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Crues dans le Zou : deux enseignants meurent, le préfet alerte

Deux enseignants ont perdu la vie dans des accidents liés aux eaux dans le département du Zou. Le préfet Laurent ZOMAÏ évoque des situations d’imprudence, tout en reconnaissant les limites des moyens matériels disponibles face aux inondations. Les dégâts touchent également les habitations, les champs, le bétail et les établissements scolaires.

Le département du Zou est confronté à une situation préoccupante en cette période de crues et de fortes pluies. Deux enseignants ont perdu la vie, l’un à Djidja et l’autre dans la commune d’Agbangnizoun, selon les explications du préfet Laurent ZOMAÏ. Invité au téléphone par le Dr Thanguy AGOÏ, l’autorité préfectorale est revenue sur les circonstances de ces drames, les dégâts enregistrés et les dispositions prises pour protéger les populations.

Au-delà de ces deux décès, les inondations perturbent les activités agricoles et scolaires. Elles mettent également à l’épreuve les capacités d’intervention des communes et des services de secours.

Deux drames qui rappellent le danger des eaux

À Djidja, le premier accident serait survenu après une forte pluie. Selon le préfet, l’enseignant avait emprunté le passage le matin pour se rendre à l’école. À son retour, accompagné de son enfant, il aurait retrouvé le pont submergé par les eaux de ruissellement.

Il s’est alors engagé dans une zone devenue dangereuse. Le préfet a exprimé sa compassion à la famille endeuillée et appelé les populations à redoubler de prudence.

« Lorsque vous avez pris par un endroit le matin et le soir, vous voyez que l’eau est montée à un niveau donné, il faut quand même avoir un peu de prudence », a-t-il conseillé.

Le second drame s’est produit à Agbangnizoun. Laurent ZOMAÏ affirme s’être rendu sur les lieux, accompagné de la Police républicaine et des sapeurs-pompiers. Malgré cette mobilisation, la force du courant sous la surface de l’eau rendait le passage particulièrement dangereux.

Le préfet précise qu’un chantier avait entraîné la fermeture du passage et que des barrières avaient été installées pour empêcher les usagers de traverser. Il estime que la victime a voulu forcer le passage malgré les restrictions.

« C’est malheureux », a-t-il déploré, en présentant ses condoléances à la famille.

Ces deux décès soulignent un danger souvent sous-estimé : une eau qui paraît peu profonde ou un passage habituellement praticable peut devenir mortel en quelques minutes. La force du courant, les irrégularités du terrain et la profondeur réelle de l’eau ne sont pas toujours visibles.

Des milliers d’hectares de cultures et du bétail touchés

Les pertes humaines ne constituent qu’une partie du bilan dressé par le préfet. Plusieurs localités sont confrontées à des inondations de maisons, à la destruction de cultures et à la perte de bétail.

Laurent ZOMAÏ évoque des milliers d’hectares de champs emportés et de nombreuses bêtes perdues. Il signale également que des établissements scolaires sont envahis par les eaux, empêchant enseignants et élèves d’y accéder normalement.

Cette situation fait peser une double menace sur les populations : la perte des moyens de subsistance et l’interruption des activités éducatives. Pour les familles agricoles, les dégâts aux cultures peuvent compromettre les revenus et les récoltes. Pour les élèves, l’inaccessibilité des écoles risque de perturber la continuité des apprentissages.

Le préfet indique que les mairies et les services concernés réfléchissent à des mesures permettant de favoriser une reprise rapide des cours. Cependant, la réouverture des établissements dépendra notamment de l’évolution des eaux et de la sécurité des accès.

Des plans de contingence, mais des moyens limités

Face aux risques, les autorités préfectorales et communales affirment avoir mis en place des mécanismes d’alerte et des plans de contingence. La question de la sécurité a notamment été abordée lors de la tournée statutaire du préfet dans plusieurs communes.

Parmi les localités évoquées figurent Ouèssè, Zagnanado, Covè, Agbangnizoun et Zogbodomey. Les échanges ont porté sur les comportements à risque, les mesures de protection et les moyens de prévenir de nouveaux accidents.

Le préfet assure que la Police républicaine, la protection civile et les autres services compétents restent mobilisés. Il dit également intervenir lorsque des situations dangereuses lui sont signalées.

Toutefois, il reconnaît que les moyens matériels disponibles ne permettent pas toujours de répondre à l’ampleur des besoins.

« Les communes sont véritablement armées en termes d’information et tout, mais la question matérielle reste à poser », a-t-il reconnu.

Cette déclaration met en évidence les limites d’une réponse fondée principalement sur l’alerte et la sensibilisation. Pour sécuriser les passages, intervenir rapidement et soutenir les sinistrés, les collectivités ont également besoin d’équipements, de moyens de transport et de ressources opérationnelles.

Le préfet, qui indique être récemment arrivé à la tête du département, précise par ailleurs que l’étude et l’actualisation des documents de gestion des risques se poursuivent.

La solidarité entre communes mise à contribution

Dans un département traversé par plusieurs cours d’eau, la coordination entre collectivités constitue un enjeu majeur. Les conséquences des inondations dépassent les frontières administratives et nécessitent des actions concertées.

Laurent ZOMAÏ met en avant le rôle de la Communauté des communes du Zou (CCZ), qu’il présente comme un cadre dynamique de coopération. Selon lui, les communes du département s’accompagnent mutuellement pour répondre aux difficultés rencontrées par leurs populations.

Cette solidarité peut contribuer à mutualiser les moyens, à partager les informations et à faciliter les interventions. Mais son efficacité dépend aussi de la disponibilité des équipements et de la rapidité de mobilisation lorsque les eaux montent.

Transhumance : les autorités veulent clarifier les règles

L’entretien a également porté sur les conflits liés à la transhumance, notamment les dégâts attribués à certains troupeaux dans les champs. Le préfet affirme recevoir régulièrement des plaintes d’agriculteurs confrontés aux destructions de cultures.

Il rappelle toutefois la nécessité d’une cohabitation entre agriculteurs et éleveurs. Les deux activités occupent une place importante dans l’économie locale, ce qui rend indispensable une gestion équilibrée des déplacements du bétail.

Concernant les mesures prises par les autorités communales contre les éleveurs non autorisés, Laurent ZOMAÏ indique que ses services examinent les textes applicables. Il souligne que les déplacements doivent respecter les dispositions réglementaires et que les éleveurs concernés doivent disposer de documents valables.

Aucune conclusion définitive n’a été annoncée à l’issue de cet entretien sur la légalité de la décision évoquée. Le préfet précise que ses services poursuivent l’examen du dossier.

Prévenir les drames avant la prochaine montée des eaux

Les deux décès enregistrés dans le Zou rappellent l’urgence d’une prévention plus efficace pendant la période des crues. Les consignes de sécurité, les barrières de protection et les alertes doivent être respectées, particulièrement lorsque les pluies rendent les passages impraticables.

Mais la responsabilité individuelle ne saurait remplacer les investissements nécessaires à la sécurisation des infrastructures et au renforcement des moyens de secours.

Entre pertes humaines, dégâts agricoles et perturbations scolaires, le département fait face à des conséquences qui exigent une réponse coordonnée. L’enjeu est désormais de renforcer les dispositifs existants afin que les prochaines pluies ne se traduisent pas par de nouveaux drames.

Firmin DANNON

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