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Athlétisme : le Bénin franchit un nouveau cap à Abomey

Les 66es Championnats nationaux d’athlétisme ont confirmé la vitalité de la discipline au Bénin. Du 10 au 12 septembre 2026, le Stade omnisports d’Abomey a accueilli les meilleurs athlètes des catégories U16, U18, U20 et Seniors, avec la participation de six ligues régionales et d’athlètes venus du Togo, du Burkina Faso et du Nigeria. Au-delà des médailles, cette édition ouvre surtout une nouvelle fenêtre vers la scène internationale.

Une compétition qui change de dimension

Cette 66e édition n’avait pas seulement pour objectif de consacrer les champions nationaux. Son inscription au calendrier de World Athletics lui a donné une portée supplémentaire. Désormais, les performances réalisées à Abomey peuvent contribuer au classement mondial des athlètes. Une évolution importante qui impose davantage de sérieux dans l’organisation, le chronométrage et l’arbitrage.

Le président de la Fédération béninoise d’athlétisme, Viérin Dégon, l’a clairement souligné lors de la cérémonie d’ouverture. Pour lui, cette reconnaissance internationale oblige les différents acteurs à davantage de « rigueur et de professionnalisme ». En clair, chaque performance compte désormais bien au-delà des frontières béninoises.

Le pari du Meeting national Élite

L’autre grande innovation de cette édition reste le lancement du premier Meeting national Élite, exclusivement réservé aux athlètes béninois. Le 200 mètres, le saut en longueur dames, ainsi que les 400 et 1500 mètres hommes ont été retenus.

Cette initiative répond à une faiblesse bien connue de l’athlétisme : le manque de compétitions régulières de haut niveau. Les entraînements permettent de progresser, mais c’est la confrontation qui permet réellement de mesurer les progrès. En multipliant ces rendez-vous, la Fédération veut donc créer un environnement plus favorable à la performance.

La concurrence étrangère comme moteur

La présence d’athlètes togolais, burkinabè et nigérians a également relevé le niveau des épreuves. Cette ouverture régionale est loin d’être anodine. Elle permet aux athlètes béninois de se mesurer à d’autres références sans nécessairement devoir voyager à l’étranger.

Le président du Comité national olympique et sportif béninois, Julien Minavoa, a salué cette dynamique. Il a également rendu hommage à Noélie Yarigo, récemment distinguée dans la catégorie Masters. Son parcours illustre qu’avec la régularité, le travail et la longévité, l’athlétisme peut offrir au Bénin des figures capables d’inspirer les générations montantes.

Des performances qui donnent de l’espoir

Sur la piste comme dans les concours, plusieurs athlètes ont marqué cette édition. Au triple saut Seniors, le Burkinabè Jean Claude Rouamba s’est imposé devant le Nigérian Olaolu Akindunbi et le Béninois Noukpokinou Béni.

Chez les jeunes, Dedo Merveille a réalisé 11,18 m au triple saut U16-U18 filles, tandis qu’Oguélé Ismaël a atteint 12,96 m chez les garçons. Sur 1500 m, Kouagou Solange s’est imposée en 4’31’’9 chez les U16-U18, alors qu’Ayadé Colette a remporté l’épreuve U20-Seniors en 4’28’’2. Fidélia Houégo a dominé le saut en hauteur U16-U18 dames et Gédéon Afandjina le lancer du poids masculin.

Investir pour préparer demain

Pour le ministère des Sports, représenté par Charles Kakaï Glèlè, ces championnats constituent également un baromètre des progrès réalisés. La Fédération veut désormais aller plus loin : davantage de compétitions, de meilleures conditions de préparation et un accompagnement renforcé des talents.

Le message adressé au secteur privé est également clair : soutenir l’athlétisme, c’est investir dans la jeunesse. Car derrière chaque chrono, chaque saut et chaque lancer se trouve un potentiel qui demande du temps, des moyens et un encadrement.

À Abomey, le Bénin n’a donc pas seulement célébré des champions. Il a surtout posé les bases d’un athlétisme plus compétitif, plus ouvert et davantage connecté aux standards internationaux. La prochaine étape sera désormais de transformer cette dynamique en performances durables sur les grandes scènes africaines et mondiales.

Firmin DANNON

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