Membre initiateur du Festival international des racines d’Agonlin, Rodolphe Dowenon a levé le voile sur les immenses potentialités culturelles et touristiques de cette région historique du Bénin. Entre forêts sacrées, vestiges du camp d’entraînement des Amazones et délices culinaires méconnus, l’acteur culturel plaide pour une synergie d’actions urgence entre les communes de Covè, Zagnanado et Ouinhi afin de transformer ce riche héritage en un véritable levier de développement économique local.
Trop longtemps restée dans l’ombre des grands circuits touristiques nationaux, la région d’Agonlin recèle pourtant des richesses patrimoniales exceptionnelles. Historiquement connue pour avoir été la base arrière du puissant royaume de Dahomey, cette terre de la vallée du Zou offre aux visiteurs un voyage saisissant dans le temps. Dès la descente du pont sur le fleuve Zou, la forêt sacrée de Kpozounmè dresse ses arbres centenaires, gardienne de sources aux vertus spirituelles ancestrales.
Plus loin, c’est l’histoire militaire du Bénin qui murmure à Zagnanado. C’est en effet sur le site historique de Houanclon que se dressait autrefois le camp d’entraînement des mythiques Agodjiés, les Amazones du Dahomey. Si le domaine est aujourd’hui occupé par l’Église catholique, des pans de murailles et des vestiges physiques témoignent encore de ce glorieux passé militaire féminin, attendant d’être pleinement réhabilités et valorisés. De l’île mystique d’Agonvè au lac Sré à Sagon, né d’une légende hydrique et spirituelle à Ouinhi, Agonlin s’impose comme un musée à ciel ouvert.

Interrogé sur la réputation parfois mystique et crainte qui entoure la région, Rodolphe Dowénon esquisse un sourire complice. Loin de s’en offusquer, il y voit une marque de respect et de force de caractère propre aux fils d’Agonlin. Pour lui, cette crainte respectueuse doit désormais se muer en curiosité touristique. La région a enfanté de grandes figures qui font la fierté du Bénin à l’international, à l’instar du regretté Cardinal Bernardin Gantin, du basketteur de la Nba Ian Mahinmi ou encore du doyen de la presse Francis Kpatindé. C’est cette excellence et cette hospitalité que le Festival international des racines d’Agonlin s’emploie à révéler. En marge des grands rassemblements comme le festival « Mahi Houindo » qui embrasse l’ensemble de l’aire culturelle Mahi jusqu’aux Collines, l’initiative d’Agonlin se veut un zoom territorial, concentré sur les spécificités propres de sa vallée.
Le grand défi de cette valorisation reste cependant la structuration de l’offre. Saluant l’impulsion du maire de Covè, Auguste Aihunhin, qui a doté sa commune d’un Office du tourisme, Rodolphe Dowénon insiste sur la nécessité de dépasser les initiatives isolées. La proximité linguistique, historique, culturelle et géographique des trois communes d’Agonlin impose une approche intercommunale forte. Cette mutualisation des efforts est la clé pour transformer le patrimoine en richesses sonnantes et trébuchantes pour les populations locales. Lors de la première édition du festival, l’afflux de visiteurs a déjà permis aux hôteliers et aux restaurateurs de faire le plein. Les bonnes dames de la région ont également tiré leur épingle du jeu en faisant découvrir des spécialités culinaires uniques comme le Bigo, un plat traditionnel consistant à base de gari et de galette humidifié, ou encore le Kowé et le Yoyöè.

Pour la deuxième édition du festival, qui se tiendra les 28, 29 et 30 août prochains, les organisateurs mettent les petits plats dans les grands. L’objectif est de faire d’Agonlin une destination touristique majeure, portée par la jeunesse et soutenue par une vision politique intercommunale moderne.
Donatien Fernando SOWANOU









