Malgré les mécanismes étatiques mis en place, l’accès au crédit reste le principal goulet d’étranglement des petits aviculteurs béninois. C’est le constat dressé par Blaise Seton, Président de l’Unap et vice-président de l’Interprofession des aviculteurs du Bénin. Une sortie médiatique qui intervient à quelques jours de l’ouverture du Salon Avicole du Bénin à Cotonou.

Le potentiel est là, mais l’argent manque. Si le gouvernement béninois a multiplié les initiatives pour soutenir le monde agropastoral à travers le Fonds national de développement agricole (Fnda) et l’Agence de développement des petites et moyennes entreprises (Adpme), la réalité du terrain reste complexe. Aujourd’hui, l’accès au crédit demeure un parcours du combattant pour les petits éleveurs. En cause : des conditions d’octroi draconiennes, des exigences de garanties bancaires hors de portée et des taux d’intérêt trop élevés. Résultat, seuls les grands exploitants parviennent à tirer leur épingle du jeu, laissant la majorité des producteurs face à leurs difficultés financières.
Structuration et ambition à l’export
La filière s’organise, mais le chemin est encore long. Pour fluidifier le passage de la production à la commercialisation, l’État a insufflé une nouvelle dynamique en créant la Société de développement des fermes avicoles (Sodefa). Cette structuration est devenue une urgence, car le Bénin regarde désormais au-delà de ses frontières. L’objectif affiché est de satisfaire la demande locale, mais surtout conquérir le géant marché nigérian. Le voisin de l’Est est prêt à absorber la production béninoise, à une condition non négociable : le respect strict des normes de certification et de traçabilité des produits.
Cotonou, capitale de l’aviculture africaine du 25 au 27 juin

C’est précisément pour répondre à ces défis de professionnalisation que s’ouvre le Salon avicole du Bénin sur l’esplanade du Palais des Congrès de Cotonou. Durant trois jours, la capitale économique béninoise sera le carrefour de l’aviculture sous-régionale et internationale. L’événement réunira plusieurs pays de la Cedeao(Sénégal, Côte d’Ivoire, Togo, Mali) ainsi que des délégations venues de France, de Chine, de Belgique et des Pays-Bas. En marge des expositions, Cotonou accueillera également l’Assemblée générale de la Confédération africaine pour le développement de l’aviculture (Cada), actuellement présidée par le Maroc. Le royaume chérifien, leader africain du secteur, entend d’ailleurs renforcer son partenariat avec le Bénin, notamment sur le volet de la formation des jeunes éleveurs et des vétérinaires.
Cap sur l’innovation et la biosécurité
Loin d’être une simple foire commerciale, ce salon se veut un espace de renforcement des capacités. Le programme prévoit des communications scientifiques de haut niveau avec notamment la participation du Dr Youssao de l’Université d’Abomey-Calavi (Epac) ainsi que des masterclass pour les professionnels et les étudiants des lycées agricoles.

L’accent sera mis sur la biosécurité et les innovations technologiques pour rassurer des consommateurs de plus en plus exigeants. Enfin, pour joindre l’utile à l’agréable, chaque soirée sera dédiée à la valorisation du « consommer local », à travers des séances de dégustation de produits avicoles béninois.









