Des affrontements entre des chasseurs et des membres de la communauté peule ont fait sept morts dans la nuit du 23 au 24 octobre 2026 à Tapoga, dans la commune de Cobly. Le maire Alphonse Yagniti annonce des mesures d’apaisement, tandis que les enquêtes se poursuivent pour établir les causes exactes du drame.
La commune de Cobly, dans le département de l’Atacora, est confrontée à une nouvelle épreuve sécuritaire. Dans la nuit du 23 au 24 octobre 2026, des affrontements ont opposé des chasseurs à des membres de la communauté peule dans la localité de Tapoga. Le bilan communiqué par le maire, Alphonse Yagniti, fait état de sept morts dans les deux camps.
« Nous regrettons aujourd’hui la perte de sept personnes des deux côtés », a déclaré l’autorité communale au cours d’un entretien téléphonique dans l’émission Actu Matin, présentée par le Dr Thanguy Agoï sur Canal 3 Bénin.
Selon le maire, l’incident serait survenu après le franchissement d’un dispositif de contrôle de sécurité par des chasseurs qui revenaient du marché de Tapoga. Les circonstances précises de la confrontation restent toutefois à établir. La Police républicaine et l’armée ont été mobilisées pour les investigations.
Un calme encore fragile
Après les violences, les autorités locales et départementales se sont engagées dans une démarche d’apaisement. Alphonse Yagniti a salué l’implication du préfet de l’Atacora, du directeur départemental de la Police républicaine et des autres acteurs mobilisés.
La situation aurait évolué vers un calme relatif. Mais cette accalmie ne signifie pas que les tensions ont disparu. Le maire signale également la présence de personnes déplacées et indique que des dispositions sont prises avec les structures humanitaires pour assurer leur prise en charge.
Face à ce contexte, les autorités privilégient la sensibilisation des deux communautés. Elles envisagent notamment des rencontres séparées avec les chasseurs et les Peuls afin de recueillir leurs griefs et d’identifier les frustrations susceptibles d’alimenter de nouvelles violences.
Parmi les mesures annoncées figure également une démarche visant à encourager le dépôt des armes. Les déplacements des membres de la communauté peule doivent, selon le maire, être limités dans l’immédiat afin de réduire les risques de nouveaux accrochages. Ces dispositions traduisent l’urgence de protéger les populations, mais leur efficacité dépendra de leur application et de l’adhésion des personnes concernées.
Le précédent de 2018 en toile de fond
Cette nouvelle confrontation ravive le souvenir des violences communautaires enregistrées à Cobly en 2018 et en 2019. À l’époque, une réponse avait notamment consisté à créer le village de Gouri Potal, destiné à favoriser l’installation des éleveurs et à soutenir la coexistence entre communautés.
Le maire tient toutefois à distinguer les deux situations. « Il ne s’agit pas des éleveurs et des agriculteurs. Il s’agit, bien sûr, des chasseurs et des communautés peulhes », précise-t-il. Cette différence rend indispensable une analyse spécifique des causes du nouvel incident, plutôt qu’une simple reconduction des réponses précédentes.
Pour Alphonse Yagniti, les autorités doivent d’abord comprendre ce qui s’est réellement passé avant de construire une solution durable. Les enquêtes en cours devront ainsi permettre de dépasser les premières explications et d’établir les responsabilités éventuelles.
Prévenir une nouvelle escalade
Au-delà du bilan humain, le drame pose la question de la prévention des conflits locaux. La sensibilisation, le dialogue communautaire et la présence des forces de sécurité peuvent contribuer à contenir les tensions. Ils doivent cependant s’accompagner d’un mécanisme durable de règlement des différends et d’un suivi des engagements pris.
À Cobly, la priorité reste désormais d’éviter de nouvelles pertes en vies humaines, de protéger les personnes déplacées et de restaurer la confiance entre les communautés. Le calme obtenu demeure fragile. Sa consolidation exigera des actes concrets, une justice fondée sur les faits établis et une volonté commune de préserver le vivre-ensemble.
Firmin DANNON









