Mission accomplie pour les Amazones du Bénin. Au terme d’une finale haletante disputée ce dimanche 6 septembre 2026 à Ouagadougou, la sélection béninoise a remporté l’IHF Trophy Senior Dames en venant à bout de la Côte d’Ivoire sur le fil, 29-28. Un succès qui vaut bien plus qu’un trophée : il offre au Bénin sa qualification pour la prochaine Coupe d’Afrique des Nations Senior Dames, prévue en décembre 2026 en Tunisie.
Le scénario de la finale résume à lui seul la détermination des Béninoises. Solides dès les premières minutes, les Amazones ont rejoint la pause avec deux longueurs d’avance, 17-15. Mais rien n’était encore joué. Face à une équipe ivoirienne capable de revenir à hauteur dans le second acte, les Béninoises ont dû puiser dans leurs ressources mentales et physiques pour conserver un précieux avantage jusqu’au coup de sifflet final. 29-28 : un petit but d’écart, mais une immense victoire pour le handball béninois.
Une finale gagnée autant dans les têtes que sur le terrain
Au-delà du résultat, cette finale met surtout en lumière la préparation tactique du Bénin. À chaud, le sélectionneur Dr Léonce Linta a expliqué que son équipe était arrivée avec une stratégie précisément préparée pour contrer la Côte d’Ivoire.
Le technicien béninois ne s’en est d’ailleurs pas remis au hasard. La veille de la finale, il affirme avoir consacré près de trois heures à analyser sur YouTube la rencontre entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso. Une préparation minutieuse qui lui a permis d’identifier les forces et les habitudes de l’adversaire.
« La Côte d’Ivoire a mis du temps pour changer de stratégie, alors que nous, nous sommes venus directement avec une stratégie toute faite », a expliqué le coach après la rencontre.
Cette lecture du jeu a notamment été déterminante lorsque les Ivoiriennes ont tenté de modifier leur dispositif offensif en utilisant sept joueuses de champ. Plutôt que de reculer, les Béninoises ont maintenu une défense haute afin de limiter l’espace laissé aux tireuses adverses. Un choix tactique risqué, mais assumé, qui a finalement contribué à faire pencher la finale du côté béninois.
Le mérite d’un groupe qui a parfaitement exécuté son plan
Pour Dr Léonce Linta, la victoire ne se résume toutefois pas aux choix effectués sur le banc. Le technicien a surtout insisté sur la capacité de ses joueuses à respecter les consignes.
Il le reconnaît lui-même : un plan de jeu, aussi bien préparé soit-il, ne peut fonctionner sans l’adhésion des joueuses. À Ouagadougou, les Amazones ont justement démontré cette discipline collective. Elles ont résisté aux différentes tentatives ivoiriennes et ont conservé leur sang-froid dans les dernières minutes, lorsque chaque possession pouvait décider du sort de la finale.
Cette capacité à rester concentrées dans les moments décisifs constitue probablement l’un des enseignements majeurs de ce tournoi. Le Bénin n’a pas seulement gagné une finale ; il a démontré qu’il pouvait gérer la pression d’un match à très fort enjeu.
De l’ACNOA à l’IHF Trophy, une équipe profondément remaniée
Le sacre de Ouagadougou prend une dimension encore plus importante lorsqu’on le compare au récent tournoi de l’ACNOA. En moins d’un mois, le visage de la sélection béninoise a considérablement changé.
Dr Léonce Linta a révélé qu’environ 60 % des joueuses présentes habituellement en sélection étaient engagées, au même moment, à la Coupe d’Afrique des clubs champions. Le Bénin avait donc dû composer avec un effectif largement différent lors du tournoi de l’ACNOA.
À Ouagadougou, la situation était tout autre. À peine cinq joueuses de l’équipe ayant participé au tournoi de l’ACNOA étaient présentes, selon le sélectionneur. Autrement dit, le groupe qui vient de décrocher la qualification pour la CAN était pratiquement une nouvelle équipe.
Cette donnée permet de mieux mesurer la performance réalisée. En quelques semaines, le staff technique a dû intégrer de nouvelles joueuses, construire de nouveaux automatismes et installer une identité collective suffisamment forte pour aller chercher un titre. La victoire apparaît donc aussi comme le résultat d’un travail d’adaptation rapide et efficace.
Une qualification qui relance les ambitions béninoises
Avec ce sacre, les Amazones valident surtout leur principal objectif : participer à la CAN Senior Dames 2026 en Tunisie. Le Bénin franchit ainsi une étape importante dans sa volonté de s’installer durablement parmi les nations compétitives du handball africain.
La qualification ne doit cependant pas être considérée comme une finalité. Elle ouvre désormais un nouveau chantier. Le niveau sera nettement plus élevé en Tunisie, face à des sélections habituées aux grandes compétitions continentales. Le Bénin devra donc profiter des prochains mois pour consolider son collectif, améliorer ses automatismes et préparer une équipe capable de rivaliser avec les meilleures.
Le titre remporté à Ouagadougou offre justement une base intéressante. Le groupe vient de gagner de la confiance, de l’expérience et surtout la conviction qu’il peut battre des adversaires de haut niveau dans les moments qui comptent.
Le handball béninois tient son nouveau rendez-vous
Cette victoire appartient aux joueuses, au staff technique et à tous ceux qui œuvrent quotidiennement au développement du handball béninois. Elle récompense également un travail de fond et confirme que le pays dispose d’un réservoir de talents capable de répondre présent lorsque les conditions sont réunies.
En décrochant ce billet pour la CAN, les Amazones ont surtout envoyé un message : le Bénin ne veut plus être un simple participant. La Tunisie constituera un défi d’une autre dimension, mais les Béninoises s’y présenteront avec un statut nouveau, celui d’une équipe championne de l’IHF Trophy et qualifiée avec la manière.
À Ouagadougou, elles ont gagné un trophée. Elles ont surtout gagné le droit de rêver plus grand.
Firmin DANNON









