Le football béninois s’apprête à tourner une page. Après huit années à la tête de la Fédération béninoise de football (FBF), Mathurin de Chacus va céder sa place à une nouvelle équipe dirigeante. Une transition qui intervient au terme d’une mandature marquée à la fois par des avancées, des performances historiques et des défis encore loin d’être réglés.
De 2018 à 2026, le football béninois a connu de profondes transformations. Les compétitions nationales ont gagné en régularité, les sélections ont multiplié les rendez-vous internationaux et le football féminin a franchi des étapes importantes. Mais au moment de passer le témoin, plusieurs chantiers restent ouverts.
Un championnat plus régulier
À son arrivée à la tête de la FBF, Mathurin de Chacus prend les commandes d’un football confronté à plusieurs difficultés. L’organisation des compétitions manque de stabilité, les clubs évoluent dans un environnement économique fragile et les sélections nationales peinent à maintenir une dynamique constante.Au fil des saisons, la Fédération met davantage l’accent sur la régularité des compétitions. Le championnat national s’installe progressivement dans un calendrier plus stable, permettant aux clubs et aux joueurs de bénéficier d’une meilleure continuité.La professionnalisation progressive du football national, le développement des compétitions de jeunes et l’accompagnement des structures déconcentrées figurent également parmi les chantiers engagés durant cette période.
Des résultats qui ont marqué les esprits
Sur le terrain, plusieurs performances ont contribué à changer le regard porté sur le football béninois.Chez les clubs, ESAE FC a écrit une page importante en devenant le premier représentant béninois à atteindre la phase de groupes de la Coupe de la Confédération de la CAF. Une performance qui reste une référence dans l’histoire récente des clubs béninois sur la scène continentale.Avec les Guépards, le Bénin a également connu des parcours qui ont renforcé sa crédibilité en Afrique. Les différentes participations à la Coupe d’Afrique des Nations ont permis à la sélection nationale de franchir plusieurs paliers et de s’installer davantage dans le paysage continental.La formation n’a pas été oubliée. Les Guépards U20 ont notamment retrouvé la CAN de leur catégorie et atteint les quarts de finale, signe que le travail effectué à la base commence à produire des résultats.
Les Amazones, symbole d’une progression historique
Le football féminin constitue sans doute l’un des faits marquants de cette période.Les Amazones U20 ont décroché une qualification historique pour la Coupe du monde féminine U20, prévue en Pologne en 2026. Une performance majeure pour le Bénin, portée notamment par Romaine Gandonou, meilleure buteuse des éliminatoires africains.Quelques années auparavant, les Amazones U17 avaient déjà marqué les esprits en décrochant la médaille de bronze lors de la première édition du tournoi UFOA B de leur catégorie en 2024.Ces résultats témoignent de la progression du football féminin béninois, longtemps considéré comme secondaire dans l’écosystème national. Désormais, les sélections féminines occupent une place plus importante dans les ambitions de la Fédération.
Le football scolaire comme nouvelle porte d’entrée
Autre évolution notable : la montée en puissance du football scolaire.Le Bénin a multiplié les participations aux compétitions africaines dédiées aux jeunes scolaires. Cette politique offre une nouvelle voie de détection et permet d’identifier plus tôt les talents susceptibles d’alimenter les sélections nationales.La troisième place obtenue cette année à Harare constitue une nouvelle récompense pour cette stratégie. Au-delà de la médaille, le résultat confirme l’importance croissante accordée à la formation et à la détection.
Des progrès, mais encore beaucoup à faire
Le bilan de ces huit années ne peut toutefois pas être uniquement dressé à travers les performances sportives.La Fédération a également engagé des réformes pour améliorer son fonctionnement et moderniser l’organisation du football béninois. Mais plusieurs difficultés persistent.Le manque d’infrastructures adaptées reste un problème majeur. Les clubs continuent de faire face à des contraintes financières et le championnat national doit encore gagner en compétitivité, en visibilité et en attractivité.Autrement dit, les fondations ont été renforcées, mais l’édifice reste à consolider.

Bocové face au défi de la continuité
Avec l’arrivée annoncée du prochain Comité exécutif, présidé par Marcellin Bocové, une nouvelle étape s’ouvre pour la FBF.La mission de la future équipe ne sera pas de repartir de zéro. Elle devra plutôt préserver les acquis, corriger les insuffisances et accélérer les réformes.Le défi sera notamment de rendre le championnat encore plus compétitif, d’améliorer les conditions de travail des clubs et des joueurs, de poursuivre le développement du football féminin et de renforcer la formation des jeunes.Huit ans après l’arrivée de Mathurin de Chacus, une chose est certaine : le football béninois de 2026 n’est plus celui de 2018. Les compétitions sont plus régulières, les sélections sont davantage présentes sur la scène africaine et de nouvelles générations commencent à émerger.Le véritable enjeu pour la nouvelle gouvernance sera désormais de transformer ces avancées en résultats durables. L’histoire de l’ère De Chacus s’achève. Celle du prochain cycle ne demande plus qu’à s’écrire.
Firmin DANNON








