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RDC : l’épidémie d’Ebola progresse rapidement, les autorités sanitaires tirent la sonnette d’alarme

Quatre semaines après la déclaration officielle de la 17e épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC), la situation reste préoccupante. Le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC) avertit que le virus continue de se propager à un rythme inquiétant dans la province de l’Ituri, à l’est du pays.

Selon les dernières données communiquées par l’institution panafricaine, 676 cas confirmés ont été recensés, dont 136 décès. Si huit nouvelles guérisons ont été enregistrées cette semaine, portant à 30 le nombre total de personnes rétablies, ces chiffres restent insuffisants face à l’ampleur de la propagation.

Une expansion fulgurante de l’épidémie

Lors de l’apparition des premiers cas, seules trois zones de santé étaient concernées. Un mois plus tard, le virus a atteint 34 zones sanitaires. Plus alarmant encore, ce nombre a doublé en seulement une semaine, illustrant la vitesse à laquelle l’épidémie gagne du terrain.

Pour le directeur général d’Africa CDC, le Dr Jean Kaseya, l’un des principaux obstacles à la maîtrise de la situation demeure l’identification des cas contacts. Dans les zones densément peuplées, notamment autour des sites miniers, chaque malade confirmé peut avoir plusieurs dizaines de contacts potentiellement exposés au virus.

« Dans la situation actuelle en Ituri, cela représente plus de 20 000 personnes à surveiller. Pourtant, moins de 5 000 ont pu être identifiées jusqu’à présent », a-t-il expliqué.

Des défis sécuritaires et humanitaires majeurs

La lutte contre Ebola se heurte à de nombreux obstacles. La méfiance de certaines communautés envers les équipes médicales, les déplacements massifs de populations, l’insécurité liée aux groupes armés et le manque d’infrastructures dans les zones reculées compliquent considérablement les opérations de surveillance.

Avec moins d’un quart des cas contacts identifiés, les autorités sanitaires peinent à interrompre les chaînes de transmission. « Tant que nous ne parvenons pas à retrouver et suivre toutes les personnes exposées, il sera impossible d’affirmer que l’épidémie est sous contrôle », insiste le Dr Kaseya.

La dernière zone touchée est celle de Tchomia, située à une cinquantaine de kilomètres au sud de Bunia, la capitale provinciale de l’Ituri, sur les rives du lac Albert.

L’insécurité favorise la circulation du virus

Sur le terrain, les acteurs humanitaires observent avec inquiétude l’impact du contexte sécuritaire sur la propagation de la maladie. L’Ituri est déjà confrontée à une crise humanitaire persistante, aggravée par les violences de groupes armés.

Pour Albert Essoun, chef adjoint des programmes de Médecins Sans Frontières (MSF) en Ituri, les mouvements de population constituent un facteur aggravant.

« Lorsque les populations fuient l’insécurité pour chercher refuge ailleurs, le virus se déplace avec elles. Plus les déplacements sont importants, plus le risque de propagation augmente », souligne-t-il.

Cette mobilité constante réduit les chances de retrouver rapidement les personnes exposées et rend les interventions sanitaires beaucoup plus complexes.

Une alerte internationale déclenchée

Face à l’évolution de la situation, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a lancé une alerte sanitaire internationale. L’organisation estime que le risque pour la santé publique est très élevé en RDC, élevé au niveau régional et faible à l’échelle mondiale.

L’épidémie actuelle est causée par le virus Bundibugyo, une souche du virus Ebola pour laquelle aucun vaccin homologué ni traitement spécifique n’est actuellement disponible. La RDC, qui compte plus de 100 millions d’habitants, demeure l’épicentre de cette flambée épidémique.

Alors que les autorités sanitaires et les organisations humanitaires intensifient leurs efforts, la maîtrise de l’épidémie dépendra largement de la capacité à identifier rapidement les cas contacts, renforcer la surveillance et limiter les déplacements à risque dans une région déjà fragilisée par des années d’instabilité.

Plus de cinquante ans après l’apparition du virus Ebola sur le continent africain, la maladie continue de représenter une menace majeure pour les systèmes de santé, ayant causé plus de 15 000 décès à travers l’Afrique.

Firmin DANNON

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