut encourager qu’un ancien président puisse continuer à être au service de l’État. Cela peut aussi rassurer les chefs d’État sur l’après-pouvoir. » Pour lui, accompagner les anciens présidents après leur mandat peut contribuer à renforcer la stabilité institutionnelle et à favoriser des transitions politiques apaisées.

Une mobilisation diplomatique en faveur de Macky Sall

Avec ce soutien officiel, le réseau diplomatique sénégalais pourra désormais défendre ouvertement la candidature de Macky Sall auprès des gouvernements, des organisations régionales et des partenaires stratégiques.Cette démarche donne une dimension internationale à une décision qui reste pourtant très débattue à l’intérieur du pays.

Le silence de Sonko

Pour l’instant, Ousmane Sonko n’a pas réagi publiquement. Le chef du Pastef a demandé à ses militants de se concentrer sur les prochaines échéances électorales.Son silence est observé de près, tant la question du soutien à Macky Sall touche aux rapports entre l’actuel pouvoir, l’ancien président et la base militante du parti au pouvoir.

Un choix aux conséquences politiques

Le soutien de Bassirou Diomaye Faye à Macky Sall dépasse le cadre d’une simple candidature internationale. Il ravive les débats sur l’unité nationale, la justice, la mémoire des crises récentes et les alliances politiques à venir.Reste à savoir si ce choix renforcera l’image du Sénégal sur la scène mondiale ou s’il alimentera davantage les tensions dans le débat politique national.

Firmin DANNON

Répondre

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *