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Romuald Wadagni : 100 jours, déjà des actes

Cent jours après son arrivée au pouvoir, Romuald Wadagni veut installer une nouvelle dynamique. De la santé à l’éducation, de l’agriculture à la justice, en passant par les marchés et la gestion publique, les premières décisions de son gouvernement donnent déjà quelques indications sur les priorités du nouveau septennat.

Investi le 24 mai 2026, le nouveau président avait promis de faire en sorte que la puissance publique produise des effets visibles dans le quotidien des Béninois. Les premières semaines ont surtout été consacrées à l’installation de l’équipe gouvernementale et à la définition d’une méthode fondée sur l’exemplarité, la sobriété, l’intégrité et la solidarité. Puis, à partir de juin, les annonces se sont multipliées et certaines ont commencé à se traduire concrètement.

Du budget aux mesures sociales

Première traduction de cette nouvelle orientation : la révision du budget 2026. Le projet de loi de finances rectificative transmis à l’Assemblée nationale porte l’enveloppe budgétaire à plus de 4 148 milliards de FCFA, contre 3 783,984 milliards initialement prévus. Cette hausse traduit la volonté d’accorder davantage de moyens aux nouvelles priorités de l’exécutif.

L’éducation occupe une place particulière. Dès la rentrée 2026-2027, la scolarité devient gratuite pour les filles de l’enseignement secondaire général et technique public. Une mesure qui dépasse la seule question des frais scolaires : elle vise à limiter les abandons, favoriser le maintien des filles à l’école et, à terme, renforcer leur autonomie.

Dans la santé, le gouvernement met l’accent sur l’accès aux soins essentiels. Un milliard de FCFA est destiné aux urgences vitales, tandis que des investissements sont annoncés pour renforcer les équipements des établissements sanitaires. À cela s’ajoute une enveloppe de 10 milliards de FCFA pour l’eau et l’électricité dans les centres de santé publics. L’objectif est simple : améliorer les conditions de prise en charge là où l’absence de services de base peut directement compromettre la qualité des soins.

Producteurs et petits commerçants ciblés

L’agriculture figure également parmi les secteurs prioritaires. Des mécanismes de primes sont prévus pour encourager la production et la transformation locales dans le coton, l’anacarde, le soja et le riz. La logique est désormais de mieux relier production agricole et capacités industrielles nationales.

Du côté des commerçants, la baisse annoncée de 15 à 30 % des redevances dans plusieurs marchés constitue une mesure directement perceptible. Elle vise à réduire les charges des petits opérateurs économiques et à soutenir leur activité dans un contexte où le coût de fonctionnement reste une préoccupation majeure.

Justice, culture et territoires

Le gouvernement a également engagé des mesures dans la gestion administrative et judiciaire, notamment avec la digitalisation et l’harmonisation de certains actes, afin d’améliorer la transparence et la traçabilité.

Sur le plan culturel, la mise en valeur du patrimoine s’est renforcée avec le Festival des Masques de Porto-Novo et la première Cérémonie nationale du Mérite et de la Mémoire. À Nikki, la prise en charge de la Gaani par l’État traduit, elle, une volonté de faire du patrimoine un outil de développement territorial et touristique.

La grâce présidentielle accordée à 369 détenus à l’occasion du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance constitue enfin l’un des gestes symboliques de ces premiers mois, en plaçant la clémence et la seconde chance au cœur de l’action présidentielle.

Des annonces au verdict des résultats

Après ces premières semaines, le bilan ne peut évidemment pas encore être définitif. Les mesures sont nombreuses, mais leur véritable portée se mesurera dans leur application et surtout dans leurs effets sur les populations.

Le défi du septennat est désormais là : transformer les décisions en résultats durables. Emploi des jeunes, pouvoir d’achat, accès aux services essentiels, revenus des producteurs et réduction des inégalités territoriales seront les principaux indicateurs permettant de juger si les promesses de l’investiture se sont véritablement transformées en changements dans la vie quotidienne.

Firmin DANNON

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