Un défi sociétal majeur continue de faire grincer les dents. Il s’agit de l’accès précoce et non contrôlé des enfants aux contenus à caractère sexuel sur les réseaux sociaux. David kabo, assistant social, spécialiste en sauvegarde de l’enfant et en suivi-évaluation de projets de développement a décortiqué les contours de la question.
Aujourd’hui, il est devenu banal d’entendre des parents s’émerveiller de la facilité avec laquelle un enfant de 3 ou 4 ans manipule un smartphone. Pourtant, cette familiarité masque une réalité préoccupante : les enfants découvrent de plus en plus tôt la sexualité à travers les flux continus des plateformes numériques, souvent en l’absence de tout contrôle parental. « Avant, un enfant découvrait la sexualité dans la famille ; aujourd’hui, c’est sur les réseaux sociaux à travers les téléphones », a souligné David Kabo, rappelant que l’immaturité des enfants ne leur permet pas de supporter l’afflux de telles informations et images.
Face aux créateurs de contenu qui invoquent la liberté d’expression et le droit de parler de sexualité, l’invité rappelle que la liberté des uns s’arrête là où commence la protection des mineurs. « La liberté d’expression ne signifie pas tout dire, ne signifie pas tout faire ou tout montrer. Les créateurs de contenu doivent impérativement prendre en compte l’éducation des enfants et les repères culturels de notre pays avant de publier », insiste-t-il.
Briser le tabou autour de la sexualité est devenu une urgence pour les familles. Pour l’expert, l’éducation sexuelle ne doit pas se résumer à aborder les rapports intimes, mais à enseigner à l’enfant la connaissance de son corps, le respect des limites personnelles et la capacité à dire « non ». Les parents doivent ainsi abandonner la laxisme numérique : il est impératif de surveiller le temps d’écran, de ne pas laisser les enfants isolés avec leur téléphone et d’instaurer un dialogue permanent pour décrypter les contenus vus en ligne. De même, les travailleurs sociaux, psychologues et éducateurs sont appelés à investir l’espace numérique pour ne pas laisser le champ libre à des contenus inadaptés.
Si l’interdiction pure et simple de certains réseaux sociaux paraît complexe à l’échelle nationale, David Kabo plaide pour une réglementation rigoureuse de la production de contenus en ligne, en phase avec les valeurs culturelles et éducatives du Bénin. L’objectif n’est pas de prôner le conservatisme absolu, mais de trouver un juste milieu pour préserver l’enfance de l’extravagance et des dérives destructrices.
Donatien Fernando SOWANOU








