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Xénophobie en Afrique du Sud : la CEDEAO hausse le ton

Les attaques xénophobes qui secouent l’Afrique du Sud continuent de provoquer une vive indignation sur le continent. Réunis à l’occasion de leur 69e sommet ordinaire, les chefs d’État et de gouvernement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont dénoncé avec fermeté les violences visant des ressortissants africains, en particulier les citoyens ouest-africains.

La CEDEAO condamne les violences en Afrique du Sud

Dans le communiqué final publié à l’issue du sommet tenu en Sierra Leone, la CEDEAO fait part de sa « profonde préoccupation » face à la recrudescence des attaques xénophobes en Afrique du Sud.L’organisation régionale condamne notamment les violences et les traitements jugés indignes infligés aux ressortissants ouest-africains installés dans le pays.Pour les dirigeants de la sous-région, ces actes constituent un phénomène récurrent qui menace les principes de solidarité, de libre circulation et de fraternité entre les peuples africains.

Un appel pressant aux autorités sud-africaines

Face à la gravité de la situation, la CEDEAO demande au gouvernement sud-africain d’agir sans délai.Les chefs d’État exhortent Pretoria à rétablir rapidement l’ordre, à garantir la sécurité des ressortissants ouest-africains ainsi que celle de tous les citoyens africains vivant sur son territoire, et à mettre en place des solutions durables pour éviter la répétition de telles violences.

Le Ghana porte le dossier devant l’Union africaine

La CEDEAO a également apporté son soutien à l’initiative du Ghana visant à inscrire la question des attaques xénophobes à l’ordre du jour de la prochaine Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine.L’objectif est d’engager un débat continental afin d’identifier des réponses communes et durables face à ce phénomène qui fragilise l’intégration africaine.

Pourquoi les tensions s’aggravent-elles ?

Depuis la fin du mois de mars 2026, plusieurs villes sud-africaines connaissent une nouvelle vague de violences contre des migrants africains. Des ressortissants du Ghana, du Nigeria, du Zimbabwe, du Mozambique, de la République démocratique du Congo, de la Somalie et du Cameroun figurent parmi les principales victimes.Ces attaques ont provoqué des déplacements forcés, semé la peur au sein des communautés étrangères et entraîné d’importants traumatismes.Selon plusieurs observateurs, cette montée de la xénophobie est alimentée par un chômage élevé, des difficultés économiques persistantes et une perception négative de l’immigration dans une partie de la population sud-africaine.

Ramaphosa promet des mesures

Face à la montée des tensions, le président Cyril Ramaphosa avait annoncé, dès le mois de juin, un renforcement du contrôle des frontières, une surveillance accrue des entreprises employant des personnes en situation irrégulière ainsi qu’une modernisation du système d’immigration.Les autorités avaient également promis des enquêtes pour identifier les auteurs des violences et établir les responsabilités.

Malgré ces engagements, les attaques continuent d’inquiéter les pays africains, qui attendent désormais des actions concrètes pour assurer la protection des populations étrangères vivant en Afrique du Sud.

Firmin DANNON

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