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Chaîne de valeur des bio-intrants : Immersion de terrain à l’Uac et Tori

Dans le cadre du programme de l’Atelier immersif régional du projet Bio-pact(Partenariat sud-sud sur les bio-intrants) qui se tient à Cotonou du 19 au 23 octobre 2026, la journée du mercredi 21 octobre a été marquée par une série de visites de terrain guidées. Les délégués et experts internationaux venus de huit pays africains ont sillonné des sites clés du département de l’Atlantique de l’Université d’Abomey-Calavi (Uac) jusqu’aux unités de production et d’application de Tori pour observer la synergie parfaite entre la recherche scientifique, la fabrique de bio-compost et le maraîchage biologique sur le terrain.

La première halte de la journée a conduit les 18 participants du Groupe 1 au cœur de l’Université d’Abomey-Calavi (Uac), plus précisément au sein de l’unité de Génétique, Biotechnologie et Sciences des Semences (GBioS). Sous la direction scientifique du Professeur Enock Atingan Dako, cette structure universitaire forme la relève agricole et expérimente l’utilisation pratique des bio-intrants sur la productivité et l’amélioration des espèces. S’exprimant au nom de l’équipe technique de GBioS, le technicien Latifou Orou a détaillé l’organisation du site expérimental : « Notre site est subdivisé en deux parties : une zone dédiée à la recherche et une autre réservée à la production et à la mise en application des cours théoriques par les étudiants. Nous y cultivons du Vernonia (Vernonia amygdalina), du tchiayo, du gombo et bien d’autres légumes maraîchers ».

Les délégués ont également visité les laboratoires de biologie moléculaire (BioMol, géré par le Dr Adjé) ainsi que la banque de germoplasme (sous la responsabilité du Dr Djokpanhoué), où sont conservées et améliorées les ressources génétiques végétales telles que l’ananas et les cultures maraîchères locales.

À Tori-Togoudo, la délégation a découvert les processus industriels et artisanaux de fabrication de composts biologiques portés par l’entreprise Agro-Eco-Service. Les visiteurs ont pu apprécier l’efficacité de deux techniques de compostage particulièrement innovantes. Le compostage par larves de mouches soldats noires (Mago-compost) : une méthode de décomposition accélérée permettant d’obtenir un compost mûr et riche en nutriments en seulement 12 jours, tout en produisant des larves destinées à l’alimentation de la volaille et à la pisciculture.

Le vermicompostage : un procédé utilisant des vers de terre sur trois mois pour enrichir la structure biologique des sols. Un délégué du Burkina Faso s’est réjoui de cette expérience concrète : « Le Bénin est très avancé dans ce domaine. Ces approches intégrées offrent un large éventail de solutions pour résoudre la question de la disponibilité et de la certification des bio-intrants dans nos pays respectifs ».

Dernière étape du parcours, la Ferme Agbokodo à Tori a illustré la phase d’utilisation finale des bio-intrants par les producteurs maraîchers. Fondée par le Dr Eugène Agbokodo, généticien et ancien chercheur à l’Iita, cette ferme agroécologique démontre la viabilité économique de la production biologique sous serre et en plein champ. Guidant les congressistes à travers les parcelles de piments, de poivrons et de maïs de contre-saison, le Dr Eugène Agbokodo a partagé la vision pragmatique de son exploitation : « Nous produisons des poivrons sous serre purement bio, que l’on peut croquer directement. Nous utilisons des fientes de volaille préparées et du compost bio. Notre objectif est de prouver qu’avec les bio-intrants et une bonne maîtrise technique, l’agriculture biologique est rentable et garantit la santé des consommateurs ».

Cette journée d’immersion sur le terrain a brillamment illustré la pertinence du projet Bio-pact financé par le Fida et piloté par l’Inrab. En reliant directement les chercheurs de l’Uac, les transformateurs de déchets de Tori-Togoudo et les exploitants de la ferme Agbokodo, le Bénin démontre qu’une chaîne de valeur fermée et durable autour des bio-intrants est non seulement possible, mais déjà opérationnelle.

Donatien Fernando SOWANOU

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