L’annonce des nouvelles mesures gouvernementales relatives au financement et à la gratuité des urgences vitales suscite une profonde réflexion chez les praticiens. Pour le Dr Oscar Gbeke, cette décision marque un tournant historique qui concilie enfin la pratique médicale avec ses valeurs fondamentales, tout en dressant de nouveaux défis organisationnels majeurs. À travers une analyse sans concession, le médecin décrypte les conditions sine qua non de la réussite de cette réforme, structurée autour de la logistique, du matériel prioritaire, de la régulation des flux et de la transparence.
L’accueil de cette décision par le personnel soignant est teinté d’un sentiment partagé, oscillant entre un immense soulagement éthique et une indispensable vigilance opérationnelle. Le Dr Oscar Gbeke voit cette mesure mettre fin à un dilemme cornélien trop souvent vécu dans les couloirs des hôpitaux, car les équipes ont trop souvent subi le déchirement de devoir différer des soins par simple manque de moyens financiers du patient. Mettre la vie humaine au-dessus de la solvabilité étant l’essence même du serment d’Hippocrate, le corps médical s’engage à accompagner cette volonté politique par une rigueur clinique accrue et une mobilisation totale.

Toutefois, le praticien insiste sur le fait que l’intention politique doit désormais être soutenue par une chaîne logistique infaillible, ajoutant que les éclaircissements apportés par le ministre porte-parole du gouvernement ont permis de rassurer les professionnels quant au suivi réel du cadre de travail. « Nos équipes mettront en place un système de gestion en flux tendu avec alerte automatique par exemple instaurer des inventaires tournants hebdomadaires et un seuil d’alerte critique comme à titre d’illustration 20% du stock restant pour déclencher automatiquement une demande de réapprovisionnement auprès de la centrale d’achat. L’enjeu étant de transformer chaque unité de soins en une entité autonome mais connectée au système de santé national » promet-il.
Sur le plan technique, le Dr Gbeke rappelle que si le médicament est le carburant, le matériel reste le moteur. Pour que le milliard de Fcfa alloué par l’État ait un impact maximal, les besoins prioritaires doivent se concentrer sur trois axes fondamentaux. En premier lieu, la réanimation et le monitoring nécessitant la dotation de respirateurs mobiles et de moniteurs multiparamétriques pour stabiliser les patients avant leur transfert ou leur prise en charge lourde. En second lieu, la chaîne du froid et l’autonomie énergétique doivent être garanties par des onduleurs puissants et des systèmes de secours afin d’éviter l’arrêt des machines en cas de coupure de courant ou de batterie faible. Enfin, les consommables de masse comme les kits de suture, les sets de perfusion et les dispositifs d’oxygénothérapie doivent être fournis en quantité industrielle, car ce sont les éléments les plus sollicités lors des premières minutes de l’urgence.
L’acte médical le plus délicat en situation d’afflux reste le tri, et afin d’éviter la saturation des services d’urgence, l’instauration d’un protocole de tri standardisé s’avère indispensable. Le Dr Gbeke note que le ministre a déjà instruit les instances concernées pour établir cette liste de critères, qui sera strictement appliquée par le médecin dès l’arrivée du patient. Cette catégorisation permettra de séparer distinctement les flux d’urgences vitales ressortissant du fonds des simples consultations courantes. Pour soutenir ce dispositif, le médecin appelle à une communication de proximité via les relais communautaires afin d’éduquer la population et d’expliquer clairement que la gratuité est réservée aux détresses vitales, sans quoi les services d’urgence risquent de se transformer en services de médecine générale.
Pour le Dr Oscar Gbeke, la transparence est la meilleure alliée pour pérenniser ce fonds d’urgence et garantir le renouvellement annuel de l’enveloppe budgétaire par le gouvernement. Cette gouvernance rigoureuse devra d’abord passer par une digitalisation totale à travers un système de suivi numérique des stocks et des actes, où chaque médicament utilisé sera automatiquement lié à un dossier patient anonymisé. Ensuite, la mise en place d’un comité de suivi paritaire incluant des représentants des praticiens de terrain et du Ministère permettra d’auditer mensuellement les consommations pour détecter les anomalies de gestion et ajuster les dotations.
Enfin, un audit de performance assurera une traçabilité sans faille, ce qui constituera le meilleur argument du corps médical pour prouver l’efficacité de cet investissement au gouvernement et sécuriser le budget année après année.
Donatien Fernando SOWANOU









