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Clubs béninois : Chelsea Hinvi pointe les vrais défis après les échecs africains

Les éliminations de l’AS Sobemap et de l’ASPAC FC dans les tours préliminaires des compétitions africaines relancent le débat sur la capacité des clubs béninois à rivaliser durablement sur la scène continentale. Pour la journaliste sportive Chelsea Hinvi, l’explication ne se limite pas à la préparation. Le niveau du championnat, le réalisme offensif, la gestion des matchs et le travail réalisé tout au long de la saison constituent, selon elle, des éléments déterminants.

Un championnat encore trop peu relevé

Pour Chelsea Hinvi, les difficultés rencontrées par les clubs béninois doivent d’abord être replacées dans le contexte du championnat national. Elle estime que le niveau de la compétition domestique ne permet pas encore aux clubs de se confronter régulièrement à l’intensité et aux exigences du football africain.

« Notre championnat n’est pas encore suffisamment relevé pour permettre à nos clubs d’être totalement préparés aux exigences des compétitions continentales. »

Une analyse qui met en lumière un problème de fond. Un club peut dominer régulièrement sur la scène nationale sans forcément être suffisamment armé lorsqu’il retrouve, en Afrique, des adversaires habitués à une intensité plus élevée et à une pression différente. La progression du football béninois passe donc aussi par l’élévation du niveau général de la compétition locale.

La journaliste reconnaît toutefois les efforts engagés dans le processus de professionnalisation.

«Il y a certes tout un travail de professionnalisation qui est en cours avec les différents acteurs du football béninois, mais on constate encore certains retards lorsqu’il s’agit de s’exporter, de se mesurer à la concurrence africaine. »

Le constat est donc nuancé : les bases d’une évolution existent, mais le passage du championnat national aux exigences continentales reste encore difficile.

La préparation n’est pas forcément le principal problème

Alors que les éliminations précoces peuvent naturellement conduire à remettre en question la préparation des clubs, Chelsea Hinvi appelle à regarder au-delà de cet aspect.

« En ce qui concerne la préparation, je ne pense pas que ce soit véritablement le principal problème cette fois-ci. »

Selon elle, les clubs concernés ont bénéficié d’une période de préparation conséquente et ont multiplié les rencontres amicales.

« Les clubs se sont préparés pendant près d’un mois, ils ont disputé plusieurs matchs amicaux. Ils ont notamment affronté l’ASC et l’ASKO de Kara, deux clubs togolais également engagés dans les compétitions africaines. »

Ces confrontations avaient justement un intérêt particulier : permettre aux formations béninoises de se mesurer à des équipes confrontées aux mêmes exigences continentales. Elles ont également donné aux staffs techniques l’occasion de tester différentes options avant les rencontres officielles.

Pour Chelsea Hinvi, cette préparation a donc permis de travailler plusieurs paramètres.

«Cela leur a permis de se mesurer à des équipes de niveau comparable, mais aussi de donner aux entraîneurs la possibilité de tester leurs joueurs, de réajuster leur effectif et de voir ce qui fonctionnait ou non. »

Le problème serait ainsi moins lié au volume de préparation qu’à la capacité des équipes à transformer le travail effectué en performances concrètes au moment décisif.

Le réalisme offensif, un véritable chantier

Dans son analyse, Chelsea Hinvi insiste particulièrement sur l’efficacité devant le but. Pour elle, les compétitions africaines ne pardonnent pas le manque de réalisme.

« L’un des principaux problèmes se situe surtout au niveau du réalisme offensif. »

Le raisonnement est simple : dans une rencontre continentale équilibrée, les occasions franches peuvent être rares. Les laisser passer peut donc coûter très cher, surtout lorsque l’adversaire dispose d’une capacité à sanctionner la moindre erreur.

« On ne peut pas se permettre d’avoir une multitude d’occasions et de ne concrétiser qu’une ou deux situations. À ce niveau de compétition, les occasions sont précieuses. Lorsqu’on en a une, il faut être capable de la mettre au fond des filets. »

Cette inefficacité offensive renvoie directement au travail quotidien des attaquants. Pour la journaliste sportive, le dernier geste doit devenir une priorité dans les séances d’entraînement.

« Nos attaquants doivent travailler davantage sur l’efficacité et le dernier geste. »

Autrement dit, produire du jeu et se créer des occasions ne suffit plus. Il faut également savoir conclure.

Savoir gérer un match : l’autre grande faiblesse

Chelsea Hinvi ne limite cependant pas son analyse au secteur offensif. Elle pointe également la gestion des différentes périodes d’une rencontre.

