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Coupe du Monde Féminine U20 : les Amazones du Bénin veulent bousculer la hiérarchie

Pour sa toute première participation à une Coupe du monde féminine U20, le Bénin ne veut pas se contenter de découvrir. Les Amazones arrivent en Pologne avec un collectif bien rodé, une attaque prometteuse et plusieurs individualités capables de faire basculer une rencontre. Mais face au Mexique, à l’Argentine et à la Pologne, elles devront surtout apprendre à ne rien laisser au hasard.

Le grand jour approche. Ce samedi 5 septembre 2026, les Amazones U20 du Bénin vont écrire une nouvelle page de l’histoire du football féminin national. Pour leur première apparition à une Coupe du monde de la catégorie, les Béninoises affrontent le Mexique à 17 heures, avec la volonté de transformer une longue préparation en résultats concrets.

Pendant près d’un an, le groupe dirigé par Abdoulaye Ouzérou a travaillé pour construire une équipe capable de rivaliser à ce niveau. Les différents stages ont permis aux joueuses de mieux se connaître, de renforcer les automatismes et surtout de construire une identité collective. Cette continuité constitue un avantage important pour une équipe qui découvre pourtant la scène mondiale.

Un collectif qui constitue la première arme

Le Bénin ne repose pas uniquement sur une ou deux individualités. C’est probablement l’un des principaux enseignements de la préparation. Plusieurs joueuses se connaissent depuis les catégories inférieures et ont grandi ensemble dans les sélections nationales. Cette expérience commune facilite les déplacements, les combinaisons et la compréhension des situations de jeu.Dans une compétition où la pression peut rapidement prendre le dessus, cette cohésion pourrait peser lourd. Une équipe qui se connaît bien est généralement mieux armée pour réagir lorsqu’elle traverse une période difficile. Et le Bénin risque d’en connaître face à des adversaires habitués aux grandes compétitions internationales.

Gandonou, le danger numéro un

Parmi les principales satisfactions offensives figure naturellement Romaine Gandonou. Meilleure buteuse des éliminatoires, l’attaquante a confirmé son efficacité pendant la préparation. Son doublé contre la France U20, puis celui inscrit face au Paris FC, illustrent sa capacité à exploiter les occasions.Mais l’enjeu sera précisément de ne pas rendre l’équipe dépendante de sa seule efficacité. Les adversaires auront certainement identifié son profil et chercheront à limiter son influence. Le Bénin devra donc multiplier les solutions offensives, notamment grâce à la vitesse de ses joueuses et aux projections venues du milieu.

Hermione Lokossou et Yasminath Djibril, deux profils complémentaires

Dans l’entrejeu, Hermione Lokossou et Yasminath Djibril apportent deux qualités différentes mais complémentaires. La première se distingue par son activité, son engagement et sa capacité à aller au combat. La seconde apporte davantage de maîtrise technique, de vision et de capacité à orienter le jeu.

Cette complémentarité est essentielle. Une équipe offensive ne peut véritablement fonctionner que si elle dispose de joueuses capables de récupérer le ballon, de le conserver et de le transmettre rapidement vers les attaquantes. Le travail du milieu sera donc déterminant pour permettre au Bénin d’exploiter sa vitesse devant.

La défense devra monter d’un cran

C’est probablement le principal point de vigilance. Si le secteur offensif a montré de belles garanties, la défense devra afficher davantage de constance et de concentration.

Au niveau mondial, les erreurs se paient souvent immédiatement. Une perte de balle mal négociée, un mauvais placement ou quelques secondes de déconcentration peuvent suffire à offrir une occasion nette à l’adversaire. Face au Mexique, à l’Argentine ou à la Pologne, le Bénin ne pourra donc pas se permettre les mêmes relâchements. L’objectif ne sera pas forcément de défendre bas pendant 90 minutes, mais de rester compact lorsque l’équipe perd le ballon et de savoir gérer les temps faibles. C’est dans ces moments que se mesurera réellement la maturité de cette jeune sélection.

Un groupe relevé pour une première mondiale

Le tirage n’a pas épargné les Béninoises. Le Mexique, l’Argentine et la Pologne constituent trois adversaires aux profils différents, mais tous représentent un défi majeur pour une équipe qui découvre le Mondial. Le premier rendez-vous face au Mexique donnera déjà une indication sur le niveau réel des Amazones. L’enjeu sera de ne pas être impressionnées par l’événement et de jouer avec leurs qualités habituelles. La vitesse offensive, la solidarité et la capacité à se projeter rapidement peuvent permettre au Bénin de poser des problèmes à son adversaire.

Le Bénin veut apprendre, mais surtout exister

Cette Coupe du monde est une première expérience, mais le discours du staff ne ressemble pas à celui d’une équipe venue simplement faire du tourisme. L’ambition est de rester compétitif et de se donner une chance de franchir le premier tour.

Pour y parvenir, les Amazones devront réunir leurs deux visages : celui d’une équipe offensive, capable de marquer et de faire mal en transition, et celui d’un collectif discipliné, capable de fermer les espaces et de gérer les moments difficiles.La Pologne sera donc à la fois un examen et une opportunité. Pour Romaine Gandonou, Hermione Lokossou, Yasminath Djibril, Germaine Honfo et leurs coéquipières, l’objectif est clair : montrer que le football féminin béninois peut désormais s’inviter sur la scène mondiale.

Le Mexique sera le premier juge. Et samedi, les Amazones auront 90 minutes pour démontrer qu’elles ne sont pas venues uniquement apprendre, mais aussi pour défendre leurs chances.

Firmin DANNON

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