Carrefour commercial du Bénin, Bohicon est aussi une terre de saveurs. Derrière ses plats emblématiques se cache un patrimoine culinaire transmis de génération en génération, aujourd’hui reconnu bien au-delà des frontières béninoises.
À Bohicon, la gastronomie est bien plus qu’une manière de se nourrir. Elle raconte l’histoire d’un peuple, son identité et son attachement aux traditions. Quiconque fait escale dans cette ville du département du Zou est invité à découvrir des spécialités devenues de véritables symboles du terroir : le Bômiho, le Mantin djan, le Houawélio, sans oublier les sauces relevées à l’afitin, ce condiment traditionnel à base de graines de néré fermentées.
Pour Dekponto Renaud, chef cuisinier formateur en hôtellerie et restauration dans un Centre de formation à Bohicon, chaque plat est le fruit d’un savoir-faire ancestral jalousement conservé.

« Les recettes de Bohicon se distinguent par leurs ingrédients, leurs techniques de préparation et surtout par leurs saveurs uniques que l’on ne retrouve nulle part ailleurs », explique-t-il au micro de Inf’au Zénith.
Au cœur de cette cuisine figurent des produits simples mais essentiels. Le maïs constitue la base de nombreuses pâtes traditionnelles, tandis que l’huile rouge, la tomate et surtout l’afitin donnent aux sauces leur caractère et leur authenticité. La réussite de plats comme le Bômiho repose également sur une parfaite maîtrise des temps de cuisson, un savoir transmis au sein des familles depuis plusieurs générations.
Préserver un héritage vivant
À Bohicon, la transmission de cet héritage culinaire est une priorité. Les centres de formation, les familles et les professionnels de la restauration initient les jeunes aux recettes traditionnelles afin d’assurer leur pérennité.
Cette volonté de sauvegarde s’accompagne d’actions de promotion. Festivals gastronomiques, foires et manifestations culturelles permettent aux visiteurs de découvrir les spécialités locales et de vivre une véritable immersion dans la culture culinaire de la ville.
Une reconnaissance qui dépasse les frontières
La renommée de la gastronomie de Bohicon ne se limite plus au Bénin. En 2024, la ville a représenté le pays lors d’une vitrine gastronomique organisée à Macao, en Chine. À cette occasion, la délégation a présenté plusieurs spécialités, notamment le Bômiho, considéré comme le plat identitaire de Bohicon, mais aussi l’Assrokui, le Mantin djan et l’Atassi.
Chef principal de cette démonstration culinaire, Dekponto Renaud garde le souvenir d’une expérience marquante.

« Le Bômiho a été présenté en Chine à Macao par la délégation de Bohicon et j’ai eu l’honneur d’en être le cuisinier principal. C’est une preuve que notre gastronomie est aujourd’hui reconnue à l’international », souligne-t-il.
Cette visibilité internationale renforce les ambitions de Bohicon, qui mise sur sa richesse gastronomique pour attirer davantage de visiteurs et valoriser son patrimoine culturel.
Au-delà de ses marchés animés et de son dynamisme économique, Bohicon s’impose désormais comme une destination où la cuisine constitue une véritable invitation au voyage. Chaque assiette raconte une histoire, perpétue une tradition et témoigne du savoir-faire d’une ville qui fait de sa gastronomie l’un de ses plus précieux patrimoines.

Firmin DANNON








