Depuis quelques jours, la situation vire au cauchemar pour de nombreux habitants de la commune de Lalo. Sorti de son lit habituel, le fleuve Couffo a provoqué d’importantes crues, envahissant plusieurs localités riveraines. Le constat est particulièrement amer dans l’arrondissement d’Ahomadégbé, notamment dans les hameaux de Tozounmè et Towéta. Les dégâts matériels et économiques sont déjà considérables.
L’eau a envahit directement les habitations, submergeant des concessions entières et contraignant de nombreuses familles à vivre dans des conditions extrêmement précaires. Les activités socio-économiques locales prennent également un coup dur : plusieurs exploitations agricoles et zones d’élevage sont sous les eaux, menaçant la sécurité alimentaire et les maigres revenus des producteurs de la région.



Le constat visuel est alarmant pour le secteur agricole de la localité. Les photographies de terrain attestent de l’ampleur des dégâts. De vastes étendues de cultures maraîchères et de bananeraies sont littéralement sous l’eau, les pieds de bananiers et les plants baignant dans des marécages improvisés par la crue. Cette submersion des champs et des zones de production menace directement la sécurité alimentaire et anéantit les investissements des agriculteurs de la région, dont les récoltes se trouvent compromises sous l’effet conjugué des inondations. Face à cette furie des eaux, les riverains font face à un paysage de désolation, appelant à une vigilance de tous les instants face aux risques persistants de cette crue dévastatrice.
Face à cette urgence humanitaire et environnementale, la réaction des autorités locales n’a pas tardé. Une délégation du conseil communal s’est rendue sur le terrain. Au-delà des chiffres, il s’agissait surtout d’apporter le réconfort moral, de témoigner de la solidarité et de la compassion aux populations durement éprouvées par cette furie des eaux. Profitant de cette immersion au cœur des zones sinistrées, les messages de sensibilisation et de prévention ont reçu des échos. Les populations ont été instamment conviées à respecter les panneaux d’alerte relatifs au niveau de crue des eaux; faire preuve d’une vigilance accrue face à la montée rapide et imprévisible du fleuve et de limiter autant que possible les déplacements non essentiels dans les zones à haut risque afin de préserver avant tout les vies humaines et les biens matériels épargnés.


La vulnérabilité croissante des riverains face aux aléas climatiques demeure préoccupante. Il faudra penser un jour à délocaliser les populations des emprises naturelles de l’eau plutôt que de faire des constats chaque saison. Une synergie d’actions et la mise sur pied d’un véritable comité de crise s’impose.
Donatien Fernando SOWANOU









