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Financer du développement local : la diaspora réclame la création d’un guichet unique

Des ressortissants béninois basés en France et au Canada analysent les freins majeurs aux investissements de la diaspora. Les intervenants appellent à la création d’un guichet unique et d’un label de sécurisation des projets. Cette initiative vise à canaliser efficacement les capitaux vers des secteurs productifs du pays.

Les difficultés de suivi à distance et la gestion informelle fragilisent la confiance des investisseurs expatriés. « Le béninois de la diaspora n’a pas perdu l’envie d’investir, il a surtout perdu une partie de sa confiance », explique le gestionnaire immobilier Wilfried Kinsi. Les mésaventures liées aux achats fonciers et aux projets non concrétisés incitent certains à la prudence. Les déconvenues financières à répétition découragent les initiatives individuelles les mieux intentionnées. L’effort financier des migrants demeure pourtant extrêmement massif à l’échelle nationale. L’acheteur de marchés publics Émeraude Trophée Guedou rappelle que ces transferts atteignent 338,5 millions de dollars par an. Ces flux monétaires soutiennent principalement la consommation courante et l’aide directe aux familles. La conversion de cette manne financière en investissements productifs se heurte toutefois aux exigences de rigueur de l’environnement d’accueil.

La gestion familiale des affaires constitue le premier facteur d’échec des initiatives financières. « Confier son argent à sa famille pour des investissements pose un vrai problème de contrôle », prévient le spécialiste en communication Derrick Cakpo. La confusion entre l’entraide fraternelle et la conduite d’un projet commercial ruine de nombreux efforts. L’absence de bilans transparents et de comptabilité rigoureuse entraîne l’effondrement prématuré des entreprises créées.

Les intervenants préconisent la formalisation systématique de tous les engagements financiers. Ils recommandent d’établir des contrats juridiques clairs et de solliciter des professionnels agréés. Les proches peuvent conserver un rôle de supervision sans pour autant gérer les opérations au quotidien. Cette séparation stricte entre affectif et affaires garantit la préservation des relations familiales et des capitaux. L’environnement général des affaires connaît des avancées notables sur le plan institutionnel. La modernisation de l’administration et l’attractivité de la Zone économique spéciale de Glo-Djigbé offrent de nouvelles opportunités. Les réformes engagées par l’État améliorent la lisibilité du cadre économique pour les opérateurs privés. Ces progrès nécessitent toutefois des ajustements spécifiques pour répondre aux besoins propres de la diaspora.

Les participants suggèrent la mise en place de modules d’information ciblés et de guichets adaptés. L’instauration d’un système de suivi bancaire à distance permettra aux investisseurs de piloter leurs ressources depuis l’étranger. Une meilleure traçabilité des opérations renforcera l’engagement de la communauté expatriée dans le tissu économique national.

Donatien Fernando SOWANOU

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