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Brésil : Lula et Bolsonaro au coude-à-coude avant le verdict des urnes

À deux jours du second tour de la présidentielle brésilienne, Luiz Inácio Lula da Silva et Flávio Bolsonaro ont livré, ce vendredi 23 octobre 2026, un dernier débat télévisé nettement moins agressif que leur précédente confrontation. Mais derrière les échanges plus mesurés, les deux candidats ont continué de s’affronter sur l’économie, l’insécurité et leur capacité à diriger le pays. À l’approche du scrutin du 25 octobre, chaque parole compte dans une élection qui s’annonce particulièrement serrée.

Un dernier duel sous haute tension. Vendredi soir, sur TV Globo, principale chaîne de télévision du pays, le président sortant et son adversaire d’extrême droite ont tenté de convaincre les derniers électeurs indécis. Le ton était plus policé que lors du débat du 18 octobre, marqué par des insultes et des attaques personnelles. Cette fois, les deux hommes ont davantage défendu leurs orientations politiques, sans pour autant renoncer aux piques et aux accusations. Un changement de ton qui ne signifie pas un apaisement de fond : les divergences restent profondes et l’enjeu électoral est considérable.

L’expérience contre le renouvellement. Âgé de 80 ans, Lula a cherché à mettre en doute la capacité de Flávio Bolsonaro, sénateur de 45 ans et fils de l’ancien président Jair Bolsonaro, à gouverner le Brésil. « Il ne connaît pas le Brésil », a lancé le chef de l’État, mettant en avant son expérience politique. En retour, son rival l’a présenté comme un dirigeant dépassé, incapable de répondre aux difficultés actuelles du pays. « Les idées qu’il avait autrefois, qui étaient bonnes à l’époque (…), aujourd’hui ne fonctionnent plus », a-t-il affirmé. Ce duel générationnel résume l’une des lignes de fracture de cette campagne : Lula défend son bilan et son expérience, tandis que Bolsonaro mise sur le rejet du pouvoir en place.

L’économie, terrain d’affrontement majeur. Les dépenses publiques et le pouvoir d’achat ont également occupé une place importante dans les échanges. Flávio Bolsonaro a promis de réduire les dépenses de l’État, en référence à la politique de la « tronçonneuse » défendue par le président argentin Javier Milei. Il accuse Lula de ruiner le pays et critique une politique qui, selon lui, augmente le salaire minimum tout en maintenant une forte pression fiscale. Le président sortant défend, au contraire, une approche axée sur les revenus des travailleurs et la protection sociale. Derrière cette confrontation, les électeurs doivent départager deux visions économiques : la réduction de l’intervention publique prônée par la droite et le rôle social de l’État défendu par la gauche.

Les attaques personnelles n’ont pas disparu. Le moment le plus tendu est survenu lorsque Flávio Bolsonaro a fait allusion au doigt perdu par Lula lors de son travail en usine, alors qu’il était jeune métallurgiste. Le président a vivement réagi, rappelant qu’il avait subi cet accident à 17 ans, pendant son activité professionnelle. « Il n’a jamais travaillé de sa vie », a-t-il lancé à son adversaire, après avoir dénoncé une attaque qu’il jugeait insultante. Flávio Bolsonaro a fini par présenter ses excuses, avant de contre-attaquer sur l’insécurité et les violences faites aux femmes. Cet épisode illustre les limites d’un débat qui, malgré un format plus encadré, reste marqué par les affrontements personnels.

Une élection suspendue aux derniers suffrages. Au premier tour, le 4 octobre, Flávio Bolsonaro a obtenu 47 % des voix, contre 45 % pour Lula, selon les résultats rapportés dans la campagne. Depuis, la droite espère capitaliser sur une dynamique conservatrice observée dans plusieurs pays d’Amérique latine, tandis que la gauche intensifie ses efforts sur le terrain et les réseaux sociaux pour inverser la tendance. Une enquête de l’institut Datafolha, publiée jeudi, place les deux candidats à égalité avec 50 % des intentions de vote, après une avance de quatre points attribuée à Bolsonaro une semaine plus tôt. Ces chiffres traduisent une course très disputée, même si les sondages restent des estimations et ne préjugent pas du résultat final.

Le 25 octobre, un choix qui dépasse les candidats. Au-delà des rivalités entre Lula et Flávio Bolsonaro, le scrutin met en jeu l’orientation politique et économique du Brésil, ainsi que ses priorités en matière de sécurité et de justice sociale. Le dernier débat n’a pas permis de dégager un vainqueur incontestable. Il a surtout confirmé que les deux camps restent mobilisés et que la moindre variation de participation pourrait peser lourd. Dimanche, les urnes devront départager deux projets profondément opposés dans un pays où la polarisation politique demeure forte.

Firmin DANNON

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