À la frontière entre la Centrafrique et le Cameroun, l’effondrement d’une mine d’or a fait au moins 49 morts. Les autorités centrafricaines pointent l’indiscipline des exploitants artisanaux, tandis que des témoins avancent un bilan bien plus lourd. Le site reste fermé.
Le drame s’est produit mardi 18 août à Zamboï, dans l’ouest de la République centrafricaine, à quelques mètres de la frontière camerounaise. Une partie d’une mine d’or s’est effondrée après plusieurs jours de fortes pluies, ensevelissant des dizaines de personnes. Le bilan officiel fait état de 49 morts : 34 Centrafricains, 13 Camerounais et 2 Tchadiens. Mais sur le terrain, des témoins et des proches de victimes évoquent près d’une centaine de morts, laissant planer de sérieux doutes sur l’ampleur réelle de la catastrophe.
Un sol fragilisé par trois jours de pluie
Après sa visite sur le site, le ministre centrafricain des Mines, Rufin Benam-Beltoungou, a expliqué que la zone présentait des risques évidents. Selon son témoignage, les forces de sécurité avaient demandé aux exploitants de quitter une galerie jugée dangereuse en raison de la fragilité du sol.« Il avait plu pratiquement pendant 72 heures ici », a-t-il expliqué, estimant que certains exploitants n’avaient pas respecté les consignes. En poursuivant les travaux malgré l’alerte, ils se seraient retrouvés piégés lorsque le terrain s’est brutalement affaissé.Cette version met en lumière l’un des principaux dangers de l’exploitation artisanale de l’or : la combinaison entre des galeries instables, les intempéries et l’absence de normes de sécurité suffisantes peut transformer une activité économique en piège mortel.
L’orpaillage clandestin au cœur des inquiétudes
Le site était exploité depuis plusieurs années par un homme d’affaires centrafricain. Celui-ci affirme avoir été dépassé par l’arrivée massive d’exploitants clandestins travaillant sans permis. Une situation qui aurait rendu le contrôle du site de plus en plus difficile.
Sur le terrain, l’exploitation de l’or fait vivre de nombreuses familles des deux côtés de la frontière. Mais cette économie informelle s’accompagne aussi de risques importants : absence d’équipements adaptés, galeries creusées sans véritable sécurisation et forte présence de travailleurs venus de pays voisins.
Le site fermé jusqu’à nouvel ordre
Après la catastrophe, le gouvernement centrafricain a ordonné la fermeture provisoire du site minier. Côté camerounais, un important dispositif de sécurité empêche également les passages habituels vers Zamboï.Trois jours après l’éboulement, les opérations visibles de recherche des victimes restaient limitées, tandis que les activités minières étaient suspendues. La priorité est désormais de déterminer le nombre réel de personnes ensevelies et de comprendre pourquoi les alertes liées à la fragilité du terrain n’ont pas permis d’éviter le drame.
Au-delà du bilan humain, Zamboï pose une question plus large : comment encadrer une exploitation artisanale de l’or devenue une source essentielle de revenus pour les populations, sans exposer les travailleurs à des risques mortels ? La catastrophe rappelle brutalement que derrière chaque gramme d’or extrait se trouvent souvent des hommes et des femmes travaillant dans des conditions où la sécurité reste largement insuffisante.
Firmin DANNON









