Pour sa première visite au Bénin, le coach burkinabè en développement personnel Simon Ouédraogo entend transmettre à la jeunesse un message centré sur l’auto-éducation, la maîtrise de soi, la spiritualité et l’entrepreneuriat. Reçu par le journaliste Dr Thanguy AGOÏ, il a expliqué sa vision d’un développement personnel appliqué à la métaphysique et appelé les jeunes à sortir des limites de l’éducation classique.
À peine arrivé à Cotonou, Simon Ouédraogo dit avoir été marqué par l’accueil qui lui a été réservé. Le coach burkinabè, connu sur les réseaux sociaux pour ses interventions sur le développement personnel, a notamment salué la mobilisation de la jeunesse à son arrivée à l’aéroport. Une première impression qui a rapidement renforcé son intérêt pour le Bénin, pays dont il dit avoir beaucoup étudié l’histoire.
« Je salue toute sa jeunesse et ses autorités », a-t-il déclaré, avant d’évoquer sa visite à la place de l’Amazone. Mais derrière ce séjour se trouve surtout une ambition : rencontrer les jeunes Béninois et leur transmettre une autre manière de penser leur parcours personnel et professionnel.
Travailler l’invisible pour améliorer le visible
Au cœur de la démarche de Simon Ouédraogo se trouve la métaphysique appliquée au développement personnel. Une approche qui consiste, selon lui, à ne pas se limiter à ce qui est immédiatement visible chez l’être humain.
Pour illustrer sa pensée, le coach utilise l’image de l’eau. Une eau simple et pure permet de voir à travers, tandis qu’une eau chargée d’impuretés devient opaque. Pour lui, l’être humain doit suivre le même chemin : se purifier intérieurement, travailler son esprit et rechercher une forme de perfection.
« L’être humain doit se transcender, se purifier, se travailler pour tendre vers la perfection, voire la pureté », explique-t-il.
Son raisonnement repose sur une idée centrale : ce qui se passe à l’intérieur finit par se manifester à l’extérieur. Il prend l’exemple d’un arbre dont les feuilles témoignent de l’état des racines. « Il faut que l’invisible se porte très bien afin que le visible se porte bien », soutient-il.
Cette conception constitue le fondement de son choix de la métaphysique : travailler sur ce qui ne se voit pas pour améliorer ce qui est visible dans la vie quotidienne.
Désacraliser une matière longtemps réservée à quelques initiés
Simon Ouédraogo reconnaît que la métaphysique est souvent perçue comme une matière mystérieuse, voire inaccessible. Selon lui, certaines connaissances ont longtemps circulé dans des cercles restreints.
Il estime cependant que la connaissance ne devrait pas rester enfermée dans une logique d’élite. Son choix de partager certaines notions découle aussi de son propre parcours.
« J’ai un devoir de mémoire pour moi de partager ne serait-ce que quelques informations pour initier les gens à aller vers la recherche », explique-t-il.
Pour lui, la diffusion du savoir constitue une condition pour permettre au plus grand nombre d’évoluer. Sans cette transmission, les incompréhensions et les préjugés risquent de s’installer durablement.
Métaphysique et entrepreneuriat : le lien selon Ouédraogo
Le coach établit également un lien direct entre spiritualité et entrepreneuriat. Il considère que la réussite professionnelle ne doit pas être dissociée du travail intérieur.
Sa conception de la « haute spiritualité » ne se limite pas à la pratique religieuse traditionnelle. Il évoque plutôt les lois cosmiques et hermétiques ainsi que la recherche d’une connexion avec l’univers.
Il précise que les symboles religieux et culturels — Bible, Coran ou vodou — peuvent, selon lui, être considérés comme des « canaux » permettant à chacun d’avancer vers cette connexion.
Cette vision est toutefois présentée comme une conviction personnelle du coach et non comme une démonstration scientifique. Elle constitue le socle philosophique à partir duquel il entend encourager les entrepreneurs à travailler autant leur état d’esprit que leurs compétences.
L’auto-éducation comme « école de l’imagination »
Autre pilier de son discours : l’auto-éducation. Pour Simon Ouédraogo, l’école classique ne peut pas à elle seule fournir toutes les connaissances nécessaires à la construction d’une vie professionnelle et personnelle réussie.
