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Cérémonies ruineuses : Monseigneur Clet Fèliho interpelle la représentation nationale

C’est une problématique qui avait déjà été soulevée, sans succès par l’ancien député Nazaire Sado. Dans un plaidoyer adressé au président de l’Assemblée nationale Joseph Djogbénou, l’Évêque de Kandi, Mgr Clet Fèliho, tire la sonnette d’alarme sur les abus et le coût exorbitant des cérémonies funéraires au Bénin. Intitulée « Funérailles au Bénin : honorer les morts sans sacrifier les vivants », sa correspondance invite le Parlement et l’ensemble des acteurs sociaux à ouvrir d’urgence un débat national pour encadrer ces pratiques.

Dépenses ostentatoires, exigences coutumières démesurées, cotisations imposées et cérémonies interminables : tel est le constat dressé par le prélat. Au lieu d’apporter réconfort et compassion aux familles éplorées, le deuil se transforme trop souvent en une lourde épreuve financière. « Au nom de la tradition, des veuves, des orphelins, des filles et fils sont soumis à des exigences financières, matérielles et coutumières parfois insupportables. Au lieu de consoler les familles, on les accable. Au lieu de partager leur peine, on aggrave leur souffrance », dénonce Mgr Clet Fèliho dans sa missive. L’autorité religieuse souligne que ces pressions abusives précipitent de nombreux foyers dans la précarité et accentuent les divisions familiales.

L’Évêque de Kandi précise toutefois que son initiative n’a pas pour but de rompre avec les traditions, mais d’en extirper les dérives mercantilistes. Réformer les cérémonies mortuaires vise à préserver l’essence des coutumes tout en protégeant les vivants et la jeunesse contre l’appauvrissement. Pour y parvenir, le dignitaire ecclésiastique lance un appel solennel aux pouvoirs publics, aux députés, aux chefs traditionnels, aux guides religieux et aux élus locaux : « Il devient urgent d’ouvrir un vaste débat national afin de réglementer les pratiques funéraires, d’en limiter les abus et de protéger les familles contre toute forme d’exploitation et de pression abusive. Il est temps aujourd’hui d’agir pour préserver la cohésion sociale et l’unité de nos familles ».

Transmise aux parlementaires, la lettre de Mgr Clet Fèliho a été formellement portée à la connaissance de la représentation nationale. Alors que la question du coût des obsèques fait débat au sein de l’opinion publique depuis de nombreuses années, cette prise de parole d’une haute figure religieuse pourrait inciter le Parlement à se saisir du dossier pour proposer des mesures législatives ou réglementaires concrètes.

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