Le Conseil des ministres veut franchir un nouveau cap dans l’inclusion des personnes en situation de handicap. À partir de la rentrée universitaire 2026-2027, des étudiants en situation de handicap inscrits dans les universités publiques pourront bénéficier d’une bourse. Une série d’autres mesures concerne également les élèves, la mobilité et l’autonomisation économique.
Une nouvelle mesure sociale se profile pour les personnes en situation de handicap au Bénin. Réuni le 2 septembre 2026, le Conseil des ministres a adopté plusieurs dispositions destinées à améliorer leurs conditions de vie et à renforcer leur participation à la vie sociale et économique. Parmi les décisions annoncées, l’octroi, dès la prochaine rentrée, d’une bourse aux universitaires en situation de handicap présentant un taux d’incapacité important et régulièrement inscrits dans une université publique.
Au-delà de l’aide financière, cette décision s’attaque à l’une des difficultés majeures rencontrées par les étudiants en situation de handicap : l’accès et le maintien dans l’enseignement supérieur. Pour le gouvernement, il ne suffit donc plus de favoriser l’accès à l’université ; il faut aussi créer les conditions permettant aux étudiants concernés de poursuivre leurs études dans de meilleures conditions. Cette orientation s’inscrit dans l’ambition affichée d’assurer une éducation de qualité pour tous et de contribuer à la construction d’un capital humain compétent et compétitif à l’horizon 2060.
5.000 élèves exonérés des frais de scolarité
L’effort ne s’arrête pas à l’université. Le gouvernement prévoit également l’exonération des frais de scolarité de 5.000 élèves en situation de handicap présentant un taux d’incapacité important dans les établissements publics de l’enseignement secondaire ordinaire.
La mesure concerne aussi les centres de promotion sociale des aveugles et les centres publics de scolarisation des enfants sourds. Un choix qui traduit une volonté d’agir à plusieurs niveaux du parcours éducatif. En intervenant dès le secondaire, l’État cherche ainsi à réduire le risque que les difficultés financières ou liées au handicap conduisent à une interruption prématurée de la scolarité.
Cette politique d’inclusion prend appui sur la loi n° 2017-06 du 29 septembre 2017 portant protection et promotion des droits des personnes handicapées. Le gouvernement entend, à travers ces nouvelles mesures, « capitaliser les acquis et renforcer l’inclusion sociale de nos concitoyens porteurs de handicap ».
1.000 personnes ciblées chaque année pour la mobilité
Autre volet important : la mobilité. Les personnes en situation de handicap démunies bénéficieront d’un accompagnement à travers la mise à disposition de différentes aides techniques et appareillages adaptés.
Fauteuils roulants, tricycles, cannes anglaises, cannes blanches, déambulateurs et autres équipements sont notamment prévus. L’objectif est d’améliorer l’autonomie fonctionnelle des bénéficiaires et, surtout, de leur permettre de participer davantage à la vie sociale.
En ciblant principalement environ 1.000 personnes chaque année parmi les plus démunies, le dispositif veut répondre à un problème très concret : pour une personne en situation de handicap, l’absence d’un équipement adapté peut devenir un obstacle quotidien à l’éducation, au travail, aux déplacements ou encore à l’accès aux services essentiels.
Le financement de l’entrepreneuriat doublé
Le gouvernement veut également agir sur l’autonomie économique. La dotation destinée au financement des initiatives entrepreneuriales portées par des personnes en situation de handicap sera doublée, passant de 200 millions à 400 millions de FCFA par an.
Cette augmentation doit permettre d’accompagner un nombre plus important de bénéficiaires dans leurs projets. L’appui pourra notamment concerner l’accès aux intrants, à la formation et aux technologies nécessaires à la création et au développement des activités.
Le choix d’augmenter cette enveloppe traduit une évolution importante dans l’approche sociale : l’accompagnement des personnes en situation de handicap ne se limite pas à l’assistance. Il s’agit également de favoriser leur capacité à entreprendre, produire des revenus et participer pleinement à l’économie nationale. La réussite de cette mesure dépendra toutefois de la capacité du dispositif à atteindre effectivement les porteurs de projets et à leur fournir un accompagnement adapté au-delà du simple financement.
Une politique d’inclusion appelée à passer à l’étape de l’exécution

À travers cet ensemble de mesures, le gouvernement affiche une approche qui combine éducation, mobilité et autonomisation économique. Des étudiants aux entrepreneurs, en passant par les élèves et les personnes ayant besoin d’aides techniques, plusieurs catégories de personnes en situation de handicap sont ainsi concernées.
L’enjeu est désormais celui de la mise en œuvre. Les ministres concernés ont été invités à accomplir les diligences nécessaires pour l’application effective des décisions. Car au-delà des annonces et des montants mobilisés, l’impact réel de cette politique se mesurera sur le terrain : combien d’étudiants recevront effectivement leur bourse ? Combien d’élèves seront exonérés ? Combien de personnes disposeront réellement d’un équipement adapté ? Et combien de projets entrepreneuriaux pourront être durablement développés ?
La réponse à ces questions permettra de mesurer la portée concrète de cette nouvelle étape de la politique d’inclusion sociale au Bénin.
Firmin DANNON








