Au Bénin, la hausse des dépenses quotidiennes pèse de plus en plus sur les ménages. Alimentation, transport, loyers, scolarité, électricité ou encore soins de santé : les charges s’accumulent, alors que les revenus de nombreuses familles progressent peu. Une situation qui fragilise particulièrement les travailleurs aux revenus modestes.
Invité à analyser cette réalité sur Canal 3 Bénin, le journaliste Firmin Dannon estime qu’il faut d’abord regarder la question des revenus. « Le SMIG est fixé à 52 000 francs CFA par mois. C’est le salaire minimum légal », rappelle-t-il. Mais pour lui, ce montant laisse une marge très réduite lorsqu’il faut faire face simultanément aux dépenses essentielles. À cela s’ajoutent la rentrée scolaire, les loyers et les déplacements quotidiens.
Des familles contraintes de faire des choix
Face à cette pression financière, les ménages développent des stratégies pour tenir jusqu’à la fin du mois. « Aujourd’hui, les familles sont obligées de faire des choix », explique Firmin Dannon. Réduction de la consommation de viande, comparaison des prix, limitation des sorties et baisse des dépenses de loisirs deviennent ainsi des réflexes pour plusieurs foyers.
Pour illustrer cette difficulté, le journaliste évoque le cas d’une famille de quatre personnes disposant de 150 000 francs CFA mensuels. Entre l’alimentation, le transport, le logement, la scolarité et les soins, le budget peut rapidement être épuisé. Cette situation pousse certains parents à rechercher des revenus supplémentaires à travers les petits commerces, la restauration, l’agriculture ou encore les activités en ligne.
Le travail ne garantit pas toujours une vie décente
Au-delà de la seule question des prix, Firmin Dannon met l’accent sur la qualité de l’emploi. Le travail non déclaré et l’absence de protection sociale exposent davantage les travailleurs aux difficultés économiques. « Avoir un travail ou un emploi n’est pas synonyme d’avoir un revenu permettant de vivre dignement », souligne-t-il.
Pour le journaliste, la réponse doit donc être globale : amélioration des revenus, respect du SMIG, formalisation des emplois et soutien à la production locale. Car, rappelle-t-il, « quand on parle du pouvoir d’achat, ce n’est pas seulement combien on gagne, mais c’est ce qu’il reste réellement à la fin du mois ».
Au fond, le véritable enjeu dépasse donc la hausse des prix : il concerne la capacité des Béninois à vivre dignement de leur travail.
Firmin DANNON









