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Crue de l’Ouémé : So-Ava lance un SOS pour sauver ses enfants

Face à la montée des eaux, la commune lacustre de So-Ava renforce les actions de prévention et sollicite l’appui de ses partenaires. Le maire André TODJE alerte sur les difficultés d’accès aux écoles et aux centres de santé, tout en plaidant pour des solutions durables et des barques motorisées afin de sécuriser les déplacements des élèves et des enseignants.

La montée des eaux du fleuve Ouémé ravive les inquiétudes à So-Ava. Dans cette commune lacustre du Bénin, où les déplacements dépendent largement des voies d’eau, la crue perturbe le quotidien des populations et complique l’accès à plusieurs services essentiels. Invité de l’émission Actu Matin animée par le Dr Thanguy AGOÏ, le maire André TODJE a dressé un état des lieux de la situation et lancé un appel à la vigilance, à la solidarité et à la mobilisation des partenaires.

Des alertes lancées, mais des risques toujours présents

Selon le maire, les premiers signaux d’une montée importante des eaux ont été annoncés dès le 11 août par des climatologues reçus à la mairie. Les observations sur le terrain semblent aujourd’hui confirmer ces prévisions.

Face à cette situation, l’administration communale dit suivre attentivement l’évolution des eaux, particulièrement dans les zones les plus exposées. L’objectif est de prévenir les accidents, de protéger les habitants et de limiter les pertes matérielles.

Toutefois, l’information seule ne suffit pas. Pour André TODJE, la prévention doit s’appuyer sur une mobilisation collective. « Un seul communiqué ne suffit pas. Il constitue un premier moyen d’alerte », a-t-il reconnu.

Le maire insiste ainsi sur le rôle des chefs de village et de quartier, des élus locaux et des relais communautaires. Il appelle également les parents, les conducteurs de barques et les usagers du lac à adopter des comportements prudents. Dans une commune où l’eau constitue à la fois une voie de circulation et une source de danger, la vigilance doit dépasser le cadre des simples consignes administratives.

Écoles et centres de santé sous pression

Au-delà des risques de noyade et des dégâts matériels, la crue fragilise l’accès à l’éducation, aux soins et à l’eau potable. Les déplacements deviennent plus difficiles, aussi bien pour les élèves que pour les enseignants et les agents de santé.

Le maire recommande de privilégier l’eau potable, de renforcer les mesures d’hygiène et de consulter rapidement les centres de santé en cas de symptômes. La prévention du paludisme et des maladies hydriques figure également parmi les préoccupations de la municipalité.

Mais la continuité des services essentiels exige davantage que des recommandations sanitaires. Elle suppose des moyens de transport adaptés, une organisation de proximité et un soutien aux populations les plus vulnérables.

C’est dans cette perspective qu’André TODJE souligne l’importance des relais communautaires, qui contribuent à maintenir certains services malgré les difficultés d’accès.

Des barques motorisées pour sauver l’année scolaire

L’un des appels les plus pressants du maire concerne le déplacement des enfants et des enseignants. Des images ayant circulé récemment ont montré les difficultés rencontrées par certains enseignants pour rejoindre leurs établissements.

Pour répondre à cette urgence, la mairie affirme avoir sollicité plusieurs partenaires, des entreprises et des personnes de bonne volonté. Elle souhaite notamment obtenir des barques motorisées permettant d’assurer les déplacements dans de meilleures conditions de sécurité.

« Je relance encore ce SOS afin qu’ils puissent nous venir en aide pour sauver ces vies innocentes », a déclaré André TODJE.

La municipalité a également engagé des démarches auprès de l’UNICEF, notamment pour rechercher des réponses aux difficultés rencontrées par les enfants en matière d’éducation et d’accès aux services de santé.

Cet appel met en lumière une réalité préoccupante : lorsque les voies d’accès sont submergées, le droit à l’éducation dépend aussi de la capacité des communautés à organiser des moyens de transport sûrs.

Au-delà de l’urgence, So-Ava réclame des investissements durables

Pour le maire, la gestion des crues ne peut pas reposer uniquement sur des interventions ponctuelles. La commune a besoin de projets structurants dans les domaines de l’assainissement, de la santé, de l’éducation, de l’accès à l’eau potable et de la protection des infrastructures.

André TODJE reconnaît que les ressources propres de So-Ava restent limitées. La mairie mise donc sur les partenariats techniques et financiers, les ONG, les collectivités partenaires et les plaidoyers auprès de l’État.

Il cite notamment les travaux engagés dans le cadre du projet Danvi réinventé, en évoquant le bitumage de la route concernée. Pour lui, les efforts déjà entrepris doivent se poursuivre afin de mieux adapter les infrastructures aux réalités du milieu lacustre.

Le maire appelle également à une coopération renforcée entre So-Ava, les Aguégués, Adjohoun et les autres communes de la basse vallée de l’Ouémé. Le partage des informations, l’alerte précoce et la mobilisation commune des partenaires peuvent, selon lui, améliorer la réponse face aux inondations.

Faire de la prévention une priorité permanente

À So-Ava, la crue du fleuve Ouémé rappelle chaque année la vulnérabilité des populations installées dans les zones lacustres. Si la sensibilisation reste indispensable, elle doit s’accompagner de moyens matériels, d’infrastructures adaptées et d’une coordination efficace entre les acteurs.

En attendant des solutions plus durables, André TODJE appelle ses administrés à respecter les consignes de sécurité et à éviter les comportements à risque.

« La protection des vies humaines est notre priorité absolue », a-t-il insisté.

Le défi est désormais de transformer les alertes répétées en actions durables. Pour So-Ava, il ne s’agit pas seulement de traverser la période de crue, mais de mieux préparer la commune aux prochaines montées des eaux.

Firmin DANNON

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