Depuis le 1er septembre 2026, le Bénin préside le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine. Pour un mois, Cotonou se retrouve ainsi au premier plan des discussions consacrées aux crises et aux principaux défis sécuritaires du continent. Une responsabilité temporaire, certes, mais politiquement importante pour un pays qui siège au sein de cette instance pour la période 2026-2028.
Le Bénin succède à l’Algérie, qui assurait la présidence du CPS au mois d’août. Cette présidence mensuelle ne signifie pas que Cotonou dispose seul du pouvoir de décision sur les questions de paix et de sécurité. Elle lui confère toutefois un rôle central dans l’organisation et la conduite des travaux du Conseil. Autrement dit, pendant ce mois, la diplomatie béninoise bénéficie d’une fenêtre particulière pour mettre en avant les priorités africaines en matière de prévention des conflits, de stabilité et de lutte contre les menaces sécuritaires.
Un retour au premier plan
Cette prise de responsabilité intervient après l’élection du Bénin au CPS pour la période 2026-2028, en février dernier. Le pays retrouve ainsi une institution qu’il avait déjà intégrée entre 2020 et 2022. Ce retour traduit une certaine continuité de son engagement diplomatique sur les questions de paix et de sécurité.
Mais si cette présidence constitue une reconnaissance, elle représente également une responsabilité. Dans un continent confronté à des crises multiples, la crédibilité du Bénin se mesurera moins à sa capacité à présider les réunions qu’à son aptitude à favoriser des échanges constructifs et à contribuer à des réponses africaines aux crises.
La Centrafrique ouvre le mois
Les travaux du CPS ont démarré le 1er septembre avec l’examen de la situation en République centrafricaine, quelques mois après la réélection de Faustin-Archange Touadéra. Le choix de ce dossier dès l’ouverture du programme rappelle que la consolidation de la paix demeure un chantier permanent sur le continent.
Le lendemain, les membres du Conseil se sont penchés sur la protection des enfants dans les conflits armés. Un sujet qui dépasse largement la seule dimension sécuritaire : derrière chaque conflit se trouvent des populations civiles exposées aux déplacements forcés, aux violences et à la rupture de leur parcours scolaire et familial. La prise en compte de ces conséquences humaines est donc essentielle dans toute stratégie durable de paix.
Climat, terrorisme et tensions entre États au menu
Le 18 septembre, le CPS doit également examiner le rapport entre changement climatique et sécurité. Le sujet gagne en importance en Afrique, où les pressions exercées sur les ressources naturelles, les déplacements de populations et les tensions autour de l’accès à la terre ou à l’eau peuvent aggraver certaines fragilités existantes.
Autre rendez-vous majeur : la réunion des chefs d’État prévue le 23 septembre à New York, en marge de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies. Les discussions doivent notamment porter sur le bon voisinage entre États et sur la lutte contre le terrorisme. Deux préoccupations particulièrement sensibles à l’heure où plusieurs régions africaines restent confrontées à l’instabilité et aux violences armées.
Cotonou devient aussi un centre diplomatique
Le Bénin accueillera, les 9 et 10 septembre, un séminaire ministériel consacré aux femmes, à la paix et à la sécurité. Cotonou sera ainsi directement associé aux activités du CPS durant cette présidence.
D’autres rendez-vous sont prévus, notamment la commémoration du Mois de l’amnistie africaine, les 14 et 15 septembre à Alger, ainsi que la Journée internationale de la paix, le 21 septembre. Deux réunions préparatoires du Comité des experts du CPS viendront également alimenter les travaux du Conseil.

Un mois sous haute pression
Cette présidence intervient dans un contexte continental particulièrement délicat. La situation au Soudan, les tensions dans la Corne de l’Afrique, la menace terroriste dans plusieurs régions et les différends entre États constituent autant de dossiers susceptibles de mobiliser l’attention du CPS.
Pour le Bénin, l’enjeu est donc double. Il s’agit d’abord d’assurer efficacement la conduite des travaux du Conseil pendant son mois de présidence. Mais il s’agit aussi de démontrer sa capacité à porter une diplomatie constructive dans un environnement où les solutions aux crises africaines deviennent de plus en plus complexes.
Une opportunité diplomatique à saisir
Une présidence d’un mois peut paraître courte. Elle peut pourtant offrir une visibilité diplomatique considérable. En prenant les commandes du CPS, même temporairement, le Bénin dispose d’une tribune pour défendre le dialogue, la prévention des conflits et la recherche de solutions africaines aux crises du continent.
Le véritable bilan de cette présidence ne se mesurera toutefois pas au nombre de réunions organisées, mais à la qualité des débats impulsés, aux positions défendues et à la capacité du Bénin à contribuer concrètement au renforcement de la paix et de la sécurité en Afrique.
Firmin DANNON









