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RSE au Bénin : l’heure de l’action

Banques, SFD, médias, services publics et structures d’appui aux entreprises sont appelés à transformer leurs pratiques pour construire un écosystème entrepreneurial plus responsable et inclusif.

La Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) ne doit plus être perçue comme une simple série d’actions sociales ou environnementales. Elle peut devenir un véritable outil de transformation des entreprises et, plus largement, de tout l’écosystème entrepreneurial béninois.

C’est l’un des principaux enseignements d’une formation-sensibilisation organisée dans le cadre du projet IYBA SEED, avec l’appui de SNV Bénin et d’Expertise France. L’initiative a réuni des structures d’appui aux entreprises, des banques, des Systèmes Financiers Décentralisés (SFD), des médias, des services publics et des organisations professionnelles.

Faire de la RSE un outil concret

Pendant trois jours de formation à Grand-Popo, les participants ont été invités à dépasser la vision classique de la RSE. Il ne s’agit pas seulement de financer une action sociale, de planter des arbres ou de soutenir une œuvre caritative.La RSE concerne aussi la manière dont une organisation travaille, prend ses décisions, traite ses partenaires, accompagne ses clients et mesure les conséquences de ses activités.Les échanges ont notamment porté sur plusieurs références, dont la norme ISO 26000, les Objectifs de développement durable (ODD), le Pacte mondial des Nations Unies et le cadre national béninois.Une démarche simple a été mise en avant : comprendre, identifier, prioriser, agir, mesurer et rendre compte.

L’inclusion au cœur des réflexions

Autre point important : l’accès équitable aux opportunités. Pour les banques et les SFD, les discussions ont porté sur les conditions d’accès au financement, les garanties demandées, les procédures, mais aussi sur l’accompagnement proposé aux entrepreneurs. La question est simple : les services proposés sont-ils réellement accessibles à tous ? La situation des femmes entrepreneures, des jeunes et des personnes en situation de handicap a ainsi occupé une place importante dans les échanges.Les médias, de leur côté, ont été invités à réfléchir à la représentation des différentes catégories d’entrepreneurs et à la visibilité accordée aux initiatives qui méritent d’être davantage connues.

Une formation basée sur la pratique

La formation ne s’est pas limitée aux exposés théoriques. Les participants ont travaillé sur des cas pratiques et leurs propres réalités professionnelles. Les « Instants LUDIA », organisés sous forme de séquences interactives et ludiques, ont également permis de favoriser les échanges et de mieux retenir certaines notions.L’objectif était donc de repartir non seulement avec des connaissances, mais aussi avec des pistes d’action adaptées aux réalités de chaque organisation.

Dix pistes pour passer à l’action

Pour éviter que la formation ne reste au stade des bonnes intentions, dix recommandations ont été formulées.Les structures participantes sont notamment invitées à désigner un point focal RSE et inclusion, réaliser un diagnostic de leurs pratiques, faire évoluer au moins une offre ou un service, mieux prendre en compte les obstacles rencontrés par les femmes entrepreneures et intégrer les questions d’accessibilité et de handicap.Elles devront également élaborer un plan d’action RSE, intégrer progressivement des critères ESG dans leurs relations avec leurs partenaires, définir des indicateurs d’impact et assurer un suivi à trois et six mois.

Le véritable match se joue maintenant

Comme dans le sport, une formation ne garantit pas à elle seule la victoire. Le plus important reste ce qui se passe après. Pour cette initiative, le véritable défi sera donc de vérifier si les organisations participantes vont effectivement modifier leurs pratiques, leurs produits, leurs services et leurs critères de décision.La réussite ne devra pas être mesurée uniquement par le nombre de participants ou leur satisfaction à la fin de la formation. Elle devra surtout se voir dans les changements concrets observés sur le terrain.

À terme, l’ambition est de contribuer à un écosystème entrepreneurial béninois où les jeunes, les femmes et les personnes en situation de handicap disposent de meilleures chances d’accéder aux financements, aux services, à l’accompagnement et aux opportunités nécessaires pour développer leurs activités. De la sensibilisation à l’action, le chantier est désormais ouvert. Au Bénin, la RSE devra progressivement quitter le cadre des discours pour devenir un véritable levier de responsabilité, d’inclusion et de développement durable.

Firmin DANNON

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