Deux semaines après la clôture du tout premier salon avicole du Bénin, le bilan s’avère particulièrement encourageant pour les acteurs de la filière. Blaise Seton, président de l’Union nationale des aviculteurs Professionnels du Bénin (Unap-Bénin) et commissaire général de l’événement, est revenu sur le succès de cette édition inaugurale et sur les ambitions futures du secteur.
Malgré une météo capricieuse et une pluie battante, le public béninois a répondu présent. Avec près de 2 000 visiteurs enregistrés en trois jours à Cotonou, les organisateurs ont pleinement atteint leurs objectifs. Ce salon a constitué un véritable carrefour d’échanges, de formations et de partages d’expériences entre professionnels locaux et internationaux. Cette première édition a été marquée par une forte présence du Maroc, un choix loin d’être anodin.
« Le Maroc est un partenaire stratégique pour nous. En Afrique, il fait partie des numéros un en matière d’aviculture », a rappelé Blaise Seton. Grâce au soutien de la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole au Maroc (Fisa-Maroc), une importante délégation a fait le déplacement. Preuve de l’importance de l’événement : le ministre marocain de l’Agriculture s’est personnellement rendu à Cotonou pour assister à la cérémonie d’ouverture aux côtés de son homologue béninois.

L’un des grands enjeux de ce salon était de démontrer la capacité du Bénin à proposer des produits de qualité supérieure aux viandes congelées d’importation. Blaise Seton s’est montré particulièrement critique envers ces dernières, les qualifiant de « rebuts » issus d’autres continents. Pour inverser la tendance, la recherche scientifique béninoise est entrée en action. Le public a ainsi pu découvrir de nouvelles souches améliorées, telles que la souche Goliath (issue du poulet bicyclette local amélioré pour une croissance plus rapide) ou encore la souche Fulani.

Ces innovations scientifiques permettent aujourd’hui au Bénin de posséder des races dont il est pleinement propriétaire, garantissant une viande saine et adaptée à l’écosystème local. Grâce aux nombreux partenariats et investissements noués durant ces trois jours, les aviculteurs locaux se disent prêts à relever le défi de la transition technologique pour booster la production en quantité et en qualité. Interrogé sur la suite, le commissaire général a annoncé que le Salon Avicole adopterait un rythme biennal.
Le prochain rendez-vous est donc fixé dans deux ans, en 2028. L’objectif de ce délai est d’éviter la routine et de revenir avec des avancées majeures. Pour cette future édition, le défi principal est déjà de présenter une chaîne de valeur consolidée et célébrer l’atteinte de l’autosuffisance alimentaire du pays. « Si les dieux sont avec nous, d’ici deux ans, on ne parlera plus d’importation de poulet dans notre pays », a conclu Blaise Seton avec optimisme.
Donatien Fernando SOWANOU









