Six pôles, 77 communes et une nouvelle logique de développement, la réforme des pôles territoriaux veut changer la manière de penser et de conduire les projets au Bénin. Mais une précision s’impose : il ne s’agit pas d’un nouveau découpage administratif. Les communes, les maires et les préfectures conservent leurs cadres et leurs responsabilités.
L’idée est plutôt de dépasser les frontières habituelles des communes pour construire des projets à une échelle plus large. Six espaces sont retenus : Grand-Nokoué, Sud-Est, Sud-Ouest, Centre, Nord-Est et Nord-Ouest. Certains regroupent des départements entiers, tandis que d’autres associent des communes issues de départements différents. Le Grand-Nokoué couvre ainsi le Littoral et une partie de l’Atlantique et de l’Ouémé, tandis que le Sud-Ouest rassemble le Mono, le Couffo et une partie de l’Atlantique.
Derrière cette organisation, le gouvernement veut surtout mettre fin au fonctionnement en vase clos des territoires. Une commune peut avoir des ressources agricoles, une autre des infrastructures, une troisième un potentiel touristique ou industriel. En les faisant travailler ensemble, l’objectif est de créer des projets capables de dépasser les capacités d’une seule collectivité. La logique devient donc celle de la complémentarité et de la mutualisation.

La réforme introduit également les Délégués généraux de pôle. Ils ne remplacent ni les préfets ni les maires. Leur mission est davantage orientée vers la coordination du développement : suivre les projets territoriaux, identifier les blocages et assurer une remontée plus rapide des réalités du terrain vers l’exécutif. Leur présence dans les pôles doit renforcer cette proximité avec les acteurs locaux.
L’enjeu sera désormais de passer de la carte aux résultats. Réduire la pauvreté, développer le capital humain et créer davantage de richesse à la base constituent les priorités affichées. Mais la réussite de la réforme se mesurera surtout à ses effets concrets : infrastructures mieux pensées, investissements attirés, emplois créés et services réellement améliorés dans les territoires.
En clair, le Bénin ne redessine pas son administration. Il cherche à changer d’échelle pour organiser son développement.
Firmin DANNON









