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Incendies répétés liés à l’essence « kpayo » : pour une éradication définitive du péril inflammable

La problématique du commerce de l’essence de contrebande, communément appelée kpayo, continue d’endeuiller des familles et de causer d’importants dégâts matériels. Malgré les mesures sécuritaires et les projets de reconversion engagés par le gouvernement, la manipulation et le transport informel de ce carburant hautement inflammable restent la source de drames récurrents sur les axes routiers et au cœur des agglomérations.

Au cours des derniers mois, plusieurs sinistres d’une gravité exceptionnelle ont rappelé le risque permanent que fait peser ce trafic sur les populations. Un nouveau sinistre lié au transport informel de carburant a ravagé plusieurs véhicules, boutiques et habitations dans la capitale politique à Porto-Novo dans la nuit du jeudi 6 au vendredi 7 août. Le quartier Avakpa, dans le 3ᵉ arrondissement de Porto-Novo, a été frappé par un violent incendie après le renversement d’un camion transportant de l’essence de contrebande.

L’essence qui a coulé de son lit a pris place dans les caniveaux. Les flammes se sont propagées, laissant derrière elles d’importants dégâts matériels. Au petit matin, les habitants ont découvert l’ampleur du sinistre. Aucune perte en vie humaine n’a été déplorée. Une semaine après dans la nuit dendredi 14 août 2026 à Ouidah dans l’arrondissement de Savi, un impressionnant incendie d’un dépôt d’essence frelatée à pris feu à Lobagbomè. Aucune perte en vies humaines mais des dégâts matériels sont enregistrés.

Les facteurs récurrents des incendies


L’analyse des faits relevés par les services de sécurité et les sapeurs-pompiers met en lumière des facteurs de risque constants : la modification artisanale des véhicules, les conditions de transvasement et de stockage puis les facteurs environnementaux et chocs. L’utilisation de voitures ou de camions modifiés pour transporter d’importantes quantités de bidons dépasse fréquemment les capacités de charge autorisées. L’entreposage de milliers de litres dans des habitations ou des dépôts de fortune au milieu des zones résidentielles sans aucune norme de sécurité et les collisions routières ou de simples étincelles lors du déchargement manuel suffisent à déclencher des embrasements instantanés et incontrôlables.

Les réponses stratégiques et la transition de l’État
Face à ce constat tragique, le gouvernement béninois privilégie une approche progressive visant à éradiquer le danger tout en préservant l’équilibre social. Il s’agit en premier lieu du déploiement des mini-stations sécurisées. Pour sortir du modèle des bouteilles et bidons à l’air libre, l’État déploie des milliers de mini-stations à travers le territoire national afin d’offrir une alternative sécurisée et formalisée aux vendeurs de rue. Des programmes de formation et de réinsertion sont proposés aux acteurs du secteur informel pour les orienter vers d’autres filières, notamment le textile et les métiers de l’artisanat et le renforcement des contrôles par la police républicaine pour retirer de la circulation les véhicules transformés et sensibiliser les transporteurs au respect des règles élémentaires de sécurité.

Sortie de crise durable


La Police républicaine doit durcir les contrôles aux frontières et sur les grands axes. L’interdiction stricte de circulation et la saisie systématique des véhicules modifiés (véhicules dits « commando ») doivent s’accompagner de sanctions pénales severed contre les propriétaires de réseaux de transport. Les mairies et les chefs de quartier doivent s’impliquer directement dans l’identification et le démantèlement des entrepôts informels dissimulés au cœur des habitations. Tout stockage d’essence en zone urbaine doit être assimilé à un crime de mise en danger d’autrui. L’offre légale doit devancer la demande. L’État et le secteur privé doivent intensifier le déploiement des mini-stations sécurisées, non seulement dans les grandes agglomérations, mais surtout dans les zones rurales et frontalières où le kpayo conserve un monopole d’accès. La persistance du trafic repose sur le différentiel de prix avec le Nigeria voisin. L’instauration de mécanismes de subvention ciblée ou d’ajustements fiscaux sur le carburant officiel permettrait de rendre le prix à la pompe plus attractif et de casser la rentabilité économique de la contrebande.

L’éradication du kpayo ne pourra se satisfaire de demi-mesures ni d’un attentisme fataliste. Face à un fléau qui transforme nos artères et nos quartiers en véritables poudrières, seule une volonté politique ferme, combinant fermeté répressive et viabilité économique, permettra d’éteindre définitivement les flammes de l’informel et de garantir la sécurité de tous les Béninois.

Donatien Fernando SOWANOU

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