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École béninoise : les attentes de la COSI Bénin après les recommandations du CNE

Les 15 recommandations issues du conclave organisé par le Conseil National de l’Éducation (CNE) constituent une avancée pour améliorer le système éducatif béninois, mais elles ne répondent pas encore à toutes les urgences. C’est l’analyse faite par Codjo Hinlin, Secrétaire général de la Confédération des Organisations Syndicales Indépendantes du Bénin (COSI Bénin), lors d’un entretien accordé au journaliste Thanguy Agoï.

Selon le responsable syndical, cette rencontre n’a pas été une simple formalité administrative, mais un véritable cadre de réflexion ayant réuni les différents acteurs du monde éducatif autour des défis liés à la prochaine rentrée scolaire.

« C’était un cadre de réflexion qui a étudié un certain nombre de préoccupations de l’éducation nationale et a proposé des recommandations », a-t-il expliqué, tout en rappelant que le CNE joue un rôle de coordination et de régulation du système éducatif sous l’autorité de la Présidence de la République.

Des réponses aux urgences, mais encore insuffisantes

Pour Codjo Hinlin, les recommandations formulées prennent en compte plusieurs préoccupations importantes, notamment les infrastructures scolaires, les intrants pédagogiques, le personnel enseignant ainsi que la situation des apprenants.Cependant, il estime qu’elles restent partielles et que certains sujets majeurs n’ont pas été suffisamment abordés.« Il y a plein de sujets qui n’ont pas pu être pris en compte dans les recommandations », a-t-il déclaré, soulignant que certaines questions sensibles méritent pourtant d’être posées pour construire un système éducatif plus solide.

La question de la formation technique au cœur des préoccupations

Parmi les points soulevés par le Secrétaire général de la COSI Bénin figure la gouvernance de l’enseignement technique et de la formation professionnelle.Il déplore notamment la situation actuelle des lycées techniques et des centres de métiers, estimant qu’elle ne correspond pas totalement à l’esprit de la loi portant orientation de l’éducation nationale.Selon lui, les lycées techniques devraient être pleinement intégrés dans la logique de l’enseignement secondaire, tandis que les centres de métiers nécessitent également une meilleure cohérence institutionnelle.Pour le syndicaliste, cette question est essentielle, car la formation technique doit permettre aux jeunes d’intégrer rapidement le marché du travail, mais aussi leur offrir la possibilité de poursuivre leurs études jusqu’à l’enseignement supérieur.« Ceux qui sont formés à la pratique dès le bas âge doivent aussi avoir la possibilité de progresser et de devenir des ingénieurs ou des enseignants d’université », a-t-il insisté.

Les AME et les nouveaux métiers, autres défis à régler

Autre préoccupation évoquée : la situation des Aspirants au Métier d’Enseignant (AME). Codjo Hinlin estime que la réglementation sur leur quota horaire doit être clarifiée et mieux appliquée.Il appelle également à une réflexion plus large sur les nouveaux métiers introduits dans les lycées techniques. Pour lui, ces formations ne doivent pas enfermer les jeunes dans des parcours limités, mais plutôt ouvrir des passerelles vers l’université et la recherche.

Une meilleure inclusion des apprenants à besoins spécifiques

Le responsable syndical s’est en revanche réjoui de l’attention accordée aux apprenants à besoins spécifiques dans les recommandations du CNE.Pour lui, l’école béninoise doit davantage prendre en compte les réalités des personnes vivant avec des handicaps, notamment les sourds-muets et les malvoyants.« Il ne faut pas forcément aligner tous les citoyens de la même manière. Certains, placés dans des conditions spécifiques, peuvent produire des résultats formidables », a-t-il soutenu.Il invite donc les autorités à adapter davantage les infrastructures et les dispositifs pédagogiques afin de permettre à tous les enfants d’accéder à une éducation de qualité.

La visite médicale des étudiants : une mesure jugée utile

Concernant la recommandation relative à la visite médicale des étudiants des universités publiques et privées, Codjo Hinlin estime qu’il s’agit d’une initiative pertinente.Il rappelle que cette pratique existait déjà par le passé et permettait de détecter certaines pathologies ou affections avant l’intégration des étudiants dans les établissements.Toutefois, il insiste sur la nécessité de bien définir les modalités de mise en œuvre, notamment sur la question du coût et de l’organisation pratique.

« Il faut éviter que les recommandations restent dans les tiroirs »

Au terme de son analyse, le Secrétaire général de la COSI Bénin estime que le Bénin est engagé sur une bonne voie, mais que le travail doit se poursuivre.Pour lui, la réussite dépendra surtout du suivi et de l’évaluation régulière des recommandations adoptées.« Il faut veiller à ce que ces recommandations ne restent pas de simples vœux pieux déposés dans les tiroirs des ministères », a-t-il averti.

Codjo Hinlin appelle ainsi les autorités à poursuivre le dialogue avec les acteurs du terrain afin de bâtir une école béninoise plus performante, inclusive et adaptée aux besoins du développement national.

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