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Financement climatique en Afrique : Transformer les engagements internationaux en leviers de développement

Depuis les États-Unis, Dr Ambaliou Olounladé, économiste agricole béninois et cofondateur-directeur exécutif du Centre d’action pour la sécurité alimentaire et le développement durable a partagé ses réflexions sur le climat. Au cœur des échanges : les défis du financement climatique et sa transposition concrète pour le développement des économies africaines, notamment au Bénin.

Alors que les sommets internationaux successifs comme Cop 29 ont fixé de nouveaux objectifs ambitieux prévoyant au moins 300 milliards de dollars par an d’ici 2035 pour les pays en développement au sein d’un effort global de 1 300 milliards force est de constater l’existence d’un paradoxe persistant. « Les pays africains sont parmi les plus vulnérables, mais ils rencontrent souvent davantage de difficultés pour accéder aux ressources. Annoncer des milliards ne suffit pas à ce qu’ils arrivent directement dans une commune africaine », a souligné Dr Olounladé, insistant sur la nécessité pour le continent de passer d’une simple posture de négociation à une véritable ingénierie de mobilisation.

Pour l’expert, les ressources climatiques ne doivent plus être perçues comme de simples dépenses environnementales, mais bel et bien comme de véritables instruments de croissance. Qu’il s’agisse d’atténuation (énergies renouvelables, valorisation des déchets) ou d’adaptation (agriculture résiliente, infrastructures de drainage, protection côtière), ces investissements permettent d’éviter les pertes économiques massives liées aux catastrophes tout en créant de nouvelles opportunités d’affaires et des emplois verts.

L’une des principales entraves à l’absorption de ces financements réside dans la qualité et la disponibilité des données. « La donnée est désormais une infrastructure de financement climatique », martèle l’économiste. Pour répondre aux exigences des bailleurs et exploiter pleinement les opportunités de l’article 6 de l’Accord de Paris (marchés du carbone et transferts de résultats d’atténuation), le Bénin se doit de structurer une base de données nationale centralisée et transparente. Cette plateforme, alimentée par l’ensemble des ministères sectoriels et des collectivités locales, garantit la robustesse des systèmes de mesure, de notification et de vérification (Mrv).

Interrogé sur le recours à l’emprunt pour financer la transition écologique, Dr Ambaliou Olounladé avertit contre une systématisation de la dette, particulièrement pour les actions d’adaptation qui ne génèrent pas de revenus directs. Il préconise plutôt une combinaison intelligente des instruments : fonds multilatéraux (Fonds vert pour le climat, Fonds d’adaptation), financements concessionnels, capitaux privés, obligations vertes et mécanismes de marché carbone.

L’expert plaide pour la création d’un portefeuille national de projets bancables et agrégés à l’échelle des communes, afin de doter le Bénin des capacités techniques indispensables pour faire du climat un levier durable de son développement socio-économique.

Donatien Fernando SOWANOU

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