Il encourage donc les jeunes à devenir eux-mêmes acteurs de leur apprentissage. Lecture, recherche personnelle, formations et fréquentation de personnes expérimentées doivent compléter l’enseignement reçu dans les structures traditionnelles.
Le coach révèle avoir lui-même poursuivi un objectif particulièrement ambitieux : « Je me suis fixé un objectif de lire 1 000 livres avant l’âge de 30 ans ».
Cette expérience l’a convaincu que certains enseignements ne se trouvent pas nécessairement dans les programmes scolaires classiques. Il définit ainsi l’auto-éducation comme « l’école de l’imagination ».
Pour illustrer cette idée, il s’appuie sur une citation attribuée à Albert Einstein : « La logique vous conduit d’un point A à un point B, mais l’imagination te conduit partout ».
L’enjeu, selon lui, est donc de sortir du parcours prévisible pour développer la capacité à imaginer, créer et entreprendre.
Mais l’auto-éducation exige aussi de la sagesse
Simon Ouédraogo met toutefois en garde contre une interprétation trop simpliste de l’auto-éducation. Apprendre davantage ne signifie pas nécessairement être capable d’utiliser correctement tout ce que l’on découvre.
Il estime que certaines connaissances doivent être accompagnées de maturité et de maîtrise de soi. « Il faut mixer la sagesse, le contrôle exagéré de soi, la maîtrise de soi », insiste-t-il.
Son message est particulièrement clair lorsqu’il évoque le rôle du guide. L’auto-éducation ne signifie pas apprendre seul sans orientation. Selon lui, les ouvrages et les formations doivent être adaptés au niveau et à la maturité de celui qui les reçoit.
Il conseille notamment aux jeunes de construire une véritable bibliothèque dans leur domaine. Pour un futur journaliste, par exemple, il recommande de lire largement sur les grands journalistes et sur les pratiques professionnelles du métier.
« Aujourd’hui ça ne va pas, mais dans deux ans… »
Pour Simon Ouédraogo, l’auto-éducation doit surtout permettre de rompre avec les prédictions trop linéaires sur l’avenir.
Il prend l’exemple d’une personne dont le parcours financier pourrait être calculé à l’avance à partir d’un salaire fixe. Dans cette logique, le futur devient prévisible. L’imagination, au contraire, ouvre des possibilités nouvelles.
« On sait qu’aujourd’hui ça ne va pas, mais dans 2 ans tu peux être sur des grands plateaux télé », lance-t-il.
Cette formule résume son message à la jeunesse : la situation actuelle ne doit pas nécessairement déterminer le résultat final. La formation continue, l’imagination et la capacité à créer peuvent, selon lui, modifier profondément une trajectoire.
Un rendez-vous avec la jeunesse béninoise
Cette première visite au Bénin doit culminer avec une rencontre annoncée avec la jeunesse au Palais des Congrès de Cotonou, le 13 septembre. Simon Ouédraogo explique avoir souhaité que l’événement se déroule dans un cadre prestigieux, en raison du respect particulier qu’il dit porter au Bénin.
Il évoque notamment son intérêt pour l’histoire du pays et cite le roi Béhanzin, dont il dit admirer la confiance en soi et la non-aliénation.
La rencontre doit débuter à 9 heures et porter notamment sur les capacités individuelles, la connexion au divin et à l’univers, l’entrepreneuriat et la recherche d’une utilité sociale.
« Je vais les enseigner étape par étape comment se connecter au divin et à l’univers dans son ensemble, et créer son business surtout, et être utile à sa société, voire à l’humanité », annonce-t-il.
Une session VIP consacrée à la métaphysique est également annoncée le 14 septembre à l’Azalaï, de 8 heures à 18 heures.
Au-delà des aspects spirituels qui peuvent susciter débats et interrogations, le discours de Simon Ouédraogo repose sur une invitation plus large : apprendre continuellement, développer son imagination, maîtriser ses émotions et prendre davantage en main sa propre trajectoire.
Pour la jeunesse béninoise, son passage à Cotonou se présente donc comme un rendez-vous autour d’une question essentielle : comment transformer sa manière de penser pour transformer sa manière d’agir ?
Firmin DANNON









