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Prolifération et mimétisme des dénominations religieuses : stratégie marketing et confusion spirituelle

Le « Dossier du matin » s’est penchée sur un phénomène marquant le paysage religieux du pays : la ressemblance troublante et la prolifération des appellations d’églises, notamment évangéliques et pentecôtistes (telles que l’Église de Pentecôte ou l’Église apostolique). Pour décrypter cette tendance, Fernando Sowanou a reçu Edem Abdias Sossoukpe, spécialiste des questions religieuses.

Le constat est unanime : dans les villes comme dans les campagnes, les enseignes et pancartes affichent des noms quasi identiques, créant un véritable flou pour les fidèles. « On a par exemple l’Église apostolique du Bénin vieillie de plusieurs décennies mais curieusement d’autres églises naissent et leurs noms sont des déclinaisons ou des dérivées de ces grandes institutions », a souligné Abdias Sossoukpe. Il a également mis en lumière l’utilisation de concepts similaires (fondations, centres, montagnes ou des formules autour de « Jésus ») qui profitent souvent à des fondateurs issus de scissions pour capitaliser sur la notoriété des structures mères.

Interrogé sur les raisons qui poussent les nouveaux mouvements à copier les structures historiques, vestimentaires ou liturgiques, l’expert a expliqué qu’il s’agit souvent d’une recherche de légitimité. « Chacun veut toujours être sous une couverture plus forte, sauf que parfois on est malhonnête de partir de quitter cette couverture [mais] pour continuer à tromper la vigilance des gens, on porte les mêmes casquettes », a-t-il affirmé, rappelant au passage les dérives extrêmes observées par le passé dans certaines localités comme à Monkpa dans la commune Savalou.

Sur le plan juridique et dogmatique, Abdias Sossoukpe rappelle qu’il est difficile d’intenter un procès sur les textes bibliques, mais que le mimétisme s’apparente parfois à un « copier-coller » institutionnel. Le principal danger de cette confusion sémantique réside dans l’exploitation de la naïveté des citoyens, en particulier dans les zones où le niveau d’alphabétisation est plus faible. Face à ce vide et à la difficulté pour le citoyen lambda ou même pour les forces de l’ordre de distinguer les organisations authentiques des mouvements déviants, l’invité plaide pour une action rigoureuse de l’État.

« Je pense que l’État doit revoir le mécanisme qui conduit à la validation des noms des institutions. Il faudrait que l’État régularise ce secteur, surtout le volet nom, parce que vous remarquez les mêmes choses presque partout et ça sème vraiment de la confusion », a suggéré Abdias Sossoukpe, préconisant d’encourager ou d’encadrer le rattachement des petits mouvements à des ensembles structurés.

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