À Nikki, la Gaani 2026 ne s’est pas résumée à une célébration traditionnelle. L’édition de cette année a marqué une nouvelle étape avec l’implication directe du gouvernement dans son organisation, aux côtés du comité local et de la cour impériale. Reçu ce lundi matin par Dr Thanguy AGOÏ dans l’émission Actu Matin, Gounou Bachirou Sariki Imorou, Premier Adjoint au Maire de Nikki, estime que cette édition avait une « saveur singulière », notamment en raison de la participation de l’État et de la forte mobilisation des populations.
L’un des changements les plus visibles concerne les travaux réalisés avant la fête. Le Palais royal, les rues et plusieurs sites ont bénéficié d’importants aménagements. Malgré des délais particulièrement serrés, les entreprises chargées des travaux ont réussi à livrer les principaux ouvrages avant le rendez-vous culturel. « Vu le temps qu’ils avaient pour réaliser les gros œuvres, ce n’était pas gagné d’avance, mais ils ont beaucoup travaillé, ils ont travaillé d’arrache-pied pour pouvoir livrer les gros œuvres », a expliqué le Premier Adjoint au Maire. Selon lui, « tout ce qui devait être visible pendant la Gaani a été très bien fait ».
Une organisation renforcée, mais des insatisfactions
L’implication de l’État a également produit des effets positifs sur le plan sécuritaire. La circulation aurait été plus fluide dans la ville et l’accès à l’arène mieux encadré. L’installation de chicanes pour séparer les chevaux des spectateurs a notamment permis de limiter les collisions, autrefois fréquentes lors des courses équestres.
« Avec l’organisation de l’entrée à l’intérieur de l’arène, il y a eu très peu d’accidents », a souligné Gounou Bachirou Sariki Imorou. Il relève notamment que les chicanes ont permis de mieux « délimiter le déplacement des uns et des autres au niveau de la piste de l’arène ».
Mais cette nouvelle organisation a aussi montré ses limites. La fermeture de l’arène une fois sa capacité atteinte a empêché plusieurs personnes d’assister directement aux manifestations. Des écrans géants ont certes permis au public resté dehors de suivre les cérémonies, mais le problème de l’accès prioritaire des acteurs traditionnels demeure.
« Il y a même des têtes couronnées qui n’ont pas pu avoir accès à l’intérieur de l’arène », a regretté le Premier Adjoint au Maire. Pour lui, « nous devons nous asseoir, réfléchir pour permettre à ceux-là même qui sont les vrais acteurs de la Gaani d’avoir prioritairement accès à l’intérieur de l’arène ».
L’État entre culture et tradition
Le Premier Adjoint au Maire assure toutefois que le gouvernement n’a pas touché aux aspects sacrés de la Gaani. « Tout ce qui est sacré a été exclusivement laissé à la bienveillance de la cour impériale de Nikki », a-t-il précisé.
L’intervention de l’État s’est, selon lui, davantage concentrée sur les volets culturel, sécuritaire et organisationnel. « Le gouvernement ne s’est pas immiscé dans les aspects cultuels de la chose, de la Gaani », a-t-il insisté.
Cette distinction est importante dans un contexte où la modernisation de la Gaani doit éviter de dénaturer son identité. L’enjeu est désormais de trouver un équilibre entre professionnalisation de l’événement et préservation de son authenticité.
Faire de Nikki une véritable destination touristique
Pour Nikki, le principal défi commence finalement après la fête. La commune veut capitaliser sur son patrimoine culturel et équestre pour attirer durablement touristes et visiteurs. Cela passe notamment par l’amélioration des routes, de l’hébergement, de la restauration et des infrastructures dédiées aux activités équestres.
« Nous avons assez de défis à relever », a déclaré Gounou Bachirou Sariki Imorou. Parmi les priorités, il cite « l’aménagement de la ville impériale », « l’asphaltage de toutes les rues, au moins des principaux axes de Nikki », mais aussi « l’hébergement et la restauration ».
La dimension équestre constitue également un chantier majeur. « Nikki est par essence une cité équestre, mais nous n’avons pas d’infrastructures pour accueillir les activités équestres », a-t-il déploré.
La Gaani de la Gnon Kpassi, prévue dans la continuité de celle du Roi, constitue déjà une autre occasion de valoriser cette richesse culturelle. Mais au-delà de ces rendez-vous annuels, Nikki dispose d’autres traditions, notamment le Donkonrou et plusieurs manifestations des Batombou.
Le véritable défi est donc clair : faire de la Gaani non pas seulement une fête annuelle, mais une porte d’entrée vers une destination culturelle et touristique permanente. C’est à cette condition que les investissements consentis pourront produire des retombées durables pour Nikki et ses populations.
Firmin DANNON









