Alors que les rubans roses s’apprêtent à se ranger à la fin du mois d’octobre, un autre mouvement citoyen et sanitaire se profile déjà avec impatience : Novembre Bleu. Entièrement dédié à la sensibilisation, à la prévention et à la lutte contre les cancers masculins notamment les cancers de la prostate, des testicules et du colon, ce mois de mobilisation vient rappeler que la santé intime et globale des hommes mérite la même attention soutenue que celle accordée aux femmes.
Si Octobre Rose bénéficie aujourd’hui d’une visibilité incontestable et d’une libération de la parole saluée par tous, Novembre Bleu lutte encore contre des barrières socioculturelles profondément enracinées. Dans de nombreuses sociétés, la question de la maladie, de la douleur ou de la vulnérabilité chez l’homme souffre d’un tabou persistant. La pudeur, la peur du regard des autres ou le cliché de l’homme « fort » qui ne faiblit jamais poussent trop souvent la population masculine à repousser le moment de consulter un médecin. Pourtant, face à des pathologies graves comme le cancer de la prostate l’un des plus fréquents chez l’homme, le diagnostic précoce reste la clé absolue pour sauver des vies.

À l’image de son homologue rose, Novembre Bleu s’articule autour de plusieurs axes d’action pour mobiliser les communautés. Des campagnes de sensibilisation et de dépistage : les associations de santé, corps médicaux et organisations civiles multiplient les initiatives (émissions radiophoniques, caravanes de sensibilisation, conférences-débats) pour informer le public sur les facteurs de risque et les signes d’alerte. L’encouragement aux consultations préventives, le message central est d’inciter les hommes, dès un certain âge ou dès l’apparition de symptômes inhabituels, à briser le silence et à franchir la porte d’un cabinet médical ou d’un centre de santé pour effectuer des bilans réguliers (comme le dosage du PSA ou l’examen clinique). Le soutien aux familles et aux patients se traduit par l’accompagnement psychologique et social joue un rôle capital pour briser l’isolement des hommes malades, qui traversent souvent l’épreuve de la maladie en silence.

À l’aube de ce mois de novembre, le mot d’ordre est d’inviter les hommes à prendre soin d’eux, à faire de la prévention une habitude de vie et à comprendre que se faire dépister n’est en rien un signe de faiblesse, mais bien un acte de responsabilité envers soi et sa famille. Novembre Bleu s’impatiente, et avec lui, l’espoir d’ancrer durablement la santé masculine au cœur des priorités de santé publique.
Donatien Fernando SOWANOU








