Tenue du 25 au 27 août 2026 à Djougou, la Gaani 2026 s’est ouverte dans une ambiance de fête, de tradition et de communion. À travers l’allocution prononcée au nom de Sa Majesté Kpètoni Koda VI, roi de Djougou, le comité d’organisation a rappelé les origines et la portée de cette célébration tout en attirant l’attention sur la nécessité de mieux préserver les sites historiques de la cité des Kpètoni.
Djougou est à l’honneur à l’occasion de la Gaani 2026. La célébration, qui réunit autorités, dignitaires de la cour royale, populations et invités venus de différents horizons, met une nouvelle fois en lumière la richesse culturelle et historique de la cité des Kpètoni.

À l’ouverture des festivités, Fousseni Tanko, intervenant au nom de Sa Majesté Kpètoni Koda VI, de la cour royale et du comité d’organisation, a souhaité la bienvenue aux différentes personnalités présentes. Son intervention a essentiellement porté sur l’histoire de Djougou, les origines de la Gaani, mais aussi sur les valeurs que cette célébration entend continuer de transmettre.
Une ville construite sur la diversité
Dans son allocution, Fousseni Tanko a d’abord présenté Djougou comme une ville d’histoire et de diversité. Diversité socioculturelle, confessionnelle et communautaire : la cité apparaît comme un espace de brassage où plusieurs composantes de la population ont appris à vivre ensemble.
Cette réalité constitue, selon le comité d’organisation, l’une des forces de Djougou. Les différentes communautés ont, au fil du temps, participé à la construction économique et sociale de la région, notamment à travers l’agriculture, l’élevage, le commerce et le transport.
Pour les organisateurs, la Gaani constitue justement l’un des moments privilégiés où cette diversité se transforme en une expression collective. La fête permet aux différentes communautés de se retrouver autour d’un patrimoine partagé, sans que les différences religieuses ou culturelles ne constituent un obstacle au vivre-ensemble.
De la fête du Mawloud à la Gaani
L’histoire de la Gaani a occupé une place importante dans l’allocution. Selon le récit présenté lors de la cérémonie, les échanges commerciaux ayant traversé la région de Djougou ont favorisé très tôt la présence de communautés musulmanes.
La célébration du Mawloud aurait progressivement pris une dimension particulière à Djougou, notamment après son appropriation par les souverains de la cité. Les rois auraient alors associé les différentes composantes de la population à la fête à travers leurs danses.

C’est dans cette évolution que le comité d’organisation situe l’origine de l’appellation Gaani, devenue au fil des générations un rendez-vous majeur de la vie culturelle de Djougou.
Cette dimension historique donne à la manifestation une portée particulière. La Gaani n’est pas seulement un calendrier festif : elle constitue également un moyen de raconter l’histoire de la cité et de maintenir le lien entre les générations.
Les danses et les chevaux au cœur des festivités
La célébration s’appuie également sur un important patrimoine immatériel. Les danses traditionnelles occupent une place centrale dans les manifestations et permettent aux différentes communautés de présenter leurs expressions culturelles.
Les chevaux, eux aussi, constituent un élément emblématique des festivités. L’allocution a ainsi annoncé les démonstrations équestres prévues dans le cadre de la célébration.
À travers ces différentes expressions, la Gaani donne à voir une culture qui se transmet non seulement par les récits, mais aussi par les gestes, les costumes, les danses et les pratiques cérémonielles.
Une célébration placée sous le signe de la cohésion
Au-delà du folklore, le comité d’organisation a insisté sur la portée sociale de la Gaani. La célébration est présentée comme une expression vivante d’une communauté de destin.
Cette vision repose sur l’idée que les habitants de Djougou, malgré leurs différences d’origine ou de confession, partagent une même histoire et une même terre. La Gaani devient ainsi un moment de rassemblement autour de valeurs telles que la paix, la fraternité, la tolérance, le partage et la cohésion sociale.
Pour les organisateurs, honorer les ancêtres revient donc également à préserver les valeurs qu’ils ont transmises et à les adapter aux réalités du présent.

Le comité d’organisation interpelle l’État
L’un des temps forts du discours a concerné la préservation du patrimoine historique de Djougou.
Le comité d’organisation a exprimé le souhait de voir l’État accorder une attention particulière à la valorisation culturelle de Djougou. La demande porte notamment sur certains sites et espaces historiques dont l’état de dégradation est jugé préoccupant.
La place de la Gaani et le palais royal, présenté lors de l’allocution comme vieux de plus de 600 ans, ont notamment été évoqués.
Pour les organisateurs, la promotion de la culture ne peut être dissociée de la protection des lieux qui en portent la mémoire. Restaurer et entretenir ces espaces permettrait non seulement de préserver l’histoire, mais également de renforcer l’attractivité touristique et culturelle de Djougou.
Des vœux adressés au président de la République

Au cours de son intervention, Fousseni Tanko a également transmis, au nom de Sa Majesté Kpètoni Koda VI, des vœux de santé et de réussite au président de la République, Romuald Wadagni, pour l’exercice de son mandat.
Ce message s’inscrit dans une volonté de dialogue entre la royauté traditionnelle et les institutions de la République, notamment autour des questions liées à la culture, au patrimoine et au développement local.
Une fête, mais surtout une mémoire à transmettre
La Gaani 2026 se présente ainsi comme un rendez-vous à plusieurs dimensions. Elle est à la fois une célébration populaire, une vitrine de la diversité culturelle de Djougou, un moment de retrouvailles et un espace de transmission de la mémoire.
Mais le message porté lors de l’ouverture rappelle également que la survie d’un patrimoine ne dépend pas uniquement de sa célébration annuelle. Elle exige la protection des sites historiques, la transmission des savoirs et l’implication des nouvelles générations.
À Djougou, la Gaani 2026 entend donc célébrer le passé tout en posant une question tournée vers l’avenir : comment faire de cet héritage culturel un patrimoine durable, capable de continuer à rassembler et à rayonner au-delà des frontières de la commune ?
Firmin DANNON









