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Médecine traditionnelle : Gabriel Salavi plaide pour une alliance avec la science

La médecine traditionnelle et la médecine moderne peuvent-elles enfin avancer main dans la main au Bénin ? Pour Gabriel Salavi, acteur de la médecine traditionnelle, la réponse est oui. Invité de l’émission Actu Matin, il s’est réjoui de l’initiative de l’Autorité de régulation du secteur de la santé (ARS), qui a réuni récemment les deux familles de praticiens afin de jeter les bases d’une collaboration durable.

Selon lui, cette rencontre marque une étape décisive dans un secteur longtemps marqué par la méfiance. L’objectif est désormais de bâtir un climat de confiance en s’appuyant sur des preuves scientifiques, la normalisation des pratiques et la sécurité des patients.

Mettre la science au service des savoirs traditionnels

Gabriel Salavi estime que l’avenir de la médecine traditionnelle passe par une meilleure documentation des connaissances et des produits issus des plantes médicinales.À ses yeux, les analyses en laboratoire, l’identification des principes actifs, le respect des procédés de fabrication et la mise en place de normes de qualité sont indispensables pour renforcer la crédibilité des traitements traditionnels.« Le problème qui nous divisait, c’était le manque de confiance », a-t-il expliqué, estimant que la science doit désormais accompagner les praticiens traditionnels afin de démontrer l’efficacité et l’innocuité de leurs produits.

Une complémentarité plutôt qu’une concurrence

Contrairement aux idées reçues, Gabriel Salavi ne voit pas d’opposition entre médecine moderne et médecine traditionnelle.Il explique qu’en pratique, un patient peut être orienté vers un laboratoire pour effectuer les examens nécessaires avant toute prise en charge. Une fois les résultats disponibles, le tradithérapeute intervient lorsque la pathologie relève de son domaine de compétence. En revanche, les cas nécessitant une intervention chirurgicale ou des soins spécialisés sont immédiatement transférés vers les structures de santé modernes.Pour lui, cette complémentarité constitue la meilleure garantie d’une prise en charge efficace et sécurisée des patients.

Le Bénin appelé à accélérer la normalisation

L’acteur de la médecine traditionnelle regrette toutefois que le Bénin ne dispose pas encore d’un véritable système national de normalisation des plantes médicinales.Il cite les exemples du Ghana et du Nigeria, où les procédures d’autorisation de mise sur le marché des produits traditionnels sont, selon lui, plus rapides grâce à des référentiels déjà établis.Il plaide ainsi pour la création de normes nationales et d’une unité de production capable d’accompagner les praticiens dans la fabrication de médicaments répondant aux exigences de qualité.

Un secteur en quête de financements

Autre défi majeur évoqué : le financement , Gabriel Salavi estime que la médecine traditionnelle mérite un accompagnement financier de l’État au même titre que d’autres secteurs stratégiques. Il considère que les plantes médicinales représentent une véritable richesse économique pour le pays et pourraient générer d’importantes recettes fiscales si leur exploitation était mieux structurée.Il assure également que les acteurs du secteur travaillent sur des programmes de préservation des espèces végétales afin de garantir une exploitation durable des ressources naturelles.

Un appel à lutter contre le charlatanisme

En conclusion, Gabriel Salavi a lancé un message de responsabilité aux populations.Il les invite à s’adresser uniquement aux praticiens reconnus et engagés dans la démarche de normalisation portée par l’ARS. Selon lui, cette réforme permettra progressivement d’assainir le secteur, de combattre le charlatanisme et d’offrir aux patients des soins traditionnels plus sûrs, mieux encadrés et reconnus.

Pour Gabriel Salavi, la médecine traditionnelle béninoise entre ainsi dans une nouvelle phase où les savoirs ancestraux et les exigences scientifiques sont appelés à se compléter au bénéfice de la santé publique.

Firmin DANNON

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