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Ligue Nationale Scolaire : Abomey confirme la relève

La deuxième édition de la Ligue Nationale Scolaire a livré son verdict. Pendant huit jours, Abomey a été le point de convergence de la jeunesse sportive béninoise. Au-delà des résultats et des médailles, l’édition 2026 a surtout mis en évidence une génération de jeunes talents en progression et posé une question essentielle : comment transformer ces performances scolaires en véritables parcours vers le haut niveau ?

Huit jours pour mesurer les progrès

La deuxième édition de la Ligue Nationale Scolaire s’est achevée samedi 29 août 2026 au Stade omnisports de Goho, à Abomey. Lancée une semaine auparavant, la compétition a rassemblé de jeunes athlètes venus de différentes régions du Bénin autour de cinq disciplines : football, basketball, handball, volleyball et athlétisme.

La cérémonie de clôture a été présidée par le Ministre des Sports et de l’Engagement Civique, Benoît Dato, en présence notamment de la Coordonnatrice des Ministres Conseillers, du Ministre Conseiller au Tourisme et aux Sports, du Directeur général de l’Office Béninois du Sport Scolaire et Universitaire (OBSSU), du président de la Fédération Béninoise de Football et du maire d’Abomey. Mais derrière le caractère solennel de cette clôture, l’enjeu était surtout de tirer les enseignements d’une compétition conçue comme un outil d’évaluation du sport scolaire béninois.

Des chiffres qui racontent une progression

Dans son bilan, le Directeur général de l’OBSSU, Dr Victor Soumon Lawin, a relevé des avancées dans les cinq disciplines engagées. Ces progrès ne se limitent pas au nombre de rencontres disputées. Ils témoignent surtout d’une évolution de la qualité du jeu et du niveau des jeunes athlètes. En handball, une quarantaine de rencontres ont permis d’observer une organisation collective plus aboutie. La circulation du ballon, le placement et la construction des actions ont affiché des signes de progression. Dans une compétition scolaire, ces éléments sont particulièrement importants : ils montrent que les jeunes ne se contentent plus de pratiquer, mais commencent à assimiler les fondamentaux tactiques de leur discipline.

Le basketball a également offert son lot de performances. Sur les 44 matchs disputés, une jeune joueuse des Collines a notamment inscrit 58 points dans une seule rencontre. Une telle performance attire naturellement l’attention, mais elle doit surtout être considérée comme un indicateur du potentiel individuel qui existe dans les départements. Le véritable défi sera désormais d’assurer à ces jeunes un encadrement régulier afin que l’exploit ponctuel puisse devenir une progression durable.En volleyball, plus de 2 200 points ont été inscrits au cours de la compétition. Le secteur du bloc s’est particulièrement distingué. Cette statistique traduit l’intensité des échanges, mais aussi l’importance croissante accordée aux aspects techniques du jeu. Pour le sport scolaire, ce type de progression est encourageant puisqu’il permet d’identifier très tôt les qualités physiques et techniques susceptibles d’être développées.

Le football et l’athlétisme donnent aussi des signaux encourageants

Avec 48 matchs disputés, le football a constitué l’un des principaux terrains d’observation de cette édition. Le constat dressé par l’OBSSU fait état d’une meilleure conservation du ballon et d’une lecture du jeu plus mature. Cette évolution mérite d’être soulignée. Le football scolaire ne doit pas seulement produire des joueurs capables de courir, de dribbler ou de marquer. Il doit aussi apprendre aux jeunes à comprendre le jeu. La capacité à conserver le ballon, à se déplacer sans ballon et à prendre de bonnes décisions constitue précisément l’une des bases permettant ensuite de franchir les différents paliers de la formation.

L’athlétisme a, lui aussi, livré des chronos intéressants. Chez les filles, une jeune athlète du Zou a réalisé 58 secondes 7 sur 400 mètres, tandis qu’un représentant des Collines a signé 52 secondes 9 chez les garçons. Ces performances ne constituent pas à elles seules une garantie de réussite au plus haut niveau. Elles permettent cependant aux techniciens de disposer de repères pour identifier les profils prometteurs et orienter leur préparation. L’enjeu est donc désormais de ne pas perdre la trace de ces jeunes après la compétition.

