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Effondrement du pont sur le fleuve Koumagou : 500f pour traverser l’axe Manta-Boukoumbé

Les fortes pluies enregistrées ces derniers jours dans le nord du Bénin ont provoqué la rupture du pont franchissant le fleuve Koumagou sur l’axe Manta-Boukoumbé. Coupés du reste de la région, les usagers, agriculteurs et commerçants sont désormais contraints de prendre des risques majeurs ou d’effectuer d’immenses détours pour assurer leurs déplacements.

Depuis que l’ouvrage a cédé sous la pression des eaux, la traversée du fleuve Koumagou est devenue un véritable parcours du combattant. L’impossibilité de faire passer les engins motorisés a poussé les riverains spécialistes de la natation en eau vive à improviser un service de passeurs. Hommes, femmes, enfants et marchandises sont désormais transportés à bout de bras ou à dos d’homme contre une rémunération de 500 Fcfa par traversée. Un surcoût financier particulièrement lourd pour les habitants et producteurs locaux.

Un cultivateur de la région témoigne du calvaire quotidien subit par les usagers. « Depuis que la rivière a commencé par céder, nous souffrons, nous les agriculteurs. Pour traverser et aller au champ, c’est un problème. On paie souvent 500 Fcfa pour aller au champ et au retour c’est 500f également. Donc par jour, tu dois dépenser 1 000f aller-retour. Vraiment, nous les cultivateurs, nous souffrons ici » explique-t-il en toute désolation.

Pour les motocyclistes et les usagers ne pouvant pas risquer une traversée à pied, l’unique alternative reste le détour par Korontière, en passant par la montagne vers Natitingou. Ce contournement rallonge drastiquement les distances, faisant passer le trajet habituel de 50 km à plus de 100 km, sur des voies elles-mêmes fortement dégradées par les eaux pluviales. Un agriculteur de Tabota, parti s’approvisionner en engrais, déplore cette dégradation critique du réseau routier. « L’eau a envahi le pont. Quand le pont de Koumagou était là, on faisait 50 km de Boukoumbé à Tabota. Maintenant qu’il est gâté, on est obligé de faire quelque chose de 100 km. Mêmes les petits ponts qui sont sur cette voie ne sont plus bons, tout est envahi par l’eau » dit-il.

Au-delà des difficultés de circulation au quotidien, cette rupture d’isolement fait peser une lourde menace sur l’économie locale. Si une intervention d’urgence n’est pas engagée dans les plus brefs délais pour réhabiliter le franchissement, l’acheminement des intrants et la prochaine campagne de commercialisation du coton risquent d’être gravement perturbés dans toute la commune de Boukoumbé et ses environs.

Donatien Fernando SOWANOU

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