Le maire de la commune de Cobly, Alphonse Yagnati, s’est exprimé sur les grands enjeux de la rentrée scolaire 2026-2027, la scolarisation des filles, la gestion des réfugiés ainsi que les récurrents conflits domaniaux et agropastoraux.
Interrogé sur le déroulement de la rentrée des classes, le maire s’est félicité d’un démarrage effectif et apaisé sur l’ensemble du territoire communal. Il a souligné qu’aucun mouvement de grève n’ayant perturbé l’année précédente, la reprise s’est faite normalement. Afin de garantir un lancement optimal, les cantines scolaires ont été opérationnelles dès le premier jour grâce au travail préalable de l’Agence nationale de l’alimentation et de la nutrition. Les tournées de suivi effectuées dans les établissements publics et privés ont confirmé une forte affluence des apprenants et le bon déroulement des cours.
Sur la question des moyens matériels et humains, l’édile de Cobly a apporté plusieurs clarifications. Bien que le déficit d’enseignants persiste, le maire a précisé qu’il n’est plus aussi criard que par le passé. Les investissements des conseils communaux successifs, notamment le renforcement des écoles situées dans les zones frontalières, ont permis d’améliorer la couverture en salles de classe. Toutefois, les intempéries subies durant la saison des pluies ont endommagé plusieurs bâtiments. Alphonse Yagnati a assuré que la réhabilitation de ces infrastructures délabrées constitue la priorité du budget primitif en cours d’élaboration. Un déficit en tables-bancs persiste. La mairie travaille activement avec ses partenaires pour équiper rapidement les écoles dans le besoin.
Autrefois à la traîne, la commune de Cobli enregistre des progrès significatifs en matière d’éducation des filles. Les effectifs au niveau secondaire approchent désormais la parité dans plusieurs classes. Cette dynamique est soutenue par l’appui d’organisations partenaires notamment Plan International Bénin, Cœur International et Solidarité Internationale ainsi que par la décision du gouvernement d’étendre la gratuité des cours pour les filles. Le maire entend profiter des prochaines séances de reddition de comptes pour sensibiliser à nouveau les parents reticents sur l’importance de maintenir leurs filles à l’école.
Confrontée aux défis sécuritaires des zones frontalières, la municipalité s’active sur deux fronts. Suite aux concertations menées sous l’égide des autorités préfectorales et gouvernementales, les sensibilisations auprès des parents d’élèves ont été renforcées afin de garantir un environnement serein pour les enfants et les enseignants. La commune accueille plus de 200 personnes déplacées enregistrées aussi bien des déplacés internes que des réfugiés venus du Burkina Faso et du Togo. Dès leur arrivée dans les ménages d’accueil, un recensement est effectué pour inscrire les enfants en âge d’aller à l’école. La mairie collabore avec l’Agence nationale de protection civile (Anpc) et des partenaires humanitaires pour la prise en charge alimentaire et matérielle de ces populations.
Commune frontalière située sur le couloir de transhumance de la Cedeao, Cobly est régulièrement confrontée à la cohabitation délicate entre agriculteurs et éleveurs. Si la suspension de la transhumance transfrontalière a modifié les dynamiques, des difficultés subsistent. La violation de l’interdiction du pâturage nocturne engendre des dégâts récurrents dans les champs, laissant les agriculteurs sans recours face à des éleveurs non identifiés. L’usage généralisé des herbicides et la quête de nouvelles terres cultivables créent des litiges fonciers entre agriculteurs eux-mêmes. Face à ces conflits, la municipalité travaille de concert avec les Forces de défense et de sécurité pour maintenir l’ordre et réguler l’accès aux ressources naturelles.
Le maire Alphonse Yagnati a invité ses administrés à aborder les réformes et les défis locaux avec sérénité et civisme, réaffirmant sa volonté de conduire la commune de Cobly vers un développement durable et harmonieux.
Donatien Fernando SOWANOU