Les jeunes officiels, une autre relève à construire

L’une des dimensions intéressantes de cette édition concerne également les jeunes officiels mobilisés pour arbitrer et juger les différentes rencontres.Le sport scolaire ne doit effectivement pas être pensé uniquement comme une pépinière d’athlètes. Il peut également devenir une véritable école pour les futurs arbitres, juges, entraîneurs et dirigeants.

C’est dans cette perspective que le Directeur général de l’OBSSU a salué leur contribution, estimant que « le sport scolaire doit aussi former les futurs arbitres, juges, entraîneurs et dirigeants de notre écosystème sportif ». Cette approche élargit considérablement la mission de la Ligue. Elle ne consiste plus seulement à détecter les meilleurs joueurs, mais à construire progressivement tout l’environnement humain dont le sport béninois aura besoin demain.

Benoît Dato veut installer un véritable continuum

Pour le Ministre des Sports et de l’Engagement Civique, la Ligue Nationale Scolaire doit aller bien au-delà d’une semaine de compétition. Benoît Dato l’a présentée comme « le baromètre » permettant d’évaluer le travail effectué dans les établissements et sur l’ensemble du territoire national. Cette vision donne à la compétition une fonction stratégique : mesurer les progrès, repérer les insuffisances et identifier les jeunes qui méritent un accompagnement supplémentaire.

Le ministre veut désormais franchir une nouvelle étape avec la création de championnats par catégories d’âge. L’objectif est clair : éviter qu’un jeune identifié à l’école ne disparaisse des radars sportifs une fois la compétition terminée. Son appel à construire « un véritable continuum » est donc l’un des principaux enseignements de cette édition. La détection n’a de sens que si elle est suivie d’un accompagnement. Entre l’école, les clubs, les fédérations et les sélections nationales, le parcours du jeune athlète doit devenir plus lisible.

Une compétition qui dépasse les terrains

La réussite de l’édition 2026 s’est également mesurée à la mobilisation populaire. Près de 2 500 spectateurs ont fréquenté quotidiennement les tribunes, tandis que le village culturel aurait enregistré plus de 4 200 visiteurs par jour.

La Ligue a donc dépassé le cadre strictement sportif. La présence du village culturel et les activités proposées ont permis de rapprocher sport, culture et découverte du patrimoine. Une sortie consacrée au patrimoine local et une opération de plantation d’arbres ont notamment ajouté une dimension citoyenne au séjour des jeunes.Sur les plateformes numériques et dans les médias, plus de 15 000 publications auraient généré près de 5 millions de vues et plus d’un million d’interactions. Ces chiffres montrent surtout que le sport scolaire peut devenir un puissant outil de visibilité pour les jeunes et leurs territoires.

Récompenser l’effort, mais surtout préparer l’avenir

Les performances ont également été accompagnées d’incitations financières. Chaque champion a reçu 100 000 FCFA, contre 70 000 FCFA pour les vice-champions et 50 000 FCFA pour les troisièmes.

Au-delà du montant, le signal envoyé est important : la performance scolaire mérite d’être reconnue. Toutefois, une récompense ponctuelle ne peut remplacer un véritable système de formation. Les jeunes talents ont besoin d’infrastructures, d’entraîneurs qualifiés, de compétitions régulières, d’un suivi médical et scolaire et, surtout, d’un parcours clairement défini. C’est précisément là que se situe le prochain défi de la Ligue Nationale Scolaire.

Abomey referme une édition, mais ouvre surtout un chantier

La deuxième édition s’achève donc sur un bilan encourageant. Les performances enregistrées dans les cinq disciplines, la mobilisation du public, l’implication des jeunes officiels et la visibilité médiatique montrent que le sport scolaire dispose d’un potentiel important.Mais le véritable succès de la Ligue ne se mesurera pas uniquement aux chiffres de 2026. Il se mesurera dans quelques années, lorsque certains des jeunes aperçus à Abomey auront intégré des clubs, des sélections départementales ou nationales et, pourquoi pas, atteint le haut niveau.Le prochain rendez-vous sera celui des Jeux Universitaires du Bénin. Une nouvelle étape qui devra permettre de prolonger cette dynamique et de consolider le lien entre sport scolaire, sport universitaire et sport de haut niveau. À Abomey, la Ligue Nationale Scolaire a donc joué son rôle de vitrine. La prochaine bataille sera de transformer cette vitrine en véritable filière de formation.

Firmin DANNON

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