« Il y a également la gestion des matchs : savoir gérer les temps forts, les temps faibles, conserver un résultat ou au contraire accélérer lorsqu’il faut faire la différence. »

Cette dimension tactique et mentale prend une importance particulière sur la scène africaine. Une équipe peut avoir les qualités techniques nécessaires, mais perdre le contrôle d’une rencontre faute de savoir gérer un avantage, résister à la pression ou accélérer au moment opportun.

Pour Chelsea Hinvi, cette maîtrise est justement l’une des caractéristiques d’une formation structurée.

« C’est essentiel dans une compétition continentale. Ce n’est pas toujours facile, mais c’est justement ce qui fait la force d’une équipe bien structurée. »

Son diagnostic se résume donc autour de deux axes majeurs : être plus efficace devant le but et mieux gérer les différentes phases du match.

« Au-delà de la préparation, c’est surtout cette capacité à être réaliste devant le but et à mieux gérer les différentes phases d’un match qu’il faut améliorer. »

La Celtiis Ligue 1 doit servir de laboratoire

À quelques jours du coup d’envoi de la Celtiis Ligue 1 2026-2027, Chelsea Hinvi estime que les clubs doivent tirer immédiatement les enseignements de leurs campagnes africaines.

La journaliste appelle surtout à construire sur la durée, plutôt qu’à attendre l’approche des compétitions continentales pour tenter de corriger les insuffisances.

« La première leçon à tirer de ces campagnes africaines, c’est qu’il faut construire des équipes solides et compétitives sur la durée. »

La saison 2026-2027 offre justement un cadre idéal pour ce travail. Avec 34 journées, soit 17 matchs aller et 17 matchs retour, les clubs auront suffisamment de rencontres pour identifier leurs faiblesses et progresser progressivement.

Mais pour Chelsea Hinvi, cette progression doit également être mentale.

« Il faut également préparer les joueurs mentalement et leur faire comprendre que chaque match compte. »

Dans un championnat long, la régularité devient donc essentielle. Chaque rencontre doit être considérée comme une occasion de progresser, et non comme une simple étape avant le match suivant.

Analyser les matchs pour corriger les erreurs

L’un des points les plus intéressants de l’analyse de Chelsea Hinvi concerne l’exploitation des images des matchs. Elle considère la vidéo comme un outil indispensable dans une démarche réellement professionnelle.

« Chaque match doit servir à progresser, chaque match doit être analysé et chaque erreur doit être corrigée. »

Cette méthode permet au staff technique d’aller au-delà du simple résultat. Une victoire peut cacher des insuffisances, tandis qu’une défaite peut révéler des progrès intéressants. L’analyse vidéo permet surtout d’identifier précisément les problèmes.

« Lorsque le match est enregistré, le staff technique peut revenir dessus, observer les déplacements, les courses inutiles des joueurs, les erreurs de placement, les lacunes individuelles et collectives et surtout déterminer ce qu’il faut travailler à l’entraînement. »

Cette approche transforme ainsi chaque rencontre en véritable outil pédagogique. Les joueurs peuvent comprendre leurs erreurs, tandis que les entraîneurs disposent d’éléments concrets pour orienter les séances suivantes.

Pour Chelsea Hinvi, c’est aussi une question de culture professionnelle.

« C’est aussi cela, à mon sens, le football professionnel : ne pas simplement jouer un match et passer au suivant, mais être capable de revenir sur ce qui a été fait pour comprendre ce qui fonctionne et ce qui doit être amélioré. »

Ne plus attendre les compétitions africaines

Au fond, le message de Chelsea Hinvi est clair : la préparation aux compétitions africaines ne doit pas commencer quelques semaines avant le premier tour préliminaire. Elle doit être le résultat d’un travail continu pendant toute la saison.

« Il ne faut surtout pas attendre les compétitions africaines pour commencer à travailler pendant un ou deux mois. »

Cette logique implique une remise en question permanente. Les attaquants doivent progresser dans la finition, les milieux dans la maîtrise du jeu, les défenseurs dans le placement et la gestion des situations défensives. Mais le travail doit également concerner le mental et la capacité collective à gérer les moments importants.

La Celtiis Ligue 1 2026-2027 apparaît donc comme le premier terrain de cette reconstruction.

« La préparation doit se faire tout au long de la saison. Chaque match doit servir à progresser, chaque match doit être analysé et chaque erreur doit être corrigée. »

Pour réduire l’écart avec la concurrence africaine, les clubs béninois devront ainsi inscrire leur progression dans la durée. Les campagnes continentales ne devraient plus être considérées comme un rendez-vous isolé, mais comme l’aboutissement du travail effectué pendant plusieurs mois.

Chelsea Hinvi pose finalement une question essentielle : les clubs béninois veulent-ils seulement participer aux compétitions africaines ou construire des équipes capables d’y rivaliser durablement ? La réponse se construira, match après match, dès cette nouvelle saison de Celtiis Ligue 1.

Firmin DANNON

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