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Football – compétitions CAF : Sobemap et ASPAC, les leçons d’un double échec

Éliminés dès le premier tour préliminaire des compétitions africaines, la SOBEMAP et l’ASPAC quittent la scène continentale avec des regrets. Pour la journaliste sportive Chelsea Hinvi, ces sorties précoces révèlent surtout les insuffisances que les clubs béninois doivent corriger pour franchir un cap en Afrique.

Les campagnes africaines de la SOBEMAP et de l’ASPAC FC se sont arrêtées plus tôt que prévu. Au-delà des résultats, ces éliminations posent des questions sur la préparation, la gestion des matches à enjeu et la construction des effectifs. Pour Chelsea Hinvi, il faut d’abord tirer des enseignements de ces deux parcours. « Nos clubs ont encore du travail à faire pour véritablement rivaliser sur la scène continentale », estime la journaliste sportive.

ASPAC : une qualification qui semblait pourtant à portée de main

L’ASPAC avait pourtant fait une grande partie du chemin à l’aller. Victorieux 3-1 face aux Vulture Hunters, le club béninois avait pris une option importante avant la manche retour. Mais cette avance n’a pas suffi. Au retour, l’équipe s’est inclinée 4-2, laissant filer une qualification qui semblait pourtant bien engagée.

Chelsea Hinvi pointe surtout le changement de visage de l’équipe entre les deux rencontres. « Au match retour, on a vu une équipe totalement méconnaissable qui a encaissé 4 buts pour 2 justement inscrits, et qui surtout en seconde période n’a pratiquement pas existé », analyse-t-elle.

Cette seconde période constitue justement l’un des principaux enseignements de cette élimination. Avec deux buts à défendre au coup d’envoi, l’ASPAC devait gérer le tempo, éviter de subir et conserver suffisamment de maîtrise pour contrôler son adversaire. Or, l’équipe a progressivement perdu le fil de la rencontre.

Un milieu de terrain en difficulté

Pour Chelsea Hinvi, les difficultés de l’ASPAC ont également été visibles dans l’entrejeu. « Le milieu de terrain a énormément souffert dans la conservation et la récupération du ballon, mais aussi dans la relance », relève-t-elle.

Cette faiblesse a eu des conséquences directes sur l’équilibre général de l’équipe. Lorsque le milieu ne parvient plus à conserver le ballon, à casser le rythme adverse ou à soulager la défense, cette dernière finit forcément par subir davantage. L’ASPAC s’est ainsi retrouvée sous pression pendant de longues séquences, avec moins de possibilités pour reprendre le contrôle du match.

La journaliste relève également des insuffisances défensives. « Défensivement, l’équipe a également montré des failles, notamment sur les coups de pied arrêtés », souligne-t-elle. Ces détails prennent une importance particulière dans les compétitions africaines où les matches peuvent souvent se jouer sur une transition, une erreur individuelle ou une phase arrêtée.

La question du mental après une victoire à l’aller

L’autre interrogation concerne la gestion mentale d’une double confrontation. Une avance de deux buts ne garantit jamais une qualification. Elle donne un avantage, mais elle impose aussi une nouvelle responsabilité au match retour.

Chelsea Hinvi insiste sur ce point : « Dans une double confrontation, une victoire à l’aller ne signifie jamais que la qualification est acquise. Il faut aborder le match retour avec la même concentration et les mêmes intentions comme si l’on disputait une véritable finale. »

Cette remarque résume une partie du problème rencontré par l’ASPAC. Le discours d’avant-match semblait pourtant aller dans ce sens. « Richard Bio l’avait d’ailleurs souligné avant la rencontre, mais sur le terrain, le visage affiché par l’équipe n’a malheureusement pas correspondu à ce discours », rappelle la journaliste.

L’enjeu est donc aussi celui de la capacité à transformer les intentions en comportement collectif. À ce niveau, chaque baisse de concentration peut coûter très cher.

SOBEMAP : le réalisme offensif au cœur des regrets

Le scénario est différent pour la SOBEMAP. Le club béninois a obtenu deux résultats identiques, 1-1 à l’aller comme au retour, avant de s’incliner lors de la séance des tirs au but. Une issue toujours difficile à accepter, mais qui ne doit pas masquer les occasions manquées pendant les 180 minutes.

« Une séance de tirs au but reste toujours un exercice particulier », reconnaît Chelsea Hinvi. Mais selon elle, la SOBEMAP peut surtout regretter son manque d’efficacité offensive.

« À plusieurs reprises, les attaquants ont eu des situations qui auraient pu permettre de faire la différence et ainsi d’éviter cette séance fatidique, mais ils ne l’ont pas concrétisée », explique-t-elle.

Le constat est important : lorsqu’une équipe dispose d’occasions franches dans une double confrontation, elle doit savoir les convertir. Faute de quoi, elle laisse son adversaire rester dans le match et s’expose à une séance de tirs au but où la qualification peut basculer sur quelques secondes.

Le recrutement tardif, un autre problème à résoudre

Au-delà des résultats, Chelsea Hinvi met en lumière une problématique plus structurelle : la construction des effectifs. Après une qualification pour une compétition africaine, les clubs cherchent logiquement à se renforcer. Mais recruter plusieurs joueurs à quelques semaines du début de la campagne continentale ne garantit pas automatiquement une équipe plus performante.

« Lorsque plusieurs nouveaux joueurs arrivent seulement quelques semaines avant une campagne continentale, il faut encore du temps pour créer des automatismes », explique-t-elle.

Le football repose en effet sur des repères collectifs. Les déplacements, les couvertures, les combinaisons offensives et les sorties de balle nécessitent du temps de travail. Une équipe profondément remaniée peut donc disposer de joueurs individuellement intéressants tout en manquant de cohésion.

La journaliste poursuit : « Une équipe qui a travaillé ensemble pendant toute une saison peut perdre une partie de ses repères si elle est profondément remaniée au dernier moment. »

Cette question concerne particulièrement les clubs qui doivent composer avec un calendrier serré. Renforcer l’effectif est nécessaire, mais encore faut-il permettre aux nouvelles recrues de s’intégrer progressivement au fonctionnement collectif.

Continuité et préparation : le chantier des clubs béninois

Pour Chelsea Hinvi, les éliminations de la SOBEMAP et de l’ASPAC doivent donc dépasser le simple constat de l’échec. Elles doivent servir de base à une réflexion plus large sur la préparation des clubs béninois aux compétitions africaines.

« Il y a donc un travail à faire sur la continuité, la préparation, les automatismes, mais aussi sur la capacité de nos clubs à gérer les moments importants d’une double confrontation », conclut-elle.

Ces deux éliminations montrent ainsi des difficultés différentes. L’ASPAC a surtout laissé échapper une avance importante après un match retour compliqué. La SOBEMAP, elle, a payé son manque d’efficacité avant de connaître la décision aux tirs au but. Mais derrière ces deux scénarios se dessine une même nécessité : mieux préparer les clubs béninois aux exigences du football continental.

La prochaine étape devra donc être collective. Mieux recruter, mieux préparer, conserver davantage de repères et surtout apprendre à gérer les moments décisifs : c’est à ce prix que les clubs béninois pourront espérer franchir régulièrement les premiers obstacles sur la scène africaine.

Firmin DANNON

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